Le gouvernement demande le bilan des aides touchées par Sanofi
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Sanofi a annoncé vendredi avoir choisi le fonds d'investissement CD&R pour lui céder potentiellement le contrôle de son entité de santé grand public Opella.
GONZALO FUENTES
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Sanofi a annoncé vendredi avoir choisi le fonds d'investissement CD&R pour lui céder potentiellement le contrôle de son entité de santé grand public Opella.
GONZALO FUENTES
[Article publié le 15 octobre 2024 à 18h59, mis à jours à 21h15] Quelles sont les aides dont a bénéficié Sanofi ces dix dernières années ? Le gouvernement demande un « bilan exhaustif », a annoncé mardi le ministre de l'Economie Antoine Armand, confirmant la « possible présence de l'Etat au conseil d'administration » d'Opella, qui commercialise le Doliprane.
« Parce que oui, nous soutenons les entreprises, oui, nous soutenons l'emploi et l'industrie, mais cela ne peut pas se faire n'importe comment et à n'importe quelles conditions », a-t-il dit.
« Ce bilan doit permettre de dresser un constat objectif sur les aides publiques reçues par Sanofi ces dix dernières années », a précisé le ministère de l'Économie. « Plusieurs élus de la représentation nationale ont, en effet, souligné, et parfois à juste titre, que l'État soutenait l'entreprise dans le cadre de sa recherche et de son développement. »
« Ce soutien a pour objectif de promouvoir l'innovation dans le domaine du médicament et de la santé. Accompagner la recherche en matière de santé, c'est participer à la souveraineté sanitaire de notre pays », a expliqué le ministère. « Le ministre Antoine Armand souhaite vérifier si ces aides ont pu bénéficier à la filiale Opella », a-t-il ajouté.
Antoine Armand, qui s'est rendu lundi sur le site de production du Doliprane, à Lisieux (Calvados), a énuméré à nouveau les « engagements très précis » discutés avec les parties prenantes de la transaction en matière de maintien de l'emploi, de l'empreinte industrielle, de la localisation du siège et de la recherche et développement.
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« Nous sommes prêts à demander des sanctions et l'étude d'une prise de participation » publique « pour que ces engagements soient tenus », a-t-il répété. Par ailleurs, « l'ensemble de la procédure de contrôle des investissements étrangers » en France sera mobilisé si la vente devait être confirmée, a-t-il insisté.
Interrogé en soirée dans les Echos sur une possible prise de participation dans Opella d'un acteur public comme la banque publique d'investissement Bpifrance, le président du conseil d'administration de Sanofi, Frédéric Oudéa, a assuré que « tous les sujets sont sur la table ». « Mais l'option la plus efficace, ce sont les engagements que l'on va prendre. Sanofi est un acteur responsable qui a toujours pris en compte son ancrage français », affirme le dirigeant.
Frédéric Oudéa estime que la « décision de Sanofi de conserver 50% du capital » lors de cette possible vente est la « garantie » de cet « ancrage » en France, notamment en donnant à son groupe « un droit de veto sur les grandes décisions stratégiques ». « La cession d'Opella est une histoire de croissance. (...) Cette cession ce n'est pas une histoire de restructuration », ajoute-t-il.
Le groupe pharmaceutique français a annoncé vendredi avoir choisi le fonds d'investissement CD&R pour lui céder potentiellement le contrôle de son entité de santé grand public Opella, qui commercialise le Doliprane. Cette possible cession soulève de fortes préoccupations au sein de l'opinion publique et de la classe politique pour des enjeux de souveraineté sanitaire et d'emplois. Opella commercialise une centaine de marques autres que Doliprane, qui n'est pas connu en dehors de l'Hexagone.
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« Un milliard de crédits impôt recherche en 10 ans »
Sanofi a bénéficié de « un milliard de crédits impôt recherche en 10 ans » tout en divisant « par deux les effectifs en France, notamment des emplois de chercheurs », a de son côté affirmé ce mardi matin la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, appelant à « conditionner les aides publiques aux entreprises ».
Le coût de production de « chaque boîte de Doliprane, c'est 15 centimes. Le prix de vente, en pharmacie, c'est 2 euros. Donc, on voit que c'est très rentable. Eh bien cela, ça ne suffit pas à Sanofi », a encore dénoncé la n°1 de la CGT.
La cession potentielle de Doliprane par Sanofi à un fonds d'investissement américain est « le symbole de l'échec total de la politique industrielle d'Emmanuel Macron », a estimé Sophie Binet. « Le scandale de la stratégie industrielle du gouvernement, c'est qu'elle consiste à donner les pleins pouvoirs aux multinationales. Et là, en l'occurrence, on a une multinationale qui considère qu'elle peut faire la pluie et le beau temps. »
(Avec AFP)
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