LA TRIBUNE DIMANCHE - Selon les sondages, le Rassemblement national (RN) aura une majorité de députés à l'Assemblée le 7 juillet, mais Jordan Bardella conditionne son arrivée à Matignon à l'obtention d'une majorité absolue, soit 289 sièges. N'est-ce pas une manière de préparer les esprits à un refus d'exercer le pouvoir ?
PHILIPPE OLIVIER - Soit les Français veulent l'alternance, soit ils ne la veulent pas. Nous, nous allons au pouvoir pour appliquer un programme, et pour cela il nous faut une majorité claire. Si nous n'avons pas la majorité absolue, ce n'est pas la peine, car nous ne sommes pas là pour prendre des places. Tout cela n'a de sens que si nous avons la capacité d'agir. Le corps électoral doit en avoir conscience. S'il est trop indécis, nous aurons une situation qui rappellera la IVe République.
Estimez être dans un face-à-face avec la gauche ou avec le bloc central ?
Le bloc macroniste s'effondre et n'a plus de chef. Emmanuel Macron a disparu, ses propres troupes n'en veulent plus. Gabriel Attal est transparent. Ce bloc a vécu. Il peut faire entre 15 % et 20 % mais pas davantage, car la tenaille du scrutin majoritaire est mortelle. On va se retrouver face à un nouveau Front, plus crépusculaire que populaire, qui est pro-islamiste, crypto-antisémite, qui prône la violence et le conflit. Beaucoup d'électeurs de gauche qui ne s'y reconnaissent pas soutiendront notre coalition républicaine et patriote, dont je ne me résous pas à dire qu'elle est une coalition de droite. Nous aurons un second tour de recomposition, non pas autour d'un clivage gauche-droite, que je récuse toujours, mais entre deux visions de la société totalement différentes.