Lutte contre la pauvreté : les appels des parlementaires se multiplient

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(Crédits : Reuters)
Le député et porte-parole du PS Boris Vallaud a appelé ce vendredi le gouvernement à ouvrir le RSA aux jeunes de 18 à 25 ans, en plaidant pour une "réponse sociale forte" afin de tenter d'endiguer une "pauvreté qui explose" avec la crise du Covid-19. De son côté, le député et ex-"marcheur" Aurélien Taché et son nouveau mouvement "Nous demain" ont réclamé vendredi à l'exécutif la mise en œuvre d'une véritable "politique du chiffre" en matière de lutte contre la pauvreté, à quelques heures de nouvelles annonces gouvernementales.

"La réponse sur le terrain de l'urgence sociale est assez dérisoire" de la part du gouvernement, alors que "le pire est à venir" pour "nombre d'entreprises et de Français", estime M. Vallaud dans un entretien aux Echos.

Ouverture du RSA aux jeunes de 18 ans

Il appelle ainsi à mettre en place un "minimum jeunesse" par l'ouverture du RSA aux jeunes à partir de 18 ans - il n'est aujourd'hui accessible qu'à partir de 25 ans. "Le gouvernement l'a exclu, ce qui va laisser des centaines de milliers de jeunes dans un état d'abandon", assure M. Vallaud.

"Dans les décisions qu'il prend, le gouvernement oublie les petits", insiste le député des Landes qui se prononce également pour une hausse durable du RSA et de l'allocation de solidarité spécifique (ASS), et non d'une aide exceptionnelle, telle que le gouvernement l'a prévue, une "aumône" selon le député.

Cette aide annoncée par Emmanuel Macron mercredi soir sera de 150 euros pour les bénéficiaires du RSA et de l'ASS (chômeurs de longue durée), plus 100 euros par enfant qui seront également octroyés aux bénéficiaires des aides au logement.

Pour que la jeunesse puisse "s'inventer à nouveau un avenir", le groupe PS à l'Assemblée nationale va ouvrir "dans quelques jours" une "consultation" pour la mise en place d'une dotation de 5.000 euros "pour tous les jeunes à 18 ans" et "la généralisation d'un revenu de base dégressif en fonction des revenus", indique aussi le porte-parole du PS.

Il estime également qu'il faut "aller au-delà" du Ségur de la santé, favoriser la cantine gratuite et la distribution de "chèques rebond pour soutenir le pouvoir d'achat".

Quant au couvre-feu dans les métropoles, s'il "espère qu('il) sera efficace", M. Vallaud pointe "le risque qu'il ne soit pas respecté". "Tout cela donne quand même le sentiment d'une perte de contrôle" de la part du gouvernement, ajoute-t-il.

"Il faut imposer une politique du chiffre"

"Ce n'est pas contre l'insécurité mais contre la pauvreté qu'il faut imposer une politique du chiffre et des obligations de résultat!", plaide le député du Val-d'Oise, Aurélien Taché dans un communiqué.

Comme la gauche, il dénonce "l'insuffisance des mesures" de l'exécutif contre les effets de la crise économique provoquée par l'épidémie de Covid-19 sur les publics les plus précaires.

"Malgré les milliards pour les entreprises, il n'y aura pas assez de travail pour chacun dans les mois qui viennent. Relancer oui, mais protéger d'abord", juge-t-il.

aurélien taché

Le député Aurélien Taché dans les couloirs de l'Assemblée nationale en mai dernier. Crédits : Reuters.

Le gouvernement, qui est en train de faire voter au Parlement un plan de relance de 100 milliards d'euros, a dévoilé de premières mesures en faveur des ménages les plus pauvres, au moins 150 euros d'aide pour les bénéficiaires du RSA et 100 euros pour ceux des APL (aide au logement) avec enfant.

M. Taché plaide en faveur d'un "plan pauvreté alternatif" et propose d'augmenter les minima sociaux au niveau du seuil de pauvreté, ce qui permettrait à environ cinq millions de personnes de bénéficier d'un complément de revenus estimé en moyenne à 150 euros, selon l'entourage du député.

Pour les jeunes, il veut la création d'un "revenu universel accessible sous conditions de ressources" pour les jeunes majeurs, et l'abandon de la réforme des APL. Le PS souhaite pour sa part ouvrir le RSA dès 18 ans. M. Taché et "Nous demain" demandent en outre un "moratoire" sur les intérêts de crédit immobilier et à la consommation pour les personnes licenciées ou en chômage partiel.

En matière de logement, ils réclament une "assurance loyer universelle" pour permettre à tous d'accéder à un logement "sans discrimination". Accroissement du nombre de logements universitaires, revalorisation des bourses, et renforcement des moyens pour l'éducation prioritaire mais aussi en zone rurale complètent la batterie de mesures sociales préconisées.

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