La pauvreté au travail augmente en Europe

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(Crédits : Reuters)
Les inégalités sociales, y compris la pauvreté au travail, se sont creusées après la crise économique de 2008, selon les conclusions d’une étude commandée par l’ONG Solidar. Un article de notre partenaire Euractiv.

Alors que le nombre de personnes menacées de pauvreté ou d'exclusion sociale a diminué dans l'UE au cours des dix dernières années, « entre 2010 et 2017, le nombre de personnes souffrant de pauvreté au travail a augmenté, passant de 8,3 % à 9,4 % », selon l'étude. Le chômage a chuté, mais reste élevé et la qualité des emplois créés ne progresse pas. Les salaires ont stagné et l'emploi est devenu plus précaire, notamment en raison de la prédominance de modalités de travail non traditionnelles (temps partiel, contrats « zéro heure », plates-formes...). « Lorsque nous parlons de réduction du chômage, c'est une bonne nouvelle, mais il faut regarder quels types d'emplois ont été créés », a déclaré Nicolas Schmit, futur commissaire à l'emploi et aux droits sociaux lors de la présentation du rapport au Parlement européen.

« Ce que les statistiques disent, c'est que les gens ont un emploi. Mais elles ne précisent pas qu'ils souffrent dans le cadre de ce travail », a-t-il souligné. La flexibilité croissante dans le monde du travail a également affecté la couverture offerte par les systèmes de protection sociale. « Les interruptions dans les périodes d'emploi entraînent également une suspension des cotisations sociales », indique le rapport. « Nous devons revenir à une économie sociale de marché », a soutenu Nicolas Schmit, « nous devons construire une nouvelle économie moderne du XXIe siècle et nous ne pouvons pas le faire avec les conditions de travail et les conditions sociales du XIXe siècle », a-t-il ajouté.

Écarts entre les générations et entre les sexes.

L'étude montre en outre que les inégalités socio-économiques se reflètent dans l'accès aux soins de santé. Les travailleurs atypiques, les Roms et les migrants apparaissent comme les groupes les plus vulnérables. Dans certains pays, les citoyens des zones rurales sont également particulièrement concernés. Les difficultés que les gens rencontrent dans de nombreux pays d'Europe pour accéder à des logements abordables et de qualité, en particulier dans les centres urbains et les lieux très touristiques, constituent un autre problème mis en évidence par le rapport. « S'attaquer au problème du prix des logements doit être une priorité », a déclaré Agnes Jongerius (Pays-Bas, S&D), membre de la commission de l'emploi et des affaires sociales du Parlement européen. « Nous devons parler du problème des sans-abri, de la crise du logement. Nous devons dire clairement que les gouvernements n'agissent pas pour leurs citoyens », a-t-elle insisté.

L'étude met également en exergue un autre problème majeur : les écarts entre les générations et entre les sexes. La discrimination dans l'accès au marché du travail et l'écart de rémunération entre les hommes et les femmes — 16 % en moyenne en Europe — représentent des défis importants pour les travailleuses. Les jeunes sont confrontés à leurs propres difficultés, car le système éducatif ne leur fournit pas les compétences requises et tend à reproduire les inégalités socio-économiques. Les contrats et les conditions de travail des jeunes travailleurs ont empiré par rapport à ceux de la génération précédente.

Un semestre européen plus social

Les économies européennes se remettent de l'impact de la crise qui a frappé le continent en 2008. Le tableau dressé par l'étude est cependant loin d'être idéal, car les inégalités sociales et les emplois précaires figurent parmi les enjeux les plus urgents de l'Union. En 2017, la Commission a mis en place le pilier européen des droits sociaux, qui doit permettre d'œuvrer à une Europe plus sociale. Mais en 2014 déjà, des indicateurs sociaux ont été introduits dans le semestre européen, le principal outil d'évaluation de la situation économique dans les États membres, afin de suivre les progrès.

« Nous considérons que dans les recommandations spécifiques par pays, il y a encore trop d'indicateurs macro-économiques et pas assez d'objectifs sociaux », a cependant souligné Conny Reuter, secrétaire général de SOLIDAR, soulignant l'échec à placer ces derniers au cœur des recommandations. « Nous avons une procédure pour le déséquilibre macroéconomique, mais pas pour le déséquilibre social », a renchéri Giovani Casale, responsable politique à la Confédération européenne des syndicats.

Le futur commissaire à l'emploi et aux droits sociaux, Nicolas Schmit, a salué le travail accompli par la Commission Juncker et a affirmé que la principale difficulté demeurait la mise en œuvre des recommandations concrètes. « C'est l'appropriation des normes qui pèche », estime Nicolas Schmit, « vous pouvez avoir de bonnes recommandations, mais leur concrétisation laisse à désirer ». Le commissaire désigné a souligné la nécessité d'assurer la participation de la société civile, des partenaires sociaux et des gouvernements au processus semestriel afin de garantir que les initiatives proposées soient mises en œuvre de manière satisfaisante. Nicolas Schmit a évoqué le recours au Fonds social européen afin de financer les réformes nécessaires, également dans le domaine des services sociaux. « Il faut investir de l'argent », a-t-il soutenu. L'instrument budgétaire de la zone euro, a-t-il ajouté, « devrait également constituer un moyen de soutenir les réformes dans le secteur social ».

« Il est important que la politique sociale ne se développe pas de manière isolée », a déclaré László Andor. L'ancien commissaire européen chargé de l'emploi, des affaires sociales et de l'inclusion a expliqué qu'il était nécessaire de réunir les affaires sociales et la finance « pour orienter la politique économique dans une direction plus progressiste et ne pas simplement avoir à faire face aux conséquences de mauvaises décisions en matière de politique économique ». Pour l'Allemande Katrin Langensiepen (Verts/ALE), vice-présidente de la commission de l'emploi et des affaires sociales du Parlement, « la transformation socioécologique de l'Europe doit avoir la même importance que sa croissance économique ». « Si nous voulons effectuer cette transition dans notre économie », a ajouté Nicolas Schmit, « nous devons associer les politiques environnementales et sociales, elles doivent aller de pair ». Et tout cela doit être intégré dans le semestre européen, « que nous allons devoir fondamentalement modifier ».

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Par Beatriz Rios, Euractiv.com (traduit par Sandra Moro)

(Article publié le jeudi 14 novembre 2019)

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Commentaires
a écrit le 16/11/2019 à 15:51 :
Travailler plus pour ne gagner presque rien
Réponse de le 16/11/2019 à 18:44 :
Ne «  plus » travailler... va forcément vous faire gagner «  rien »😁
a écrit le 15/11/2019 à 17:20 :
Jour après jour, par tranches et inexorablement l' UE "grécise" ses peuples, il n' y aura pas de solution sans Frexit, UPR, vite..
a écrit le 15/11/2019 à 15:11 :
"La pauvreté au travail augmente en Europe"

Certain y échappe :

La PDG de la RATP justifie son augmentation de salaire de 50 000 euros
La hausse de salaire de 12,5 % de Catherine Guillouard fait réagir les syndicats. La dirigeante assure que sa rémunération se situe au niveau de celle des autres patrons d’entreprises de transport.
Réponse de le 15/11/2019 à 20:42 :
Sur ces salaires hauts l’état perçoivent combien par tranche ?

L’état préfèrent des salaires hauts pour percevoir taxes et impôts et cotisations car la base est importante.

Enfaite pour la justice sociale ce qui manque en France
c’est une valorisation du smic à 1500 euros net dont 450 euros ( en cotisation patronale)réduit pour l’employeur pour booster les embauches CDI.
Réponse de le 16/11/2019 à 17:59 :
"Sur ces salaires hauts l’état perçoivent combien par tranche ?"

L’état et l'actionnariat c'est pareil, les opposer à l'ère d'internet dans lequel on a des milliers de preuves est grotesque. Privé et public sont les deux faces d'une même pièce.

La nuance c'est qu'en europe c'est le privé qui influence le plus l'ensemble tandis qu'aux états unis c'est le public.
a écrit le 15/11/2019 à 14:08 :
La pauvreté au travail augmente en Europe

la France elle c'est la misère qui se répand

l'Europe est un naufrage pour les citoyens c'est le Titanic politique.

Bruxelles c'est le Concordia mafia

il est venu le moment de dissoudre bruxelles et de transformer les batiments de bruxelles en logements pour les miséreux
a écrit le 15/11/2019 à 13:49 :
"mais il faut regarder quels types d'emplois ont été créés », a déclaré Nicolas Schmit,

Que vous avez crées chère commission :loi hartz, loi travail et compagnie ,c'est bien vous, non ? , jusqu'à l'imposer par un 49.3 aux salariés en France .
a écrit le 15/11/2019 à 13:01 :
"Les économies européennes se remettent de l'impact de la crise qui a frappé le continent en 2008" : ben non justement ! Il y a longtemps que les États, les banques & assurances, les multinationales & les grandes entreprises (et dans le paquet toute leur classe dirigeante) sont sortis avec peu de dommage au final de la crise de 2008. Seulement comme il faut bien que quelqu'un paie, ben on a refilé la patate radioactive aux travailleurs, aux retraités, aux jeunes, bref à toute la classe moyenne et basse de la population qui depuis patauge toujours dans la fange des restes de cette crise !!
Réponse de le 15/11/2019 à 14:28 :
@Aerolithe
Il en a toujours été ainsi, il est plus rentable de faire payer, même peu, mais si possible ...le plus possible.. des millions de personnes
plutôt que des centaines de riches.
Ce sont d'ailleurs ces mêmes riches qui imposent cette règle du jeu...ils sont les premiers à en bénéficier.
Pour changer cette règle du jeu, il n'y a pas d'autre choix que la Révolution pour un changement radical. La voie démocratique est impuissante, systématiquement dévoyée. Autant dire que ce n'est pas prêt de changer tout de suite !
a écrit le 15/11/2019 à 12:55 :
C'est marrant que l'on fasse comme si de rien n'était !!! le programme de l’Europe était l'appauvrissement dans le but d'avoir un système qui du nord au sud de l'est a l'ouest, avoir des régiments de pauvres pour peser sur la conditions des gens.

Et faire croire que le but de l’Europe était tout autre, il faut avoir eu a connaître plusieurs pays européens pour comprendre que c'était un objectif qui ne pouvait se dire.

Après on peut avoir l'air surpris, Mais ayant moi même anticiper la chose, la prochaine chose a anticiper sera lié directement aux taux négatifs, a votre avis, quels sont les objectifs, vous faire payer un max par le truchement de la banque centrale qui offre en fait non plus sur le travail, mais sur la rente des banques, un objectif qui permet a la fin d'arriver a cette situation.

C'est pourquoi mon conseil, c'est de ne pas laisser votre argent sur votre compte, cela vous coûtera d'ici peu pas mal sur l'année !

Anticipez ! donc ou vous le constaterez sans doute dans moins de deux ans !
a écrit le 15/11/2019 à 12:49 :
ALors là pas besoin des statistiques pour qu'on le voit, les gens travaillent de plus en plus pour gagner de moins en moins. A la campagne c'est 39h payées au smic sachant qu'en plus il faut 200 euros de carburant, sans compter l'entretien du véhicule.

La finance, antithèse de la valeur travail en a éradiqué l'intérêt.
a écrit le 15/11/2019 à 12:46 :
"se sont creusées après la crise économique de 2008"
une autre crise va arriver, pire parait-il, ça promet, non ? Sauf qu'on ne sait pas trop par où elle va arriver, mais elle arrivera, c'est "intrinsèque "au capitalisme, d'après les connaisseurs du domaine.

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