Législatives : l'Europe, grande absente du programme économique du RN
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Le président du RN Jordan Bardella.
Reuters
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Le président du RN Jordan Bardella.
Reuters
La campagne des législatives entre dans sa dernière ligne droite. À la veille du scrutin crucial de dimanche, les trois blocs jettent leurs dernières forces dans cette bataille à couteaux tirés. En tête dans les sondages, les candidats du Rassemblement national (RN) continuent de surfer sur leurs résultats obtenus aux élections européennes. Le bloc nationaliste (RN, Reconquête) espère placer un maximum de députés à l'Assemblée nationale après le camouflet de la majorité présidentielle. Après le ralliement d'Eric Ciotti, le Rassemblement national (RN) entend bien durcir la politique migratoire de l'Hexagone mais s'expose beaucoup moins sur les questions économiques européennes.
Écartant le scénario d'une sortie de l'euro et des traités européens, Jordan Bardella a tenté d'infléchir la position du parti lepéniste sur l'Europe. En 2017, la proposition de Marine Le Pen figurant dans son programme officiel de revenir à une monnaie nationale avait provoqué une vague de stupéfaction dans les milieux bruxellois. La sortie de l'Eurosystème aurait sans doute exacerbé les tensions avec les partenaires de la zone euro.
Huit ans après ces déclarations fracassantes, le RN a très peu évoqué l'Europe lors des débats de cette campagne éclair. « L'Europe est très absente dans le programme législatif du RN. La seule mention est la défense de la souveraineté. Or, c'est sans doute la position de la plupart des Etats européens en ce moment », explique l'économiste de l'OFCE Jérôme Creel, spécialiste des questions européennes. Et malgré ces revirements sur l'euro ou les traités, « le programme économique est construit sur une ligne antieuropéenne. Beaucoup de mesures dérogent aux règles européennes », complète Mathieu Plane, directeur adjoint des prévisions à l'OFCE.
À lire également
Absente du programme économique du RN, l'Europe est néanmoins régulièrement vilipendée par les poids lourds du parti d'extrême droite. Symbole de cette défiance, la baisse drastique de la contribution de la France au budget de l'Union européenne. Dans la lignée de Margaret Thatcher, porte-voix du « I want my money back» à la fin des années 70 au Royaume-Uni, le Rassemblement national veut serrer la vis sur l'autonomie budgétaire de l'UE et « renationaliser » certaines politiques économiques.