Le tissu productif se renouvelle-t-il ?

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Le renouvellement annuel des établissements est particulièrement élevé le long de l’arc méditerranéen, notamment à Marseille
Le renouvellement annuel des établissements est particulièrement élevé le long de l’arc méditerranéen, notamment à Marseille (Crédits : Reuters)
Selon une étude de l'Insee, un tiers du tissu productif local se renouvelle chaque année. Mécaniquement, le marché de l'emploi est également en perpétuelle mutation. De profondes différences régionales apparaissent.

Chaque mois, l'Insee et une poignée de cabinets d'études publient leurs statistiques sur les créations et les défaillances d'entreprises. Elles sont certes utiles, mais elles ne donnent pas réellement d'indications sur les mouvements de fond au sein du tissu productif. Dans une étude publiée ce vendredi, l'Insee fait un point précis sur le renouvellement de l'économie industrielle, via les créations et les défaillances d'établissements.

L'Insee donne la définition suivante à un établissement : il s'agit les unités de production géographiquement localisées. Un établissement produit des biens ou des services : ce peut être une usine, une boulangerie, un magasin de vêtements, un des hôtels d'une chaîne hôtelière, la « boutique » d'un réparateur de matériel informatique...

En cinq ans, 1,7 million d'établissements nouveaux ont été créés

Selon ses calculs, le nombre d'établissements est passé de 3,5 millions à 4,2 millions dans les activités marchandes hors agriculture entre 2008 et 2013, soit 1,7 million d'établissements supplémentaire, ce qui représente une augmentation annuelle de +3,5% en moyenne. " Cette croissance s'accompagne d'un important renouvellement des établissements : chaque année, sur la période, 21% des établissements sont nouveaux et 17% disparaissent ", précise l'Institut qui relève également d'importantes différences régionales.

En effet, l'Insee constate un renouvellement annuel des établissements élevé le long de l'arc méditerranéen mais aussi dans les zones d'emploi de Toulouse, Bordeaux et Marne-la-Vallée. Dans ces secteurs géographiques, le taux de renouvellement dépasse 43 % !
" À l'opposé, il est plus faible en Martinique, Guadeloupe, dans le massif alpin et dans le sud du Massif central ", précise l'Insee qui cite les exemples des zones d'emploi de Thiers et Ambert dans le Massif central, la Vallée de l'Arve en Rhône-Alpes, Morteau ou Saint Claude en Franche-Comté.. Dans ces secteurs, le taux de renouvellement est inférieur à 30 %.

Pour expliquer ces différences régionales, l'étude avance l'argument de la spécialisation sectorielle des territoires. Le renouvellement est fort dans les zones d'emploi d'Île-de-France, d'Aix-en-Provence, de Cannes-Antibes, de Lyon ou de Nantes, qui concentrent des activités tertiaires supérieures, mais faible sur les territoires où se concentrent les activités industrielles et les activités financières et d'assurance.

Chaque année, 4,2 millions d'emplois sont créés et détruits

Mécaniquement, le marché de l'emploi est impacté par cette mutation des tissus productifs locaux avec des dynamiques d'emplois variées, les réallocations d'emplois pouvant être étudiées selon trois composantes : le solde des créations-disparitions, le solde des transferts, qui représente les arbitrages de localisation des établissements existants, et le solde des établissements pérennes, qui traduit l'évolution des établissements présents.

Si l'emploi salarié au niveau national dans les établissements pérennes a peu varié entre 2008 et 2013, les créations-disparitions d'établissements et les transferts conduisent au contraire, et globalement à une augmentation du nombre de salariés. " Ces dynamiques varient localement : - certaines zones d'emploi créent des emplois selon ces trois composantes : Nantes, Lyon, Lille, Marne-la-Vallée, Ajaccio. D'autres perdent sur les différents registres : Orléans, Amiens, Meaux ou Narbonne. Enfin, d'autres gagnent des emplois d'un côté mais en perdent de l'autre, par exemple à Toulouse, Pointe-à-Pitre, Tours et Niort ", constate l'Insee qui estime à 4,2 millions le nombre total d'emplois salariés qui ont été créés ou détruits en moyenne chaque année. soit 28% de l'emploi total !

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Commentaires
a écrit le 01/06/2015 à 12:09 :
Est ce que l'emploi salarié affiche un solde positif ces dernières années ? et est ce qu'il n'y aurait pas un glissement des emplois salariés vers les travailleurs indépendants ?
a écrit le 30/05/2015 à 22:46 :
qui ne veulent pas dire grand chose, parlez nous plutôt du capital effectivement mobilisé aujourd'hui pour avoir une chance de développer son activité. Ou encore du nombre de créations hors filiales.
a écrit le 29/05/2015 à 19:53 :
Et au milieu de cela, les politiques et l'état immobiles.
a écrit le 29/05/2015 à 17:30 :
Décentralisation ! Je propose un smic variable régionale a 8€50 brut comme en Allemagne, en Lorraine et dans les régions a fort taux de chômage !
Réponse de le 30/05/2015 à 2:51 :
Excellente idée ! il est absurde que le SMIC soit le même à Versailles et à Limoges où la vie est 30% moins chère.
Réponse de le 30/05/2015 à 9:16 :
@Dilemblue
Avez vous essayé de vivre avec 1 000 Euros par mois?

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