Lits «à la demande», Ehpad, télémédecine : les engagements du Ségur de la santé

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(Crédits : POOL New)
4 000 lits « à la demande », réduction de la part de la tarification à l'activité et accélération de la téléconsultation : le Ségur de la santé s’est conclu par l’annonce par le gouvernement d’une trentaine de mesures pour « accélérer la transformation du système de santé ».

33 : c'est le nombre de mesures dévoilées par le ministre de la Santé, Olivier Véran, lors des conclusions des six semaines de concertation du Ségur de la santé. Parmi elles, une enveloppe de 50 millions d'euros pour créer 4 000 lits « à la demande » dans les hôpitaux dès cet hiver. Cela permettra « de prévoir l'ouverture ou la réouverture de lits dans les structures selon les besoins » pour que les établissements puissent « s'adapter à la suractivité saisonnière ou épidémique », a déclaré le ministre.

Cette demande constitue une revendication récurrente des soignants, qui rappellent les nombreuses fermetures de lits ces dernières années. Selon les derniers chiffres officiels, quelque 4.200 lits d'hospitalisation ont été supprimés en 2018 en France, où les 3 042 hôpitaux et cliniques disposaient exactement de 395.670 lits en fin d'année.

Pour l'hôpital public, Olivier Véran a également insisté sur la nécessité de « mettre fin » au « mercenariat » de l'intérim médical, qui a « donné lieu à trop d'abus, trop longtemps », proposant de faire « bloquer par les comptables publics les rémunérations dépassant le plafond réglementaire » ou de permettre aux agences régionales de santé (ARS) de dénoncer les abus devant les tribunaux administratifs.

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Une enveloppe de dotation sera mise à disposition des établissements pour « accélérer la réduction de la part de T2A », la très décriée tarification à l'activité, dans le financement des hôpitaux. Pour booster le développement des téléconsultations, le dispositif mis en place pendant la crise du Covid sera prolongé, et le principe de connaissance préalable du patient avant une téléconsultation sera assoupli.

L'objectif est de « libérer les établissements de santé et personnels d'un certain nombre de contraintes » ainsi que de « redonner du pouvoir d'initiative et de décision à celles et ceux qui soignent », a résumé Nicole Notat, l'ancienne numéro 1 de la CFDT qui a animé la concertation.

6 milliards d'euros pour le système de santé

La semaine passée, lors de son discours de politique générale, le Premier ministre Jean Castex avait promis d'investir six milliards d'euros dans le système de santé. Ainsi, 2,1 milliards seront consacrés « sur cinq ans » à la transformation, la rénovation et l'équipement dans les établissements médico-sociaux, dont les Ehpad qui accueillent les personnes âgées. « Au moins un quart des places en Ehpad pourront être rénovées, accessibles et conformes à la rénovation énergétique », a promis Olivier Véran.

Quelque 2,5 milliards d'euros seront par ailleurs engagés « sur cinq ans » pour permettre « des projets hospitaliers prioritaires et des investissements ville-hôpital ». 1,4 milliard d'euros sera en parallèle consacré à combler « sur trois ans » le « retard sur le numérique en santé ».

Cette enveloppe de six milliards d'euros s'ajoute à la reprise de la dette hospitalière à hauteur de 13 milliards d'euros, aux 8,1 milliards prévus dans les « accords de Ségur » pour les salaires et les revalorisations de métiers et aux 15 000 embauches promises à l'hôpital.

Lire aussi : Ségur de la santé : le gouvernement promet 6 milliards d'euros pour les salaires à l'hôpital et en Ehpad

« On semble sortir d'une logique purement comptable, aussi bien dans la gestion des lits que dans la gestion des établissements, la gestion des hommes et des femmes qui font l'hôpital, pour aller vers une approche beaucoup plus pragmatique », s'est réjoui après les annonces le président de la Fédération hospitalière de France (FHF, hôpitaux publics), Frédéric Valletoux. Les propositions sont « de nature à faire bouger les lignes d'un système de santé qui aujourd'hui est traversé par de nombreux dysfonctionnements ».

La concertation ne s'arrêtera pas à ces accords de Ségur et se poursuivra au niveau des territoires, a promis Olivier Véran, avec également un comité de suivi rassemblant l'ensemble des acteurs.

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a écrit le 22/07/2020 à 18:13 :
Aucune réforme sur les 32 h des chu contre 39h clinique, aucune réforme sur l'absentéisme culturel des agents hospitaliers, aucune reforme sur la gestion calamiteuse R.H., aucune réforme sur la fermeture d'un service dont la maladie n'est plus d'actualité pour renforcer les services en surcharge... Même problème que les enseignants du publics... Que des rustines aucune grande réforme de la fonction publique ruineuse par sa mauvaise gestion depuis des années... Passez votre chemin il n'y a rien avoir...
a écrit le 22/07/2020 à 15:34 :
et combien de fois ce monsieur nous a dit et répéter que le port du masque ne servais a rien
le constat est sa démission
comme toujours il n'est pas que menteur il manipule les informations
pour son intérêt personnel
pas pour la France et les Français mais pour sa petite personne
quand il faut arrêter de prescrire un médicament il prend des initiative rapide
mais pour les masques il lui faut plus de trois mois
combien nous ont quitté pour son incompétence a réagir
a écrit le 22/07/2020 à 13:55 :
Lits à la demande : comprendre suppression de lits, quitte à en rouvrir en catastrophe. L'argument non dit de Veran est implacable : les hospitaliers ont su le faire une fois, ils sauront bien le refaire. Confère l'ARS Grand Est, en particulier à Mulhouse
C'est en partie grâce à ça qu'on revalorise les grilles salariales
a écrit le 22/07/2020 à 10:37 :
Les EHPAD oui bien sûr, on en parle, comment expliquer les plus de 10 000 morts qui ont eu lieu dans leurs établissements ? A qui la faute quand ces établissements étaient clos et que les familles ne pouvaient pas rentrer ? Bon c'est bien distribuez des primes aux responsables, ils le méritent bien (hic)
a écrit le 21/07/2020 à 20:47 :
Et le financement de la dépendance ! Rien. On reste au Moyen-Age. Ça se voit que ce sont des riches qui décident et en faveur des riches ! Tout le monde n'a pas les moyens de se payer l'Ehpad ! Nous faudra-t-il oublier nos parents sur les aires d'autoroutes ou dans les bois ?
Réponse de le 22/07/2020 à 19:07 :
Malheureusement, ils ont bien une stratégie pour les vieux, en vigueur depuis 2003. Mais elle n'est pas politiquement correcte. C'est pour cela qu'ils ne peuvent pas la dire. Ils avaient fondé de grandes espérances sur le covid-19, mais ça finit par se voir...
Les instructions (orales) dans le secteur médical depuis 2017 sont que les vieux ne sont pas prioritaires, surtout aux urgences, sauf en cas d'accident cardiaque (source : SAMU départemental)
a écrit le 21/07/2020 à 20:38 :
Rien pour le financement de la dépendance des personnes âgées. Les femmes pauvres ne pourront pas s' émanciper de l'asservissement que constitue l'assistance aux personnes âgées qui n'ont pas les moyens de payer l'EHPAD. Les politiques, ils sont des hommes, rechignent à créer la 5eme branche de la sécurité sociale.
a écrit le 21/07/2020 à 17:00 :
qui des revalorisations de grilles salariales ? Pour certains métiers en tension, les grilles ne sont pas du tout compétitives à l'hôpital.
a écrit le 21/07/2020 à 15:08 :
Tout ceci coûte de l'argent. Qui va payer ? Je me doute bien que le con-sommateur, le con-tribuable sera appelé en comblement de passif. Quant à finir dans un Ephad même rénové... Dieu, le Diable, voire n'importe quelle divinité (pas Allah quand même !) m'en garde.
a écrit le 21/07/2020 à 14:56 :
"Parmi elles, une enveloppe de 50 millions d'euros pour créer 4 000 lits « à la demande » "


En ayant déjà supprimé 4000 lits sous l’ère macron,ah,ah.
a écrit le 21/07/2020 à 14:01 :
"quelque 4.200 lits d'hospitalisation ont été supprimés en 2018" il parait que quand un "chef hospitalier" part, les lits sont fermés, c'est parfois par effet domino, parce que des lits c'est bien en soi mais il faut du personnel pour les gérer (c'est pas des places de parking :-) ). 1000 lits de plus sans le personnel c'est stérile/inutile/vain.
Réponse de le 21/07/2020 à 15:46 :
Pas d'inquiétude, les hôpitaux vont prendre exemple sur les hôpitaux militaires, bientôt ce seront pas les lits que fermeront mais les hôpitaux eux même... Faut bien trouver de l'argent pour financer le train de vie de nos dirigeants politiciens... Entre installer une piscine pour 2 semaines et fiancer cela par la fermeture ou 5€ d'APL en moins et ne pas avoir de piscine il a choisi.
a écrit le 21/07/2020 à 13:56 :
Pourquoi toujours cette impression de gens qui moulinent dans le vide mais étant systématiquement contents de nous l'annoncer via la pravda privée toujours enthousiaste des décisions de la classe dirigeante ?

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