Législatives : « une crise de régime structurelle » est possible pour Gérard Larcher après les élections
latribune.fr
Le président du Sénat, Gérard Larcher, craint « une crise de régime structurelle » à l'issue des élections législatives.
GONZALO FUENTES
Le président du Sénat, Gérard Larcher, a exprimé ses craintes quant à la vie du pays après les élections, lors d'une réunion publique ce mardi. Le deuxième personnage de l'Etat redoute « une crise de régime structurelle », et fustige le « choix brutal » d'Emmanuel Macron de dissoudre l'Assemblée nationale.
Le président du Sénat, Gérard Larcher, n'est pas serein. Ce mardi, lors d'une réunion publique, le poids lourd de la droite a dit redouter « une crise de régime structurelle » après les législatives, et tenté de défendre « une autre voie », pour Les Républicains entre « les extrêmes » et la Macronie.
Venu soutenir son bras droit et proche conseiller Patrick Dray, candidat dans un bastion historique de la droite parisienne, passé en 2022 dans le camp présidentiel, Gérard Larcher a constaté « une crise politique majeure », et assuré « craindre une crise de régime structurelle dans les mois à venir », née de la dissolution décidée par le président de la République.
«Un choix brutal», «précipité et improvisé», selon le président du Sénat, qui l'a appris «par téléphone», «en une minute trente», à moins d'une heure de l'annonce du chef de l'Etat depuis l'Elysée, a-t-il glissé.
En faveur d'une droite « indépendante »
Partisan d'une ligne « autonome » pour LR, malgré l'alliance d'Eric Ciotti avec le Rassemblement national (RN), Gérard Larcher a assuré qu'il « refusait le clivage » instauré par Emmanuel Macron, qui « persiste à s'enfermer dans un duel avec les extrêmes », et dont il fustige « l'attitude verticale, lointaine et condescendante ».
Il a attaqué le Nouveau Front populaire (NFP), « un front de la honte, opportuniste, au clientélisme communautariste », mais aussi le RN, avec lequel il « refuse toute compromission ».
«Je refuse enfin l'association à la majorité présidentielle, nous ne sommes pas tributaires de sa politique. (...) Emmanuel Macron a tort d'affirmer que le résultat des législatives ne sera la faute de personne. Ce sera d'abord sa faute, il ne pourra pas éternellement fuir sa responsabilité», a-t-il ajouté.
Le président du Sénat plaide pour « une autre voie entre cet immobilisme macronien et les extrêmes, qui mettront le chaos à l'Assemblée et renverront les Français dos à dos ».
400 candidats LR « canal historique » aux législatives
La branche historique des Républicains a investi 400 candidats dans toute la France et notamment à Paris, où il ne compte aucun député sortant. Dans la 14e circonscription, située dans le XVIe arrondissement de la capitale, où Gérard Larcher s'exprimait, Les Républicains ont terminé en tête aux élections européennes.
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Une situation unique en France. Patrick Dray y affronte le sortant Renaissance Benjamin Haddad, mais également Louis Piquet, un candidat issu de l'union entre Éric Ciotti et le RN.
« L'enfant terrible » des Républicains, Aurélie Pradié, quitte le parti
Les soubresauts continuent au sein des Républicains. Dans un entretien accordé, ce mercredi 26 juin, à La Dépêche du Midi, le député sortant, Aurélie Pradié, a annoncé claquer la porte du parti de droite. « LR est dans une situation inextricable. Le gaullisme n'est pas mort, il est plus vivant que jamais, mais LR est mort. Je le dis avec une douleur personnelle car la fidélité est une de mes valeurs cardinales. Mais il est temps que je reprenne ma liberté », a-t-il justifié. L'homme politique a choisi, par ailleurs, de fonder un micro-parti baptisé « Du Courage ».
Lors du ralliement annoncé d'Éric Ciotti au Rassemblement National, il y a quelques jours, en vue des élections législatives, il avait participé activement au bureau politique contesté par le président du parti par la voie juridique, et avait même déclaré : « On appellera Jordan Bardella pour le sortir de son bureau.»
En 2022, Aurélien Pradié s'était présenté à la présidence du parti Les Républicains, échouant face à ce même Éric Ciotti, et Bruno Retailleau. Ses scores lui avaient tout de même permis d'obtenir la vice-présidence du parti de droite. Seulement, les débats sur la réforme des retraites lui avaient coûté ses fonctions après avoir affiché une ligne différente de celle de son parti.