Les femmes représentaient plus de la moitié (55%) des élèves de l'enseignement supérieur en 2018, révèle une enquête ministérielle parue en 2019. Mais ces chiffres cachent un paradoxe : si elles sont souvent plus diplômées que les hommes, elles sont encore absentes de certaines filières.En 2018, les formations d'ingénieurs ne comptaient que 28% de femmes sur leurs bancs, soit à peine plus qu'en 2008, note l'étude annuelle « Vers l'égalité homme-femme » publiée par le ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation en 2019. C'est bien moins que « l'objectif de 40% d'ici à 2020 » fixé par le gouvernement dans le plan en faveur de « l'égalité femmes-hommes » présenté en mars 2017. Alors qu'Emmanuel Macron en faisait la « grande cause du quinquennat » il y a quatre ans jour pour jour, la parité femme-hommes est toujours loin d'être vérifiée dans les formations de l'enseignement supérieur. Leur sous-représentation dans certaines filières, notamment les plus sélectives, reste encore importante.
Les femmes, toujours plus diplômées
Pourtant, elles ont tendance à faire plus d'études. Au lycée déjà, les femmes réussissent mieux leur baccalauréat : 86% contre 76% pour les hommes en 2018, et une hausse de 16 points par-rapport à 2010, souligne l'enquête ministérielle publiée en 2019. Ensuite, elles continuent leurs études plus longtemps : 51% des femmes âgées de 25 à 34 ans étaient diplômées de l'Enseignement supérieur en 2018, contre 42,5% des hommes de la même classe d'âge, selon cette même étude. Dans le détail, elles sont plus nombreuses à décrocher un diplôme bac +2 : en 2018, près de 37% des femmes de 25 à 34 ans en étaient titulaire, soit près de 11 points de plus qu'en 2008, révèle l'enquête. Pour la même classe d'âge, seulement 30% des hommes atteignent ce niveau de diplôme.
Des inégalités dès le lycée
Mais si elles font plus d'études supérieures, elles sont encore exclues de certaines filières majoritairement masculines. Cette inégalité éducative commence dès le lycée avec les choix de spécialisation : alors que la part des femmes dans la filière générale du baccalauréat dépasse de 10 points celle des hommes en 2018, elle devient inférieure de 4 points dans le cursus professionnel, pointe l'étude annuelle « Vers l'égalité homme-femme ». En fait, dès le lycée les jeunes filles sont davantage orientées vers les formations littéraires et économiques que les filières scientifiques. Selon des statistiques de l'Education nationale, près de 80% des élèves de terminales littéraires étaient des femmes en 2013.