Le Nouveau Front Populaire a remporté les trois circonscriptions électorales dans la capitale régionale. Avec 17 députés élus dans le Grand Est (mais un seul en Alsace), l'extrême droite prospère dans ses territoires post-industriels de prédilection.Il ne manquait à la gauche qu'une circonscription pour établir sa domination dans l'agglomération strasbourgeoise. Le socialiste Thierry Sother l'a conquise dimanche soir face au député sortant Bruno Studer (Renaissance). Le Nouveau Front Populaire envoie trois élus strasbourgeois au Palais Bourbon. La députée sortante Sandra Regol (EELV) a été réélue confortablement (58,8 %) dans la première circonscription du Bas-Rhin. Emmanuel Fernandes (LFI) retrouve son siège (48,8 % dans une triangulaire face au Modem et au RN) dans la deuxième circonscription, celle des quartiers sud plus populaires de Strasbourg. « Cela confirme l'aspiration à la justice sociale et environnementale d'une grande partie de la population », s'est félicitée Jeanne Barseghian, maire (EELV) de Strasbourg.
Le dérapage d'un candidat RN
En Alsace, où le RN était arrivé en tête dans les deux tiers des circonscriptions au premier tour, le parti d'extrême droite a finalement échoué dans sa tentative de conquête des circonscriptions rurales. Théo Bernhardt, le seul élu frontiste alsacien, représentera la circonscription d'Alsace du Nord. A 24 ans, cet inconnu a fait mieux que les cadres régionaux de son parti, investis dans d'autres circonscriptions, souvent en ballottage favorable mais sans réserves de voix au deuxième tour. Le dérapage de Laurent Gnaedig, candidat du RN face à l'ancienne ministre colmarienne Brigitte Klinkert, a probablement refroidi certains électeurs : dans un débat télévisé de l'entre deux tours, cet élu d'opposition du Conseil régional du Grand Est avait estimé que les propos de Jean-Marie Le Pen sur les chambres à gaz « n'étaient pas une remarque antisémite ». Il s'était ensuite excusé.
La Lorraine a offert un meilleur accueil au programme du RN, en envoyant dix députés lepénistes (sur 21 circonscriptions) à l'Assemblée Nationale. David Valence, élu sortant de la majorité présidentielle, est battu dans sa circonscription de Saint-Dié-des-Vosges. « Dans notre circonscription, une large union s'était faite autour des valeurs de la république entre les deux tours. Mais pas plus que dix années d'un travail acharné et sincère au service des Vosgiens, cela n'aura suffi à endiguer une tendance déjà très ancienne au vote pour le Rassemblement National », regrette David Valence.