LA TRIBUNE DIMANCHE - Cinq des six pays fondateurs de l'Union européenne connaissent aujourd'hui une extrême droite installée au pouvoir, à ses portes ou devenue première force d'opposition. Jusqu'où nous emmène cette vague ?
ARANCHA GONZÁLEZ - D'abord, je constate malgré tout qu'il reste au cœur des institutions européennes un centre de gravité majoritaire composé des chrétiens-démocrates, des sociaux-démocrates et des centristes libéraux. Cette coalition va continuer de créer du consensus pour apporter des solutions européennes aux défis qui nous concernent tous. Mais il y a des turbulences, oui, et les plus graves concernent la France et l'Allemagne, deux forces essentielles à la construction communautaire. En Allemagne, il faudra attendre les élections au Bundestag de 2025 pour y voir plus clair, mais on saura dimanche prochain si le vote des Français peut permettre à la France de continuer à aider l'Union européenne à avancer. L'Europe est plus que jamais à la croisée des chemins alors que sa sécurité est menacée par les guerres et la compétition économique mondiale. Soit on se décide à se donner plus d'Europe pour être davantage protégés, soit les solutions seront nationalistes et nous rendront plus fragiles.