Les 15 travaux de l’Acte II : l’équation de Macron se complique
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Le gouvernement Edouard Philippe
Nicolas Messyaz
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Emmanuel Macron se vante d'être le président de la République qui aura le plus baissé les impôts depuis, au moins, Nicolas Sarkozy en 2007 avec sa loi Tepa (Travail emploi et pouvoir d'achat). Sous la pression des « gilets jaunes », la politique s'est nettement réorientée en faveur de la demande. Outre les mesures fiscales de 2018 (taxe d'habitation, transfert de cotisations-CSG, « flat tax » et ISF), le chef de l'État a lâché entre le 10 décembre et le 25 avril près de 17 milliards d'euros en faveur des catégories populaires et des classes moyennes. Dont 5 milliards au titre de la future baisse de l'impôt sur le revenu.
Les modalités de la baisse applicable en janvier 2020 grâce au prélèvement à la source seront détaillées en juin par les ministres de Bercy, Bruno Le Maire et Gérald Darmanin, et le texte devrait être intégré dans le projet de loi de finances 2020 qui sera présenté à la rentrée. Le ministre de l'Économie et des Finances a indiqué que « cette baisse touchera 15 millions de foyers fiscaux en adoucissant l'entrée dans l'impôt sur le revenu, en baissant les impôts des contribuables de la première et la deuxième tranche ». L'objectif, « c'est que les 12 millions de foyers fiscaux qui sont dans la tranche à 14 % puissent avoir une baisse moyenne d'impôt sur le revenu de l'ordre de 350 euros ». Pour les 2 millions de contribuables de la seconde tranche, « le gain moyen sera de 180 euros ».
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Les plus hauts revenus ne seraient pas concernés, mais leurs niches fiscales seront préservées. Actuellement, cinq tranches progressives existent pour l'impôt sur le revenu, dont s'acquittent 16,8 millions de foyers fiscaux sur un total de 38,3 millions, soit 43 % des contribuables : 0 %, 14 %, 30 %, 41 % et 45 % pour les revenus supérieurs à 153 783 euros. Pour financer cette baisse de la fiscalité sur les ménages, le chef de l'État a évoqué la suppression de certaines niches fiscales pour les entreprises. Cette annonce a soulevé l'indignation du patronat. À la confédération des PME (CPME), on regrette que « peu de mesures concernent directement les entreprises sauf l'augmentation d'impôt dissimulée sous le terme ambigu de "suppression des niches fiscales des entreprises" ».
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