L’Assurance maladie va devoir réaliser 1,7 milliard d’euros d’économies supplémentaires d’ici à la fin de l'année 2025.
Reuters
Face à la menace de voir le système de protection sociale s’effondrer faute d’argent suffisant, l’écrasante majorité des ménages préconise d’intensifier la lutte contre les abus et la fraude aux prestations sociales.
Les chiffres sont alarmants. En 2024, le déficit de la Sécurité sociale s'est élevé à 15,3 milliards d'euros. Cette année, le trou budgétaire « devrait de nouveau fortement augmenter et atteindre 22,1 milliards d'euros », a prévenu la Cour des comptes en mai. La facture finale devrait même être supérieure à cette prévision car elle repose sur une hypothèse de croissance de 0,9 % en 2025. Et ce, alors que l'Insee anticipe désormais une progression de 0,6 % de l'activité économique.
Dans ce contexte dégradé, la ministre du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles, Catherine Vautrin, a annoncé le 25 juin à l'Assemblée nationale un effort de 1,7 milliard d'euros sur les dépenses de santé. « Nous avons parfaitement conscience des efforts demandés à chacun, mais nous jouons la pérennité du modèle social », a-t-elle indiqué.
Mais qu'en pensent les Français ? Eux qui sont si attachés à la Sécurité sociale. Quelle serait, selon eux, « la meilleure solution » pour « assurer à l'avenir la sauvegarde du système de protection sociale » ? L'Ifop leur a posé la question dans une enquête* publiée le 30 juin pour le Centre d'études et de connaissances sur l'opinion publique (Cecop), à l'initiative du Cercle de l'épargne.
Intensifier la lutte contre la fraude sociale
Pour une écrasante majorité des personnes interrogées (80 %), la « meilleure solution » réside dans le renforcement de « la lutte contre les abus et fraudes dans les prestations sociales ». Une aspiration comprise par l'ancien Premier ministre, Gabriel Attal, dès juin 2023 lorsqu'il avait lancé un plan de « lutte contre toutes les fraudes aux finances publiques » durant son passage à Bercy.
Presque deux ans plus tard, le 14 mars, l'actuelle ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin a dévoilé les premiers résultats sur le volet social. « Alors que les montants de fraudes détectées n'atteignaient que 600 millions d'euros en 2012 et 1,2 milliard en 2020, les fraudes détectées et redressées en 2024 sont estimées à hauteur de 2,9 milliards d'euros dans le champ des organismes de sécurité sociale », a fait savoir Bercy. Un chiffre certes en progression, mais qui paraît plutôt faible au regard des seules dépenses de l'Assurance maladie, fixées à 265,9 milliards d'euros dans la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2025.
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