Le confinement a accentué les fractures sociales
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration. Le porte-monnaie des Français a subi de plein fouet les effets délétères de la pandémie.
Reuters
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration. Le porte-monnaie des Français a subi de plein fouet les effets délétères de la pandémie.
Reuters
La pandémie accélère grandement les inégalités. Depuis le printemps, la propagation du virus sur l'ensemble du territoire a jeté une lumière crue sur les populations les plus vulnérables. Dans leur dernier portrait social rendu public ce jeudi 3 décembre, les chercheurs de l'Insee dressent un panorama alarmant de la situation préoccupante traversée par des millions de familles, jeunes et travailleurs précaires. "Au cours de cette période, la crise sanitaire a mis en lumière, voire renforcé les inégalités sociales", a rappelé Sylvie Minez, directrice des études démographiques et sociales à l'institut lors d'un point presse. Alors que les annonces relatives au vaccin ont suscité des lueurs d'espoir dans les milieux économiques et financiers, beaucoup de personnes en situation de grande précarité risquent de subir pendant encore longtemps les répercussions terribles de cette récession historique.
La pandémie a particulièrement affecté certains territoires. Le surcroît de mortalité concerne par exemple l'Île-de-France, région la plus densément peuplée où le risque de contact est particulièrement accru. Les statisticiens ont ainsi enregistré une hausse de 91% des décès en mars et avril par rapport à la même période en 2019. Le département de la Seine-Saint-Denis a été particulièrement frappé par cette vague de mortalité, alors qu'il affiche l'un des taux de pauvreté les plus élevés. Il enregistre le plus fort excédent de mortalité sur la période mars-avril (+123%). Vient ensuite la région du Grand-Est (+55%) avec le département du Haut-Rhin qui a connu un pic juste avant le confinement. À l'opposé, d'autres régions comme la Nouvelle Aquitaine, la Bretagne ou l'Occitanie sont relativement épargnées.
À lire également
Sans surprise, les personnes vivant dans des communes plus pauvres sont bien plus exposées que les autres catégories de la population. Les démographes ont également souligné que les personnes nées à l'étranger avaient connu des pics de surmortalité pendant cette période troublée. C'est particulièrement le cas pour les individus nés au Maghreb (+54%), en Afrique subsaharienne (+114%) ou en Asie (+91%). La probabilité de développer une forme aigüe de la maladie est également plus élevée pour les plus modestes. Enfin, il y a de fortes disparités selon l'âge. Les plus de 85 ans ont connu une hausse spectaculaire de la mortalité entre le 1er mars et le 30 avril par rapport à la même période l'année précédente (+31%). Ce taux descend à 13% pour les personnes âgées entre 50 et 65 ans.
Nouveaux droits de douane : les États-Unis infléchissent leur offensive face à Bruxelles
« 2026 pourrait être la pire année depuis 2013 » : le pouvoir d'achat des Français va souffrir
« C’est le bon moment pour investir dans l'immobilier » : malgré la crise du logement, un nouveau fonds d'investissement se lance
Pêche : la transformation artisanale, une solution pour survivre ?