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Vente du Doliprane : Marc Ferracci n'exclut pas une entrée au capital de l'Etat dans Opella

Photo de Mathieu Viviani

Mathieu Viviani

Publié le 15 octobre 2024 à 10:04 - Mis à jour le 15 octobre 2024 à 10:06

Au micro de France inter ce mardi matin, le ministre de l'Industrie a aussi rappelé que « juridiquement » l'Etat peut toujours « s'opposer à la cession d'Opella ».

Au micro de France inter ce mardi matin, le ministre de l'Industrie a aussi rappelé que « juridiquement » l'Etat peut toujours « s'opposer à la cession d'Opella ».

Reuters

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Au micro de France inter ce mardi matin, le ministre de l'Industrie a évoqué cette option afin d'avoir « un droit de regard » sur les futures affaires d'Opella, la filiale de médicament grand public de Sanofi, en cours de cession à un fonds américain. Par ailleurs, il a assuré que l'Etat pouvait toujours « juridiquement » s'opposer à cette opération financière.

Quel avenir pour la fabrication du Doliprane en France, après que Sanofi ait décidé de vendre à un fonds américain sa filiale de médicament grand public Opella ? Cette question a occupé la majeure partie de l'interview du ministre de l'Industrie Marc Ferracci, sur France inter ce mardi matin. Pour rappel, ce dernier, accompagné du ministre de l'Economie Antoine Armand, s'est rendu hier à l'usine de Lisieux en Normandie, qui produit la quasi-totalité de l'anti-douleur le plus vendu de France.

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Face à l'inquiétude des salariés du site de voir de leurs emplois disparaître, le ministre de l'Industrie a tenu à rappeler lors de cette interview que « juridiquement » l'Etat peut « s'opposer à la cession d'Opella » au fonds nord-américain CD&R. Les raisons qui pourraient justifier une telle décision, selon le ministre : que l'opération financière ne garantisse pas « la sécurité sanitaire de la France », en termes d'approvisionnement de médicaments Doliprane, et « le maintien de l'emploi industriel » sur le site de Lisieux, employant 250 personnes.

« Ces deux objectifs sont incompressibles, nous serons vigilants là-dessus », a insisté Marc Ferracci sur France inter, qui assure avoir « demandé des engagements écrits sur le maintien des volumes produits, le maintien des sous-traitants ». Et de réinsister : « Si ces engagements ne sont pas pris, le code monétaire et financier permet de s'opposer à cette vente. »

L'Etat pourrait prendre une participation dans Opella

Par ailleurs, le ministre de l'équipe de Bercy n'a pas « exclu » une prise de participation capitalistique d'« un acteur public » dans Opella, la filiale grand public de Sanofi, en cours de cession. Il s'en est expliqué en ces mots : « Étant donné qu'une grande partie des ventes de Doliprane sont faites en France, cela présente un intérêt pour l'Etat. On aurait un droit de regard sur les affaires d'Opella ».

Dans son interview, le ministre a aussi tenté de répondre à l'inquiétude que cette vente suscite chez un grand nombre d'élus politiques, qu'ils soient issus de l'opposition, ou membres et alliés du bloc macroniste. En effet, un certain nombre d'entre eux ne comprennent pas pourquoi Sanofi a choisi l'américain CD&R à la place du fonds français PAI partners, aussi en lice.

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« Je ne commente pas les affaires financières privées en elles-mêmes, ce n'est pas mon rôle », souligne le ministre de l'Industrie. « Mais encore une fois, ce qui nous intéresse est de veiller à ce que les emplois industriels soient maintenus dans l'usine, nous y veillerons par des engagements écrits et des potentielles sanctions s'ils ne sont pas respectés ».

La secrétaire générale de la CGT très remontée

Un engagement qui rassurera peut-être les syndicats, vent debout contre cette vente. À commencer par la CGT, dont la secrétaire générale était interviewée ce matin par TF1. Après avoir qualifié la vente d'Opella comme « le symbole de l'échec total de la politique industrielle d'Emmanuel Macron », Sophie Binet a déploré qu'elle consiste « à donner les pleins pouvoirs aux multinationales ». Une démarche d'autant plus dommageable, que Sanofi a bénéficié, selon elle, d' « un milliard de crédits impôt recherche en 10 ans » tout en divisant « par deux les effectifs en France, notamment des emplois de chercheurs ».

Appelé à réagir sur France inter à ces propos, Marc Ferracci s'est contenté d'acquiescer qu'il était « vrai que Sanofi a été aidé par le gouvernement » ces dernières années. Dernier exemple en date : l'installation récente d'une nouvelle usine de vaccin de Sanofi, à Neuville-sur-Saône, dans le Rhône. Inauguré mi-septembre, le site a bénéficié de 240 millions d'euros de l'Etat, sur un investissement total de 500 millions d'euros. « L'Etat est dans son rôle », en soutenant ce genre de projets, a déclaré Marc Ferracci.

L'immigration de travail nécessaire à l'industrie française

Élargissant son propos à l'emploi industriel en général, le ministre et proche d'Emmanuel Macron a également tenu à rappeler « que l'immigration, et en particulier l'immigration de travail », était « une nécessité » dans le secteur en France. Rappelant sa visite récente dans une usine française du constructeur auto Stellantis, Marc Ferracci a relevé que « sur la chaîne de production », se trouvent « 58 nationalités ». Et de lancer au micro de France inter ce matin : « Sans immigration, on ne sait pas faire dans l'industrie. »

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Son prédécesseur au portefeuille de l'Industrie, Roland Lescure, s'était lui aussi nettement prononcé en faveur du besoin d'immigration en France pour pouvoir réindustrialiser le pays, en septembre et novembre 2023, lors des discussions au Parlement sur la dernière loi immigration, qui a finalement été promulguée en janvier dernier. Sur les 1,3 million d'emplois à pourvoir dans les usines françaises dans les 10 ans à venir, « si on arrive à former dans l'industrie 800 à 900.000 jeunes et moins jeunes (...), franchement, ce sera exceptionnel », avait-il dit à l'époque, en indiquant « qu'il faudra sans doute aller chercher ailleurs » d'autres travailleurs.

Mathieu Viviani

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