La loi Travail « instrumentalisée» par Manuel Valls  ?

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(Crédits : POOL)
Proposer une réforme du droit du travail d'une telle ampleur à quatorze mois de l'élection présidentielle, il fallait oser. S'il se représente en 2017, François Hollande pourra dire à son opposant de droite : « La réforme du droit du travail vous en parlez, moi je l'ai réalisée. »

Qui aurait pu imaginer que le « totem » des 35 heures serait aussi ébréché par un gouvernement « de gauche » ? Qui aurait pu songer qu'un gouvernement majoritairement socialiste aurait plafonné les indemnités prud'homales ou « facilité » le licenciement économique ? En vérité, le projet de loi El Khomri — vite surnommé El Macron par ses opposants — marque une étape importante dans la lente recomposition politique qui se dessine. Au-delà de 2017, Manuel Valls semble vouloir utiliser ce texte pour se couper d'une partie de la gauche qu'il juge « irréconciliable » avec celle qu'il entend incarner.

Les mots du Premier ministre ne trompent pas, pour voter ce texte, il espère certes convaincre d'abord « une majorité de gauche ». Sinon, tant pis, il ne boudera par les voix de l'UDI et du parti « Les Républicains » à l'Assemblée nationale, si cela peut lui éviter de passer par le « 49-3 » (article qui permet l'adoption sans vote). Le texte permet à Manuel Valls de se draper dans la posture du réformiste qui est tout à fait disposé, à l'avenir, à travailler avec des hommes et femmes politiques qui, pour l'instant, ne sont pas dans son camp : « J'appelle à dépasser les clivages républicains dans la bataille pour l'emploi. »

Un projet  pour faire converger des personnalités politiques de camps différents

Le message est donc très clair, encore plus que lors des débats sur le vote de la loi Macron en 2015 : avec cette loi sur le travail, Manuel Valls est en passe de faire le deuil du soutien d'une frange du PS... D'où sa réponse assez forte à Martine Aubry. Son nouvel horizon politique se déplace vers le centre et une partie de la droite où de grands chamboulements devraient également intervenir après 2017. La loi El Khomri, dans l'esprit du Premier ministre, va ainsi servir de réel premier point de convergence pour des personnalités issues de diverses forces politiques et qui partagent avec l'actuel Premier ministre le souhait de parvenir à une grande recomposition.

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Commentaires
a écrit le 27/02/2016 à 12:20 :
AH oui M Walls il n y a que vous pour faire ce genre de discours d autosatisfaction !" il fallait oser faire cette loi à 14 mois de l election !" Voila justement ce que l' on vous reproche d' avoir autant tarder à mettre cette réforme en place M Walls c' était en debut de quinquennat qu 'il aurait été bon d y penser ! Alors pas de gloriole à avoir......
a écrit le 27/02/2016 à 10:34 :
Quelqu'un disait que 80% des gens en recherche d'emploi n'avaient pas le Bac, ce qui n'empêche de pouvoir faire plein de choses.
Mais quand on parle d'emploi où c'est deux heures de ménage à perpète une fois par semaine, peut-on nommer ça 'emploi' ? Et s'étonner que ce soit ne soit pas pourvu.
a écrit le 26/02/2016 à 22:25 :
Votre article est succinct ....d'ou est-il question de touched aux 35h ? Il n'a pas dit que le temps de travail sera de 39h....
a écrit le 26/02/2016 à 22:02 :
Sauf retournement de tendance miraculeux et création d'un million d'emplois d'ici 2017, il n'a aucune chance de gagner.

D'abord parce qu'il n'est pas en position de gagner une primaire à gauche et que même s'il la gagnait ou la refusait, il aurait plusieurs concurrents socialo-communistes qui se déclareraient, ce qui le mettrait en troisième position au premier tour présidentiel.

La loi travail est une bénédiction pour le FN et Phillipot n'en fini pas de s'en féliciter. C'est autant de mécontents dans les couches populaires qui, ayant le sentiment d'abandon par la droite comme par la gauche, viendront grossir leurs votes en 2017.

Hollande et valls sont en train de faire la campagne de MLP, tant sur le coté nationaliste avec la gestion incohérente des réfugiés, que du coté socialiste avec leurs attaques contre les pauvres directement issues du programme du Medef.

Ceci est tellement vrai, que l'on n'entend plus MLP sur aucun sujet... Le triste spectacle de la politique politicienne joue pour elle sans qu'elle ait à bouger.
Réponse de le 26/02/2016 à 23:56 :
Sauf s'il décide de repousser les élections de 2017 à plus tard pour raison d'état d'urgence et de réformes à terminer. Il s'est doté des pouvoirs pour le faire. Peu importe le sens de la courbe du chômage alors. Evidemment, ce n'est pas ce que je souhaite, mais ce pourrait être une éventualité.
a écrit le 26/02/2016 à 13:40 :
Je trouve que la question CDI/CDD est un non sens sauf pour des durée inférieur a un mois. Le CDD devrait être limité a cet durée avec la prime de précarité. De qu'on dépasse le mois sa doit être un contrat de travail normal avec les meme conditions pour toute le monde - nbr d'heures, vacances payes, mutuel, prime de transport etc..

Sa pose un problème au niveau des complémentaires santé si on change souvent de travail. Il faut donc créer un pool de mutuelles qui doivent être toutes au meme conditions dans lequel le salarié choisit sa mutuel.
Sa permettra également au government d'imposer la loi santé auquel les médecins s'y opposent a cause du nombre de mutuels pour se faire payer.
Car le problème des CDD aujourd'hui est que vous ne faites pas partie du personnel donc vous n'avez pas droit à la complémentaire santé ni aux avantages du comité d'entreprise etc..
Sur le 35 heures j'ai rien a dire car étant cadre je n'ai pas de duré legal de travail.
a écrit le 26/02/2016 à 8:37 :
En fait les gens sont beaucoup moins attachés aux 35h qu'aux conditions de licenciement en CDI. A la limite si la loi avait prévu de supprimer purement et simplement toute référence à une durée légale tout en maintenant le CDI tel qu'il est en terme de contrainte de licenciement, elle serait passée dans l'opinion beaucoup plus facilement. Donc attendons de voir ce qu'il adviendra des conditions de licenciement prévues dans le texte actuel avant de tirer des plans sur la comète...
Réponse de le 26/02/2016 à 8:55 :
Vous êtes comme Valls vous parlez pour tout le monde. Moi je suis attaché aux 35 heures et je veux bien travailler plus mais être payé en heure supplémentaire. Assez de cadeaux au MEDEF et aux politiques qui eux roulent en grosses berlines et moi en cyclo. Si vous aviez la science infuse ça se saurait!!!!!!
Réponse de le 26/02/2016 à 12:59 :
Le CDI en France n"existe plus depuis déjà pas mal d'année. Quelque soit votre contrat de travail, quand l'entreprise délocalise (que se soit en France ou à l'étranger) votre CDI ne vous sécurise en rien...

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