Livret A : les effets post-Covid continuent à affecter l'épargne des Français

 |   |  484  mots
(Crédits : CC0 Creative Commons/Pixabay.)
La moisson d'épargne toujours soutenue en mai pour le Livret A.

Le Livret A a encore engrangé presque quatre milliards d'euros d'épargne en mai, après avoir déjà battu des records en avril avec une collecte de plus de cinq milliards, selon des chiffres publiés mardi par la Caisse des dépôts.

En mai, la collecte nette réalisée par ce placement − très populaire, défiscalisé et accessible à tout moment − a atteint 3,98 milliards d'euros précisément, un montant record pour ce mois, après 5,5 milliards un mois plus tôt.

Une collecte nette de plus d'1 milliard

Le Livret de développement durable et solidaire (LDDS), qui contribue au financement de l'économie sociale et solidaire, n'a pas non plus été en reste avec une collecte nette de 1,16 milliard d'euros. En avril, il avait enregistré une collecte historiquement élevée de près de deux milliards d'euros.

Au total, la collecte nette totale moissonnée par le Livret A et le LDDS réunis s'est élevée en mai à plus de 5 milliards d'euros. Cumulé sur les cinq premiers mois de l'année depuis janvier, elle a atteint déjà plus de 22 milliards d'euros, contre 13,7 milliards sur la même période en 2019. Cette activité très soutenue a porté fin mai l'encours total d'épargne placée sur les deux produits à 433,4 milliards d'euros, dont 316 milliards pour le seul Livret A.

Cet embellie n'est pas le résultat d'une rémunération attractive : le taux de rémunération du Livret A et du LDDS a été abaissé en février de 0,75% à 0,5%, soit son plus bas niveau historique.

Une épargne forcée

En France, les mesures sanitaires mises en place pour lutter contre le Covid-19 ont entraîné la fermeture pendant plusieurs semaines des commerces non-essentiels, empêchant de facto les ménages de consommer.

À cette épargne forcée s'est ajoutée une autre épargne, volontaire celle-ci, placée en réserve par certains ménages inquiets.

À cet égard, le mois de mai a été un mois d'entre-deux avec 11 jours de confinement suivis de 20 jours de déconfinement.

"La réouverture des commerces aurait pu conduire les ménages à sortir de l'argent du Livret A pour réaliser les achats qui avaient dû être reportés. Il n'en fut rien. Le côté épargne a prévalu sur celui de la consommation", souligne Philippe Crevel, directeur du Cercle de l'épargne.

"Les ménages auraient pu laisser leur argent sur leurs comptes courants. Ce choix (des Livret  A et LDDS) témoigne de la volonté de renforcer l'épargne de précaution, de se créer une cagnotte constituant une réserve en cas d'imprévu", ajoute cet analyste, estimant que cette situation "illustre un fort niveau d'inquiétude".

Selon lui, "les menaces pesant sur l'emploi et sur les revenus expliquent ce comportement de prudence" et "Le dégonflement de la +cagnotte+ suppose la restauration d'un climat de confiance".

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 24/06/2020 à 20:31 :
Les français sont obligés d'économiser comme des malades pour faire face aux dépenses liées à la dépendance des parents âgés qui percoivent une retraite inferieure a 2800€.
a écrit le 24/06/2020 à 13:20 :
"(LDDS), qui contribue au financement de l'économie sociale et solidaire" en théorie , je crois, les détails sont moins percutants que le titre ronflant de ce livret (politiquement correct)... Comme le Livret A, que pour les HLM, ben non, il faut diversifier les usages, quand y a 'trop' d'argent collecté.
a écrit le 24/06/2020 à 9:57 :
il est besoin que le peuple ignore beaucoup de choses vraies et croit beaucoup de fausses

mépriser les pauvres ! voila que.....
a écrit le 24/06/2020 à 9:00 :
tout à fait d'accord avec touloutte (ci-dessous). Tout les placements sont fiscalisés pour les petits épargnants, ils ne reste que le livret A et le Ldd. La flambée des prix inexpliquée réduit les achats superflus. A cette heure, il semble que tout est fait pour asservir le peuple.
a écrit le 23/06/2020 à 22:34 :
L'analyse est simpliste, car il n'y aucune information sur l'origine des fonds.
Quid des sorties précipitées de la bourse et/ou de l'assurance-vie pour se repositionner sur un placement plus sûr ?
Les économies réalisées par les français en raison de la fermeture de certain commerce n'ont-elle pas été compensées par un surcroît de dépenses dans l'alimentaire, en raison de la flambée des prix (+17% en moyenne sur les légumes par exemple) et par un nombre de repas pris au domicile en forte hausse ?
Réponse de le 24/06/2020 à 13:27 :
si les prix augmentent, vos économies baissent, elles devraient donc être plus élevées ? Manger chez soi c'est moins cher qu'au restau ou plus ? Quand y a pas de subventions bien sûr.
L'Assurance-Vie si vous n'avez pas de produits "risqués", c'est un fleuve tranquille, même avec 2% de rendement annuel voire moins, les dettes de l'Etat c'est du solide, hors panique (tout va s'écrouler ! même le Livret A ?). Les produits risqués, les vendre en baisse c'est figer la perte, sur le long terme c'est censé remonter sauf si c'est pas un placement que vous faites pour les 10-20 ans à venir (retraite proche par ex), là, le contexte est différent. Des milliardaires perdent parfois un milliard pendant le week-end, virtuellement, la valeur d'une action a baissé, mais sur la durée ça remontera, sauf malchance. :-)

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :