L'Insee vient de publier une étude qui montre que de moins en moins de Français pensent que leur situation s'est améliorée par rapport à celle de leurs parents. Entre 2005 et 2011, "la part des personnes déclarant une amélioration s'est en effet réduite de six points sur cette période (de 60% à 54%). Parallèlement, celle des personnes ressentant une dégradation a augmenté de cinq points (de 20% à 25%)". Les auteurs de l'étude notent que cette détérioration "est sans doute pour partie imputable à la crise économique débutée en 2008".
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De forts contrastes apparaissent entre les différentes tranches d'âges interrogées pendant l'enquête de l'Insee. Les générations les plus anciennes ont plus de chances de ressentir une amélioration de leur situation financière par rapport à leur famille que les générations les plus récentes.
Par exemple, 67% des personnes âgées de 60 ans en 2011 ont ressenti une amélioration de leur situation contre seulement 41% de ceux qui ont eu 30 ans en 2011. Pour les experts, cette variation à la baisse peut s'expliquer en partie parce que les générations anciennes ont en effet "connu plus d'années de forte croissance depuis leur adolescence, d'une part, parce que la période de leur adolescence est plus lointaine et, d'autre part, parce que la croissance était plus forte au début de leur vie active que pour les jeunes générations".
Les auteurs de l'enquête ont également travaillé sur les réalités de l'ascenseur social en France et la reproduction des situations financières entre les membre d'une famille. Selon les chercheurs, la situation financière des parents à l'adolescence joue un rôle important sur la situation financière actuelle, aussi bien réelle que ressentie.
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Il y a également un lien entre la situation financière des parents et celle des enfants. 59% des personnes interrogées "dont les parents joignaient très difficilement les deux bouts ont un niveau de vie inférieur à la médiane ; cette proportion n'est que de 44 % pour les personnes dont les parents ne rencontraient aucune difficulté pour payer les dépenses nécessaires".
Pour tenter d'expliquer de tels contrastes, les auteurs s'attardent sur le niveau de diplômes. "Une personne diplômée de l'enseignement supérieur a un niveau de vie plus élevé de 46 % qu'une personne non diplômée." Par ailleurs, c'est surtout le niveau d'éducation du père qui a un fort impact sur la réussite scolaire et le niveau de diplôme atteint par l'enfant. "Toutes choses égales par ailleurs, une personne dont le père est diplômé du supérieur a cinq fois plus de chances d'être elle-même diplômée du supérieur qu'une personne dont le père est sans diplôme." Le niveau d'éducation de la mère joue également un rôle dans le parcours scolaire des enfants mais il est moindre : "Voir une mère diplômée du supérieur multiplie par trois les chances d'obtenir un diplôme du supérieur par rapport à une personne dont la mère est sans diplôme."
Le poids du diplôme des parents dans le parcours scolaire des enfants peut s'expliquer par le fait que les parents les plus diplômés accordent souvent plus de temps pour accompagner leurs enfants dans les devoirs scolaires, les aident dans leur orientation et jouent un rôle important dans le choix des établissements scolaires.
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