Pour Valls, Hollande est le "candidat naturel" de la gauche pour 2017

Invité d'"On est pas couché" samedi soir, Manuel Valls s'est employé à défendre l'extension critiquée de la déchéance de nationalité pour les binationaux auteurs de crimes terroristes. Il a écarté l'idée d'une primaire à gauche, jugeant que le président sortant sera le "candidat naturel" s'il se présente.
(Crédits : FABRIZIO BENSCH)

Pour la première participation d'un Premier ministre en exercice au talk-show de Laurent Ruquier sur France 2, le chef du gouvernement a bataillé pendant près d'une heure et demie depuis son fauteuil blanc pour défendre la mesure, mais aussi son discours rejetant toute "explication" aux tueries du 13 novembre ou encore la politique économique menée malgré le chômage massif.

"Je crois que c'est très important de marquer quelque chose de définitif envers ces Français qui s'attaquent à ce que nous sommes en leur disant "vous ne faites plus partie de la Nation" ", a déclaré l'ancien ministre de l'Intérieur, qui a rappelé être naturalisé français.

Mis sur le grill sur cette question par la journaliste Léa Salamé, Manuel Valls a martelé qu'"il ne s'agi(ssai)t pas de cibler les binationaux", mais "des hommes et des femmes qui tuent".

Face à l'académicien Jean d'Ormesson qui l'a accusé -avec courtoisie- d'"enfumage" avec la déchéance et évoqué une "droitisation", Manuel Valls a démenti et insisté sur l'importance du symbole et le "nouveau patriotisme" post-attentats.

Il a aussi jugé que sa ministre de la Justice Christiane Taubira s'était "trompée" en jugeant que la déchéance de nationalité contrevenait au droit du sol. Quant à des évolutions de l'écriture de l'article 2 de la révision constitutionnelle d'ici au Congrès, alors que la majorité peine à faire émerger un consensus, "on verra dans le débat parlementaire".

Hollande "candidat naturel"

Mais à la différence de certains socialistes, le locataire de Matignon a jugé que "l'indignité", utilisée notamment contre des collaborateurs après la Seconde Guerre mondiale, n'était "pas la bonne solution". Après-guerre, les personnes condamnées "ont été réintégrées ensuite très souvent dans la communauté nationale", a-t-il plaidé. Partisan d'un symbole "définitif", Manuel Valls a souligné que les frappes de l'armée française en Irak et en Syrie touchaient aussi sans doute des Français ayant rejoint les rangs de l'EI.

Quant à sa formule, également controversée, selon laquelle "expliquer le jihadisme c'est déjà vouloir un peu excuser", le Premier ministre a tenté de tempérer: "Comprendre un projet de mort, un acte terroriste, jamais", mais "analyser, oui".

Sur un autre sujet qui divise son camp, Manuel Valls a exclu une primaire à gauche pour désigner le candidat à présidentielle de 2017, voyant le François Hollande comme "candidat naturel". "Je pense que le président de la République sortant n'a pas à se soumettre à une primaire, qui ne concernera d'ailleurs pas toute la gauche", a dit cet ancien participant à la primaire de 2011.

L'absence de résultats contre le chômage? "Je pense que notre politique, c'est la bonne", a-t-il maintenu. "Avec une croissance davantage soutenue, avec des entreprises qui n'ont pas peur d'embaucher, parce que certains patrons  notamment dans les PME ont peur de licencier, en faisant en sorte que le marché du travail soit plus souple, je pense que nous aurons des résultats", a-t-il ajouté. François Hollande doit détailler lundi de nouvelles mesures pour l'emploi.

Aux critiques, jusque dans son camp, sur sa participation à ce type d'émission, l'ancien maire d'Evry a objecté que cela permettait de "parler à des citoyens qui ne voient la politique peut-être qu'à travers" un tel programme.

Régulièrement égratigné pour une certaine raideur et une image autoritaire, Manuel Valls a globalement évité les conflits, multipliant les "vous avez raison" à ses contradicteurs aux "questions légitimes", malgré une interview pugnace. Et joué sur un registre plus personnel, évoquant sa femme violoniste ou ses quatre enfants.

Le seul véritable accrochage est survenu lors d'un échange avec l'humoriste Jérémy Ferrari. Critiquant l'expression "nous sommes en guerre", celui-ci a mis en cause la politique française en Afrique et critiqué la présence d'Ali Bongo au cortège de chefs d'Etat du 11 janvier 2015.

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Commentaires 14
à écrit le 18/01/2016 à 11:01
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Comment des français doués de raison peuvent-ils encore voter pour ce genre de personnage sans aucune imagination ni aucun bon sens ? Merci à Léa Salamé d'avoir essayé de secouer un peu ce bon (j'ai hésité sur la première lettre) à rien.

à écrit le 18/01/2016 à 9:30
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décidemment Valls après avoir tué le PS va maintenant tuer la gauche tout cela pour jouer la carte 2022. mais les électeurs de gauche s'en souviendront le moment venu!

à écrit le 18/01/2016 à 3:43
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Je ve la place de Hollande c est naturelle Valls a frappes fort ?

le 18/01/2016 à 9:50
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Pour les discours ça ira, pour la rédaction des traités kelques zaiforts à fournire :-))

à écrit le 18/01/2016 à 0:35
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Valls il va piquet sa place ce naturel il le dit 0017🏇🏻

à écrit le 17/01/2016 à 23:52
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La notion de candidature naturelle ne repose sur rien, hormis la paresse de ceux qui ne veulent rien changer et la trouille de ceux qui ont peur de perdre. La seule candidature naturelle d'un candidat à la présidentielle, depuis 2012, c'est celle à ...

le 18/01/2016 à 9:52
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La conclusion s'impose: une primaire à candidat unique :-))

à écrit le 17/01/2016 à 23:44
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Valls est vraiment décevant il ne restera rien de son passage à Matignon C'est un mélange de Sarkosy et de Fillon A mon avis comme Fillon il ne se remettra pas de son inaction Le temps où on devait durée et ne rien changer est derriere nous

à écrit le 17/01/2016 à 22:20
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Les Français d'en bas, du milieu et d'en haut sont gavés par les blas blas de Valls impuissant à gouverner pour permettre à la France de s'élever un peu ; Valls traine la France dans la boue. Il faut en finir avec ce piètre personnage, qu'il s...

à écrit le 17/01/2016 à 17:29
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Encore une fois, on voit bien la qu'ils sont tous petits, nos politiques. Ils savent tres bien qu'une telle mesure ne sert a rien.

à écrit le 17/01/2016 à 16:54
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J’ai revu en replay l’émission ONPC dans la quelle me premier ministre, était invité. Je n’apprécie pas qu’un ministre en exercice s’affiche dans ce type d’émission. Mais il est bien évident qu’il est tellement rare qu’un politique puisse disposer ...

à écrit le 17/01/2016 à 13:11
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Les opposants à la déchéance de la nationalité pour les bi-nationnaux terroristes pensent que cela ne modifiera pas leur volonté de nuire mais cela n'a aucune importance. Malheureusement les médias qualifient toujours les terroristes qui ont des papi...

à écrit le 17/01/2016 à 12:15
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Un bon premier premier ministre convaincant. Cependant, quel dommage que Lea Salamé soit restée arc boutée sur ces idées préconçues. 20 mns ou plus à reformuler la meme question dans laquelle la réponse voulue est contenue. Heureusement M d' Ormesson...

le 17/01/2016 à 12:50
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Si on demandait l le rétablissement de la peine de mort concernant les viols sur enfants bébés 90 pourcents seraient pour. Là il s'agit simplement de faire plaisir aux FN faut suivre la tendance

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