Le Conseil d'État annule les règles de l'assurance chômage à compter du 1er mars 2016

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Le Conseil d'Etat a aussi jugé que les partenaires sociaux n'étaient pas compétents pour fixer les obligations déclaratives des demandeurs d'emploi et les modalités de récupération par Pôle emploi des trop-perçus. Contrairement au reste de la convention, ces deux dispositions sont annulées immédiatement.
Le Conseil d'Etat a aussi jugé que les partenaires sociaux n'étaient pas compétents pour fixer les obligations déclaratives des demandeurs d'emploi et les modalités de récupération par Pôle emploi des trop-perçus. Contrairement au reste de la convention, ces deux dispositions sont annulées immédiatement. (Crédits : © Stephane Mahe / Reuters)
Le Conseil d'Etat ne remet pas en cause le principe du différé mais pointe du doigt le cas des licenciés sans cause réelle et sérieuse de moins de deux ans d'ancienneté par exemple.

Le Conseil d'État a annulé lundi l'application des règles d'assurance chômage, une décision qui prendra effet le 1er mars 2016 "pour garantir la continuité" du régime, a-t-il annoncé dans un communiqué.

Saisie par des associations de chômeurs et précaires, la plus haute juridiction administrative a annulé l'arrêté d'agrément par l'État de la convention d'assurance chômage, fruit d'un accord entre le patronat et trois syndicats (CFDT, FO, CFTC), qui était entrée en vigueur au 1er juillet 2014.

Des modalités de calcul "illégales"

Le Conseil d'État juge "illégales" les modalités de calcul du différé d'indemnisation.

Il ne remet pas en question le principe du différé: lorsqu'un chômeur touche des indemnités de fin de contrat supérieures à ce que prévoit la loi (indemnités prud'homales, prime de fin de CDD, etc.), il doit attendre jusqu'à 180 jours avant de toucher son allocation chômage.

Mais le Conseil d'Etat pointe du doigt le cas des licenciés sans cause réelle et sérieuse: la loi ne prévoyant pas de réparation minimale aux Prud'hommes pour les salariés ayant moins de deux ans d'ancienneté ou travaillant dans une entreprise de moins de 11 salariés, la totalité des dommages et intérêt sont pris en compte pour calculer le différé d'indemnisation, ce qui "porte atteinte au droit à réparation du salarié".

Considérant que "le différé d'indemnisation était un des éléments clés retenus par les partenaires sociaux pour assurer l'équilibre de l'assurance chômage", son "illégalité" remet "en cause l'ensemble de la convention", poursuit-il.

Le Conseil d'État a néanmoins "décidé de différer son annulation au 1er mars 2016", car une annulation immédiate "impliquerait une rupture de la continuité du régime d'assurance chômage".

D'ici là, "une nouvelle convention devra être signée et agréée pour fixer les règles applicables", a indiqué le Conseil d'État.

Deux dispositions annulées immédiatement

Par ailleurs, il a aussi jugé que les partenaires sociaux n'étaient pas compétents pour fixer les obligations déclaratives des demandeurs d'emploi et les modalités de récupération par Pôle emploi des trop-perçus. Contrairement au reste de la convention, ces deux dispositions sont annulées immédiatement.

A l'énoncé de la décision, les représentants des associations, rassemblés dans le hall du Conseil d'Etat, se sont embrassés chaleureusement, visiblement émus, a constaté une journaliste de l'AFP.

Rose-Marie Pechallat, de Recours radiation, a salué "une victoire historique".

(Avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 05/10/2015 à 19:16 :
Ce genre de loi est une préparation pour rendre viable l'assurance chômage avec toujours moins de CDI. Le chômage ne baissera pas, ils vont seulement transférer les catégories A en catégorie B. Par ailleurs je constate qu'il y a une préparation mental dans beaucoup de media pour que les gens acceptent ce sort.

C'est effectivement une petite victoire, mais la guerre est déjà perdue...

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