Cent cinquante ? Deux cents ? Bien plus ? Le nombre de triangulaires pourrait exploser ce soir à l'issue du premier tour des élections législatives. La forte participation, la tripartition du paysage politique, le faible nombre de candidats (4 000 contre 6 300 en 2022) vont favoriser le phénomène. Le record de 1997 (79) sera très largement battu.
Dès ce soir, ces triangulaires à foison seront au cœur des discussions. Dans la grande majorité des cas, le candidat du Rassemblement national y occupera la première place. Celui qui se trouvera alors en troisième position devra-t-il se désister pour lui barrer la route au nom du front républicain ? La question est particulièrement redoutée au sein du camp macroniste : les candidats Ensemble pour la République pourraient en effet être les plus nombreux à occuper cette « place du mort ».
Pour anticiper les choses, Emmanuel Macron a organisé mardi en audioconférence une réunion avec les poids lourds de son camp. S'il a laissé chacun dérouler sa vision, sans trancher, un consensus s'est dessiné sur la ligne à adopter : il faudra faire le tri entre les candidats du Nouveau Front populaire et ne se désister qu'en faveur des candidats PS ou Écologistes (sauf exception). Autrement dit, pas question de se retirer si c'est un candidat Insoumis qui est en lice. Si cette règle est retenue, la majorité sera néanmoins confrontée à plusieurs difficultés. D'abord c'est le candidat lui-même qui prendra la décision finale de se maintenir ou non (il aura jusqu'à mardi 18 heures pour le faire). Or, sur le terrain, beaucoup pensent qu'en cas de duel entre le RN et le Nouveau Front populaire, c'est le parti lepéniste qui l'emportera, le bloc de gauche suscitant désormais un rejet plus grand.