Macron "assume" sur les carburants, mais promet de faire un geste
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carburant, essence, diesel
Pixabay / CC
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Engagé dans un vaste marathon dans l'est et le nord de la France pour commémorer le centenaire de la Première Guerre mondiale, le chef de l'État Emmanuel Macron a dit "assumer parfaitement" l'augmentation de la fiscalité sur le diesel et l'essence, tout en ouvrant la porte à des modalités d'accompagnement par l'Etat - des "solutions d'innovantes" -, dans des interviews publiées ce lundi dans plusieurs journaux de la presse quotidienne régionale.
Dans l'entourage du président, on confirme que le gouvernement envisage des mesures pour les personnes "les plus fragiles et les plus contraintes par la voiture". Signe d'une certaine agitation au sein de l'exécutif, une réunion interministérielle s'est d'ailleurs tenue dans la matinée sur le sujet, selon des sources gouvernementales concordantes. Si rien n'est encore établi à ce stade, Emmanuel Macron a néanmoins laissé entendre qu'il souhaitait défiscaliser l'aide de 20 euros par mois accordée par le conseil régional des Hauts-de-France aux habitants qui sont contraints de faire plus de 30 km en voiture par jour pour aller travailler.
Pour autant, selon une information de nos confrères de Franceinfo, le gouvernement n'aurait pas l'intention de généraliser à l'ensemble de la France ce "chèque-carburant" de 20 euros par mois. Des arbitrages seraient toujours en cours à Matignon.
Emmanuel Macron doit s'exprimer mardi sur Europe 1 dans une interview qui portera sur les "enjeux des territoires français en difficulté économique", qui sera réalisée lundi soir à Verdun et diffusée mardi matin à 07h40.
Emmanuel Macron cédera-t-il face à la grogne des "gilets jaunes" ? En tout cas, chez nos confrères de BFMTV, le ministre de l'Économie Bruno Le Maire a rejeté tout coup d'arrêt à la hausse de la fiscalité, qui doit encore augmenter au 1er janvier 2019. "Non, elle ne sera pas suspendue. On ne suspend pas la transition écologique, la conversion du parc automobile français, qui est nécessaire."
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Deux jours plus tôt, c'est le Premier ministre lui-même, "droit dans ses bottes", qui a justifié la hausse impopulaire des taxes sur les carburants par l'urgence climatique et la nécessité de changer les comportements. "C'est compliqué, mais il n'y a pas le choix, il n'y vraiment pas le choix et d'une certaine façon il y a urgence."
Le parti Les Républicains soutient toujours, de son côté, l'idée lancée par ses députés Guillaume Peltier et Damien Abad d'un "chèque carburant" mensuel de 100 euros, sur le modèle des tickets restaurant, distribué à "13 millions de Français de province" qui n'ont pas accès aux transports en commun, et ce, afin de compenser la hausse des taxes sur le diesel.
Chez nos confrères de Radio Classique, Marc Fesneau, ministre MoDem des Relations avec le Parlement, a estimé "qu'il ne faut pas aller à la démagogie sur ces sujets-là", insistant sur le coût de la mesure des Républicains, "15 milliards d'euros" selon lui, qu'il juge contradictoire avec "leur tradition plutôt libérale".
Le député LREM Pierre Person, quant à lui, s'interroge sur Public Sénat : "La droite s'est un peu perdue... C'est une proposition totalement démagogique qui consiste à dire qu'on va subventionner finalement la pollution".
Profitant du mécontentement grandissant des usagers, la Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment (CAPEB) a réaffirmé ce lundi son opposition à la suppression du taux réduit de taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE), prévu dans le projet de la loi de finances 2019, dont bénéficient certains carburants polluants qui alimentent des moteurs autres que ceux utilisés pour la propulsion de véhicules sur route (gazole non routier ou GNR).
Cet avantage fiscal bénéficiait notamment aux entreprises de travaux publics. Pour l'État, cela représente un rendement de 1 milliard d'euros dès 2019.
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En outre, la CAPEB précise qu'elle ne donnera pas de consignes nationales quant aux actions à mener localement dans le cadre de la manifestation des "gilets jaunes" le 17 novembre prochain. "Chaque CAPEB départementale décidera, en fonction des particularités locales, de participer, de s'associer ou de soutenir la mobilisation annoncée", précise le-dit communiqué.
(avec AFP et Reuters)
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