L'agence Moody’s s'est abstenue de noter la France vendredi dernier, adoptant une terminologie qui a surpris les analystes. Un effet Trump ?« Aucune action n'a été prise au sujet de la note de la France ». C'est par ces quelques mots, publiés dans un simple communiqué, que l'agence de notation américaine Moody's a dévoilé vendredi soir dernier, au cœur de la nuit, sa position. Ou plutôt sa « non-position ».
Alors que France retenait son souffle, craignant un nouvel ajustement à la baisse de son évaluation, Moody's a donc choisi, techniquement, de s'abstenir sur la note de la France. Une note qui, de facto, se maintient au niveau « Aa3 », l'équivalent d'un 17/20. Cette note avait été attribuée le 14 décembre dernier, au lendemain de l'investiture de François Bayrou, lors d'une dégradation surprise de « Aa2 » à « Aa3 » opérée par Moody's en dehors de tout calendrier officiel.
Vendredi soir, dans son communiqué tardif, l'agence américaine accompagne cette « non-action » d'un commentaire cette fois tout en rondeur. « La formation d'un gouvernement en janvier sous François Bayrou et l'adoption d'un budget par la suite, qui ont réduit l'incertitude politique », estime-t-elle. Le pays, poursuit Moody's, « bénéficie d'une économie riche et diversifiée, et d'une démographie plus favorable que d'autres pays avancés ».
« No action was taken regarding France's rating today »
Reste que cette mention de « non-action » choisie par Moody's laisse perplexes bon nombre d'analystes financiers, habitués au vocabulaire précis utilisé par l'agence américaine pour qualifier ses actions sur la notation des dettes souveraines des pays (amélioration, dégradation, confirmation, retrait, suspension temporaire).