ENTRETIEN- Budget 2022, plan de relance, fin du "quoi qu'il en coûte", retraites, taxe sur les multinationales... le ministre délégué au Budget Olivier Dussopt assure que la trajectoire fiscale du gouvernement visant une baisse des impôts pour les ménages et les entreprises sera tenue jusqu'à la fin du quinquennat.LA TRIBUNE- Après les élections régionales de juin, perdues par LREM, quelles leçons tirez-vous de ce scrutin ?
OLIVIER DUSSOPT- Le premier enseignement est que l'abstention atteint un niveau record. Il y a une forme de désintérêt. La question est de savoir si ce désintérêt est conjoncturel et lié à la sortie de crise ou s'il y a un décrochage citoyen. Le second enseignement est la prime au sortant. Les candidats qui ont su mobiliser leurs électeurs dans un contexte de faible participation sont ceux qui étaient déjà en place.
A droite, ceux qui ont obtenu les victoires les plus marquées, comme Xavier Bertrand ou Valérie Pécresse, ne sont plus membres des Républicains. A gauche, il y a des lignes politiques très différentes, entre ceux qui ont commis l'erreur de se fourvoyer avec la France Insoumise et ceux qui ont décidé de rester extrêmement clairs comme Carole Delga pour la région Occitanie. Plus que des victoires d'appareils, ce sont des victoires des présidents et présidentes sortants.
Le dernier budget rectificatif (PLFR) prévoit une hausse des dépenses d'environ 20 milliards d'euros. Comment allez-vous financer ces dépenses supplémentaires ?
Il faut tout d'abord rappeler que sur les 20 milliards d'euros, 15,5 milliards d'euros visent à assurer la poursuite du financement des mesures d'urgence. Ces dépenses sont financées par l'endettement. Les dispositions de ce budget rectificatif visent à accompagner la sortie de crise. Grâce à la vaccination, et malgré la vigilance dont nous devons faire preuve en raison du variant Delta, nous avons bon espoir de voir le bout du tunnel de l'épidémie et la fin de la crise sanitaire. C'est pourquoi nous avons fait le choix de faire évoluer en conséquence les mesures d'urgence par ce projet de loi.
Grégoire Normand et Philippe Mabille