Les jeunes générations de moins en moins optimistes sur leur situation financière

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Ce sentiment de pessimisme est en partie imputable à la crise selon les auteurs de la note de l'Insee.
Ce sentiment de pessimisme est en "partie imputable à la crise" selon les auteurs de la note de l'Insee. (Crédits : REUTERS/Vincent Kessler)
Une enquête menée par l'Insee indique que plus de la moité des interrogés s'estiment plus riches que leurs parents. Mais ce sentiment est en déclin entre l'enquête menée en 2005 et celle réalisée en 2011. La crise et la persistance de la reproduction sociale peuvent en partie expliquer ce phénomène.

L'Insee vient de publier une étude qui montre que de moins en moins de Français pensent que leur situation s'est améliorée par rapport à celle de leurs parents. Entre 2005 et 2011, "la part des personnes déclarant une amélioration s'est en effet réduite de six points sur cette période (de 60% à 54%). Parallèlement, celle des personnes ressentant une dégradation a augmenté de cinq points (de 20% à 25%)". Les auteurs de l'étude notent que cette détérioration "est sans doute pour partie imputable à la crise économique débutée en 2008".

>> Lire aussi : La montée des inégalités en France : vrai ou faux ?

Des contrastes entre les générations

De forts contrastes apparaissent entre les différentes tranches d'âges interrogées pendant l'enquête de l'Insee. Les générations les plus anciennes ont plus de chances de ressentir une amélioration de leur situation financière par rapport à leur famille que les générations les plus récentes.

Par exemple, 67% des personnes âgées de 60 ans en 2011 ont ressenti une amélioration de leur situation contre seulement 41% de ceux qui ont eu 30 ans en 2011. Pour les experts, cette variation à la baisse peut s'expliquer en partie parce que les générations anciennes ont en effet "connu plus d'années de forte croissance depuis leur adolescence, d'une part, parce que la période de leur adolescence est plus lointaine et, d'autre part, parce que la croissance était plus forte au début de leur vie active que pour les jeunes générations".

Une transmission partielle des situations financières et des inégalités

Les auteurs de l'enquête ont également travaillé sur les réalités de l'ascenseur social en France et la reproduction des situations financières entre les membre d'une famille. Selon les chercheurs, la situation financière des parents à l'adolescence joue un rôle important sur la situation financière actuelle, aussi bien réelle que ressentie.

"En 2011, 71 % des personnes dont les parents joignaient très difficilement les deux bouts se déclarent aujourd'hui en difficulté financièrement, contre 51 % pour celles dont les parents ne rencontraient aucune difficulté pour payer les dépenses nécessaires."

Il y a également un lien entre la situation financière des parents et celle des enfants. 59% des personnes interrogées "dont les parents joignaient très difficilement les deux bouts ont un niveau de vie inférieur à la médiane ; cette proportion n'est que de 44 % pour les personnes dont les parents ne rencontraient aucune difficulté pour payer les dépenses nécessaires".

Le niveau d'éducation comme moteur de la transmission

Pour tenter d'expliquer de tels contrastes, les auteurs s'attardent sur le niveau de diplômes. "Une personne diplômée de l'enseignement supérieur a un niveau de vie plus élevé de 46 % qu'une personne non diplômée." Par ailleurs, c'est surtout le niveau d'éducation du père qui a un fort impact sur la réussite scolaire et le niveau de diplôme atteint par l'enfant. "Toutes choses égales par ailleurs, une personne dont le père est diplômé du supérieur a cinq fois plus de chances d'être elle-même diplômée du supérieur qu'une personne dont le père est sans diplôme." Le niveau d'éducation de la mère joue également un rôle dans le parcours scolaire des enfants mais il est moindre : "Voir une mère diplômée du supérieur multiplie par trois les chances d'obtenir un diplôme du supérieur par rapport à une personne dont la mère est sans diplôme."

Le poids du diplôme des parents dans le parcours scolaire des enfants peut s'expliquer par le fait que les parents les plus diplômés accordent souvent plus de temps pour accompagner leurs enfants dans les devoirs scolaires, les aident dans leur orientation et jouent un rôle important dans le choix des établissements scolaires.

>> Lire aussi : Les inégalités de revenus à des niveaux records dans les pays développés

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Commentaires
a écrit le 01/03/2017 à 15:56 :
Tu m'étonnes. Les gaullistes avaient fait leur temps mais au moins ils avaient laissé un pays riche et en ordre de marche. La génération umps a dilapidé tous leurs efforts et a même emprunté de façon incommensurable pour continuer à bien vivre. Ecoutez Goldman (toute la vie), il a su capter ce conflit de génération sans précédent depuis mai 68.
Le pire est que cette génération bloque par le nombre les alternatives politiques à ce bipartisme pourtant ardemment voulues par les jeunes (18-35).
Réponse de le 02/03/2017 à 13:13 :
Le problème n'est pas politique. Il ne faut rien attendre des politiciens, car leur boulot c'est faire des promesses, de mentir, et de rien faire et d'avoir un bon salaire payé à rien faire. De Gaulle, c'était pareil, avec une partie dictateur, car il controlait les médias et la télé, on pouvait rien critiquer...Du coup, le problème, cest l'économie, et la question de partage des richesses et de déchéance du capitalisme et du libéralisme. Après la chute du communisme, voilà la chute du libéralisme, on appelle ça la fin de la civilisation occidentale, mais c'est faux, c'est juste l'échec du libéralisme américano capitalisto new yorkais LOL. Du coup, le keynésianisme , sorte de socialisme pour donner le fric des pauvres aux riches, du Robin des bois à l'envers, c'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase plein du libéralisme. Alors après le libéralisme, il vient quoi ? Les prophètes du futur te le diront, ils arrivent sur leurs chevaux de bois tels les Troyens.
a écrit le 01/03/2017 à 14:52 :
"67% des personnes âgées de 60 ans en 2011 ont ressenti une amélioration de leur situation "

Enquête après enquête, on en revient toujours au même , ceux nés dans les années 40/ 50 , voir 51 en l'occurence dans cet article qui s'en sortent mieux que les générations suivantes.
a écrit le 01/03/2017 à 14:05 :
Une étude vient de démontrer qu'on a plus de chances de posséder une Ferrari si on est un grand dirigeant que si on est smicard ...ben mince , je ne l'aurais jamais cru !
Bien évidemment qu'un chirurgien , un dirigeant , un avocat , un notaire ou un cadre sup ne viennent pratiquement jamais d'un milieu ouvrier : tout simplement parce que arrivé à un certain niveau , il faut les payer , les études et tout ce qui va avec ( studio , charges , nourriture , trajet pour rentrer le week-end ... les pauvres sont fauchés le 20 du lois , alors encore moins pour payer tout cela !
de même , c'est évident que les fils des classes supérieures ne seront pas ouvriers : papa peut tout payer et dispose d'un réseau relationnel !
la reproduction sociale chère à Bourdieu n'est pas un mythe !
De même , ce sont toujours les fils de pauvres qui rentrent dans la police ( de terrain ) , gardiens de prison ou agents de sécurité privée , bref , tous ces sales boulots dangereux dans lesquels vous êtes ( mal ) payés à vous faire cracher dessus , tabasser , caillasser , bousculer , menacer....Jamais vu un fils de chirurgien , de notaire ou de médecin faire des boulots pareils . leurs parents ne le voudraient d'ailleurs jamais non plus : aller risquer sa peau en banlieue ou autres , c'est juste bon pour les gueux et leurs enfants , pas pour ces gens là.
Fils de pauvres , ne vous mettez pas au service du tyran ( l'Etat ) en rentrant dans ces boulots là . En ce moment , beaucoup de partis proposent de recruter des policiers et des gardiens . Sachez que c'est pour vous envoyer vous faire " tuer " dans les banlieues ! Boycottez ces boulots là dans lesquels on vous enverra vous battre dans les banlieues contre d'autres pauvres car pendant ce temps là les bandes ne descendent pas dans les quartiers riches . Ne rentrez pas dans ces boulots là , les fils de riches n'ont qu'à le faire , laissez les se demm... !
a écrit le 01/03/2017 à 13:02 :
C'est un organisme d etat ,des gens payés à rien a faire pour rester poli leurs enquetes sont complètement bidons et orienté dans le sens du vent.il reste quand même beaucoup de privilégiés dans ce pays quand on regarde la misère dans laquelle se trouve les 2 tiers des français.le jour où toutes ces institutions totalement inutiles et meme largement nuisible au budget de l etat seront fermés les francais devraient voir les taxes et impots fondre.mais les irresponsables de politiciens avec toute leurs lâchetés ne sont pas près d y remédier
a écrit le 01/03/2017 à 11:56 :
graphique tout a fait logique. la pemiere classe d age sont les gens ne en 47 -> 15 ans en 62, fin de la guerre d algerie, periode ou partir en vacances etait un luxe et quasi personne avait de voiture. Ils ont beneficie a fond de l expension en france et se retrouvent aujourd hui souvent a la tete d un patrimoine important (au moins residence principale, voire secondaire ), une retraite confortable et des soins medicaux quasi gratuit.
A l opposé, les gens né en 1984 ont des parents qui risquent le chomage, se retrouvent a devoir faire des etudes longues pour eviter le chomage. et meme avec un bon diplome, ils doivent engloutir 50 % de leurs salaire pour se loger :-(
Pire vu l etat de l economie francaise, il savent bien que les perspectives sont mauvaises: effondrement de l industrie, dette a resorber, systeme social (retraite+secu) a bout de souffle
a écrit le 01/03/2017 à 10:46 :
La crise que nos décideurs nous cachent se fait sentir par tout le monde, mais nos décideurs eux ne la connaissant jamais la crise ne peuvent pas voir que ce pessimisme légitime face à un système inégalitaire et inhumain, est en train d'anéantir leur propre système.

Les imbéciles sont en train de scier l'énorme branche sur laquelle ils sont assis parce que du coup dans la tête des gens qui voient bien que l'avenir ne passera plus forcément par le travail ça cogite énormément.

Nous autres créateurs du réel sommes obligés de nous adapter rapidement aux dramatiques conséquences des incompétences et compromissions de nos décideurs économiques et politiques.

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