Le télétravail, une pratique encore peu répandue

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Le télétravail était pratiqué par 11% des cadres au moins un jour par semaine en 2017, contre 3% de l'ensemble des salariés, selon une étude de la Dares, les cadres ayant tendance à travailler plus longuement quand ils choisissent ce mode d'organisation.
Le télétravail était pratiqué par 11% des cadres au moins un jour par semaine en 2017, contre 3% de l'ensemble des salariés, selon une étude de la Dares, les cadres ayant tendance à travailler plus longuement quand ils choisissent ce mode d'organisation. (Crédits : Reuters)
Seulement 1,8 million de salariés pratiqueraient le télétravail en France selon une récente enquête du ministère du Travail. La possible prolongation du mouvement social entamé ce jeudi 5 décembre pourrait accroître cette organisation encore marginale.

En raison d'une grève qui s'annonce massive dans les transports, de nombreuses entreprises ont recours au télétravail ou à des aménagements pour pouvoir continuer leur activité. Fin novembre, la ministre du Travail Muriel Pénicaud a appelé les employeurs à se montrer "compréhensifs" le 5 décembre, face aux salariés qui auraient des difficultés à se rendre sur leur lieu de travail à cause de la grève des transports.  "Il ne faut pas demander aux gens de faire des acrobaties pour faire des heures de transport", a-t-elle ajouté. "Depuis les ordonnances travail, le télétravail est un droit", et "il suffit d'un simple échange d'e-mails entre le salarié et l'employeur" pour le mettre en place, a souligné Mme Pénicaud, pour qui "il y a beaucoup de métiers qui s'y prêtent". Malgré ce changement juridique, le télétravail est encore loin d'être un pratique partagée dans tous les secteurs professionnels.

3% des salariés font du télétravail

D'après les résultats d'une enquête (*) du ministère du Travail communiqués début novembre, seulement 3% des salariés ont déjà fait du télétravail régulièrement, c'est à dire au moins un jour par semaine. Sur ce total, 45,3 % (soit 1,4 % des salariés) le pratiquent un jour par semaine, 26,3 % deux jours par semaine et 29,3 % trois jours ou plus par semaine. Parmi les catégories interrogées, il s'agit surtout de travailleurs qualifiés qui sont concernés. 11,1% des cadres et 3,2% des professions intermédiaires déclarent pratiquer le télétravail au moins une journée par semaine. A l'inverse, cette activité est très minoritaire chez les employés (1,4%) et les ouvriers (0,2%).

"Ces très forts écarts reflètent notamment des disparités d'usage des outils numériques. En 2013, 52,0 % des cadres et 19,3 % des salariés exerçant une profession intermédiaire étaient équipés d'outils numériques permettant le travail à distance, contre 2,5 % des ouvriers qualifiés et 1,3 % des ouvriers non qualifiés" soulignent les auteurs de l'étude.

Outre l'accès aux outils numériques, certains métiers ne permettent pas d'avoir recours au télétravail et certains employeurs se montrent encore réticents. Ainsi, selon baromètre Malakoff Mederic réalisé au printemps, 55% des managers sont favorables au télétravail, 8% sont plutôt défavorables, 5% sont très défavorables et 32% ne se prononcent pas. Cette proportion d'indécis montre qu'il y a toujours une incertitude très prononcée chez une bonne partie des dirigeants.

Le télétravail surtout pratiquée dans les grands établissements

Le télétravail est plus fréquent dans les grandes entreprises. Ainsi, 4,5% de la main d'oeuvre déclare avoir recours au télétravail dans les établissements de plus de 500 salariés contre seulement 2,5% dans les entreprises de moins de 10 salariés. Dans le public, ce sont sont les fonctionnaires d'Etat (6,4%) qui ont plus recours au travail à distance. Ailleurs, cette organisation demeure très marginale dans la fonction publique hospitalière (0,1%) ou la fonction publique territoriale (1,2%).

La stabilité dans l'emploi peut également être un facteur déterminant pour mesurer la pratique du télétravail. Pour les salariés dont la présence dans l'entreprise est un inférieure à un an, la proportion de télétravailleurs s'élève à 2,4% contre 3,6% pour ceux qui sont entrés il y a plus de dix ans. De même que les salariés à temps partiel (1,9%) sont moins nombreux à pratiquer le travail à distance (3,4%).

(*)N.B Cette enquête a été réalisée avant le passage des ordonnances.

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Commentaires
a écrit le 08/12/2019 à 19:30 :
Le télétravail est un pis-aller, utile quand il n'y a pas d'autre solution, à éviter dans la plupart des cas.
a écrit le 05/12/2019 à 13:40 :
Dans 9 cas sur 10, c'est l'entreprise qui refuse ideologiquement le télétravail. Expérience vecue: proposez un jour de télétravail en échange de renoncer à une augmentation, bétonnez bien à l'avance le dossier (montrez que c'est compatible avec vos objectifs, que vous restez en lien constant avec vos collègues par mel/tchat/tel, que vous ferez un reporting quotidien, que vous êtes prêt à rester flexible sur les jours pour vous adapter au planning de l'entreprise, que votre productivité va augmenter etc), bilan: refus catégorique sans justification et en prime vous passez pour un tire-au-flanc
Et on se demande encore pourquoi les entreprises françaises sont larguées dans la compétition internationale.
a écrit le 05/12/2019 à 12:05 :
J'avais mis ça en place, mais c'est sans compter .... l'usine à gaz mise en place par l'inspection du travail !
a écrit le 05/12/2019 à 11:40 :
" Pour les salariés dont la présence dans l'entreprise est un inférieure à un an, la proportion de télétravailleurs s'élève à 2,4% contre 3,6% pour ceux qui sont entrés il y a plus de dix ans. "

Nous ne sommes pas dans des variables bougeant suffisamment pour en faire un article, encore nous saurions qui veut du télétravail et pourquoi et qui n'en veut pas et pourquoi, selon les classes dirigeantes bien entendu, oui, mais sinon ça ne sert pas à grand chose.

Article de ce fait pouvant être généré par leur pseudo intelligence artificielle. Vous devriez consacrer votre énergie sur des éléments importants et en économie il y en a tellement...

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