ENTRETIEN - L'ancien premier secrétaire du PS estime que l’investiture de l’ancien président au sein du Nouveau Front populaire est une bonne nouvelle pour le camp social-démocrate.LA TRIBUNE DIMANCHE - François Hollande a annoncé hier qu'il était candidat aux élections législatives pour le Nouveau Front populaire en Corrèze. Essaie-t-il de prendre sa revanche sur 2017 ?
JEAN-CHRISTOPHE CAMBADÉLIS - Sa candidature est une bonne nouvelle pour un pays traumatisé par une dissolution hasardeuse et c'est un bon soutien pour une gauche qui veut faire front au Rassemblement national. Dans la décision de l'ancien président de la République, je ne crois pas que la question du passé ait joué un rôle. Je pense surtout que c'est l'avenir qui est en jeu dans un pays qui est en difficulté dans tous les domaines avec une Bourse qui dévisse, des Français qui ont du mal à finir le mois. Mais aussi avec la perspective d'un Rassemblement national au pouvoir ou d'une France ingouvernable. Il faut apaiser, rassembler et trouver les solutions.
Dans les circonstances actuelles, serait-il le bon Premier ministre pour la gauche ?
Ce n'est pas l'enjeu du moment de savoir qui serait le meilleur Premier ministre. On ne fait pas un casting, on fait un cartel pour battre le Rassemblement national et pour essayer de former un front républicain au second tour. Une fois élu, il sera toujours temps de se demander quelle combinaison il faut mettre en place pour restabiliser le pays.
Sa présence dans cette alliance incarne des solutions responsables
La nouvelle alliance ne penche-t-elle pas trop en faveur du programme des Insoumis ?
La candidature de François Hollande est aussi une bonne nouvelle pour la gauche. Le cartel des gauches n'avait pas de grande voix sociale-démocrate puisque Raphaël Glucksmann ne pouvait pas se présenter. La présence de François Hollande dans cette alliance incarne des solutions responsables, finançables et praticables pour le pays.
Propos recueillis par Hugo Forquès