"Nous voulons offrir une alternative citoyenne aux partis dinosaures et au populisme extrémiste" (PLD)

 |   |  1125  mots
Aurélien Véron, président du Parti Libéral Démocrate (PLD): Nous proposons aux électeurs de ne plus signer de chèque en blanc à leurs élus qui ne le seront que par une petite minorité, le parti majoritaire au premier tour étant l'abstention. En instaurant un mécanisme régulier de référendums sur les grands sujets budgétaires et structurants de la région, nous souhaitons rendre le pouvoir aux électeurs. C'est une idée qui répond parfaitement à la crise de la démocratie représentative.
Aurélien Véron, président du Parti Libéral Démocrate (PLD): "Nous proposons aux électeurs de ne plus signer de chèque en blanc à leurs élus qui ne le seront que par une petite minorité, le parti majoritaire au premier tour étant l'abstention. En instaurant un mécanisme régulier de référendums sur les grands sujets budgétaires et structurants de la région, nous souhaitons rendre le pouvoir aux électeurs. C'est une idée qui répond parfaitement à la crise de la démocratie représentative." (Crédits : Reuters)
REGIONALES 2015. Le PLD (Parti Libéral Démocrate), allié avec d'autres formations, présente des listes dans l'ensemble des régions. En Ile-de-France, c'est "Aux urnes Citoyens". Le PLD propose une autre vision de la politique, qui redonne du pouvoir et de la liberté aux citoyens. Aurélien Véron, son président, fait le point sur la campagne et le programme.

Le Parti Libéral Démocrate (PLD) présente des listes dans plusieurs régions. Au delà du score, qui devrait être modeste selon les sondages, qu'attendez-vous des ces élections régionales?

Aurélien Véron (*). Le Parti Libéral Démocrate ne se présente pas seul, c'est l'une des composantes d'une plate-forme ouverte à d'autres mouvements. En Ile-de-France par exemple, Génération Citoyens (Jean-Marie Cavada) et Ile-de-France juste envers tous (Pierre Franklin Tavares) se sont associées à nous pour constituer la liste Aux Urnes Citoyens. D'autres mouvements ont rejeté notre méthode collégiale et préféré y aller seuls, à notre grand regret. J'espère qu'ils changeront d'avis et que nous nous retrouverons pour les prochains scrutins.

Nous sommes en train d'apprendre tous ensemble à faire de la politique autrement en faisant campagne pour Aux Urnes Citoyens. Non pas de manière verticale, hiérarchique, au service du chef comme dans les partis de pouvoir qui vivent de la politique, mais de manière plus horizontale, collaborative, avec une gouvernance agile et transparente. C'est un modèle que je souhaite voir prendre de l'ampleur pour offrir une alternative citoyenne aux partis dinosaures que sont le PS et LR et au populisme extrémiste. En Espagne, des mouvements comme Podemos à gauche et Ciudadanos au centre n'existaient quasiment pas il y a cinq ans ; ils pèsent lourd dans le paysage politique actuel.

Nous profitons de ces élections pour semer des idées neuves au service d'une vision renouvelée de la région. Nous proposons aux électeurs de ne plus signer de chèque en blanc à leurs élus qui ne le seront que par une petite minorité, le parti majoritaire au premier tour étant l'abstention. En instaurant un mécanisme régulier de référendums sur les grands sujets budgétaires et structurants de la région, nous souhaitons rendre le pouvoir aux électeurs. C'est une idée qui répond parfaitement à la crise de la démocratie représentative. La votation suisse nous montre qu'un tel outil de démocratie en continu mène à une société moins clivée, plus apaisée.

L'ouverture du marché des transports en commun constitue aussi un thème neuf. Le succès de « l'ubérisation » de la corporation des taxis nous laisse penser que les Franciliens sont prêts à voir les innovations technologiques au service d'une concurrence ouverte bousculer l'offre. Passer d'usagers captif de transports délabrés, peu fiables et insuffisants à clients d'entreprises qui cherchent à vous fidéliser promet une révolution des mentalités... et du quotidien des Franciliens qui passent en moyenne 1h20 dans les transports.

Bref, les citoyens nous découvrent, en espérant qu'ils nous jugeront innovants et séduisants dans nos méthodes, notre vision et nos propositions.

Les attentats du 13 novembre ont modifié le contexte de la campagne électorale. La sécurité s'est imposée comme le thème principal au détriment d'autres thèmes. Qu'en pensez-vous?

La campagne des régionales ne pouvait qu'être temporairement éclipsée par cette tragédie et les questions qu'elle soulève. Après la faillite de l'Etat providence, les Français ont découvert celle de l'Etat régalien. Obèse et dispersé dans une multitude d'interventions éloignées de son cœur de missions, l'Etat n'est plus capable de remplir son rôle central, la protection des Français et de leurs libertés. Répondre à ces enjeux nécessitera de longs débats auxquels nous comptons bien contribuer. Il faudra tailler dans le gras du modèle social et donner du muscle au régalien, en particulier la Justice encore bien trop démunie. A court terme, la vie doit reprendre pour montrer aux djihadistes qui veulent nous terroriser que les Français continueront à vivre en individus libres et en démocrates. Le lourd enjeu des régionales aurait dû reprendre le dessus pour gagner cette victoire de la démocratie sur la barbarie. Comme une banderole l'exprimait bien : « Même pas peur ! »

Je constate avec tristesse que les grandes radios et télévisions, en particulier le service public financé par les contribuables-électeurs, ont totalement évincé l'enjeu des régionales de leur agenda. La seule aspérité médiatisée de la campagne, c'est le poids montant du FN. Mais ces mêmes médias en sont pour partie responsables en bloquant tout débat démocratique. La seule alternative aux grands partis usés, c'est la contestation populiste. Aux Urnes Citoyens se bat quotidiennement depuis des mois pour se faire entendre. On lui rétorque que l'égalité des temps de parole ne concerne que les partis représentés à l'Assemblée nationale. Alors le FN monte, monte... Ce qui est rassurant, c'est l'intérêt porté à nos idées par les radios et télévisions locales qui ont soif de têtes et d'idées nouvelles. Et sur plan, nos propositions décapantes ont un public ! A nous de leur prouver que nous sommes crédibles dans la durée.

Il est possible que le Front national dirige une ou plusieurs régions à l'issue de ce scrutin. N'est-ce pas le signe que nombre d'électeurs rejettent les idées libérales?

Le vote FN exprime d'abord un rejet des apparatchiks de droite comme de gauche, même si l'énarque Florian Philippot est un pur produit du système. C'est ensuite le refus d'un Etat dispendieux et paradoxalement incapable d'assurer la protection des Français, de leurs biens, de leurs droits. Ils en ont assez d'être infantilisés par un Etat nounou dont les dirigeants n'ont rien d'exemplaire. Ils veulent qu'on arrête « d'emmerder les Français » pour reprendre la formule de Georges Pompidou qui n'était pas populiste à ce que je sache. Les idées libérales ont le vent en poupe, pourvu qu'on cesse de les associer aux subventions aux entreprises - concept profondément antilibéral - et au capitalisme de connivence à la française. Le courant libéral qui monte dans la société civile doit s'étendre à l'éducation (gratuite, mais à la carte), à la retraite (par capitalisation), à l'assurance maladie (universelle et concurrentielle), et à la réduction des réglementations qui favorisent les rentiers et les grands groupes au détriment des innovateurs et des PME.

La différence entre le FN et Aux Urnes Citoyens, ce sont 40 années de lente ascension populaire et médiatique. Au système de choisir de laisser le FN seul en lice, ou de donner la parole à son antidote le plus puissant, la voix libérale et citoyenne.

Propos recueillis par Robert Jules

(*) Aurélien Véron présente ses idées dans "Le grand contournement" (éditions Temporis, 196 pages, 14,90 euros)

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 03/12/2015 à 9:33 :
J'adhère à tout ce que vous dites, ce n'est que du bon sens... Mais malheureusement pour mon pauvre pays, tous les rouages ont été soigneusement noyautés depuis Mitterrand par des gens qui tiennent à conserver leurs privilèges. Il a en plus lui-même fait émerger le Front National pour être sûr de conserver le pouvoir... Quand je pense qu'il y a des rues qui portent le nom de ce fossoyeur...
Et je n'ai même pas de liste PLD dans ma région...
a écrit le 02/12/2015 à 21:39 :
Drôles d alternatives où on propose rien moins que d insuffler une bonne dose d ultra libéralisme dans une société qui est prête à en crever. Ça s appelle soigner le mal par le mal et tant pis si le malade en crève.
Réponse de le 03/12/2015 à 9:36 :
Vous voyez de l'ultra-libéralisme où ?? ce pays meurt d'un excès de socialisme, LR et PS ont le gêne en commun !
a écrit le 02/12/2015 à 16:48 :
c est vrai qu il est dommage que le rejet du PS/LR soit capte par le FN. Mais ca n a rien d etonnant dans un systeme qui privilegie les partis installé comme le notre (et jusqu a peu le FN etait un allié objectif du PS en affaiblissant le RPR): le FN existe depuis les annees 80, soit 35 ans deja
a écrit le 02/12/2015 à 14:27 :
Si l'on peut avoir un programme autonome non affilié a Bruxelles, pourquoi pas? Sinon c'est faire comme les autres!
a écrit le 02/12/2015 à 13:36 :
L'utopisme incantatoire peut servir de conférence "monastique" à quelques "inspirés" mais en ce moment il parait bien navrant d'inanité, l'expérience récente l'ayant démontré avec l'exemple Bayrou singulièrement déroulé sous les yeux de tous. De la modestie éclairée aurait dû commencer par prendre au sérieux l'analyse de plus des 3/4 ( 30% FN + 50% abstentions ) dee électeurs qui en ont marre des qualifiés de dinosaures qui verrouillent le pouvoir depuis si longtemps. Le modèle économique et politique américain affiche 20 à 25 % de votants.....
a écrit le 02/12/2015 à 11:38 :
Oui au liberalisme.

J'espere que vous compter reporter les charges sociales actuellement payées par les entreprises et par ceux qui travaillent (enfin ceux qui sont declarés) sur l'immobilier qui est l'actif de rêve pour un rentier.
=> Il faut lutter contre la bulle immobiliere, et taxer fortement l'immobilier (3% de la valeur reelle par an). Cette taxe ne doit pas s'ajotuer aux innombrables taxes qui existent deja mais remplacer les charges patronales et salariales
=> Bref, plus de salaire pour ceux qui travaille et plus de taxe pour les propriétaires (la majorité des propriétaires etant salariés, cette mesure sera neutre pour eux, par contre les rentiers qui ne declarent pas de salaire en France et possèdent de l'immobilier paieront ou vendront ce qui fera baisser l'immobilier
=> aucun interet a subir un prix de l'immobilier eleve : cela limite les investissements dans les entreprises et fait baisser le pouvoir d'achat des menages

Cette taxe ne doit pas porter sur l'immobilier neuf (<10 ans) qui permet une creation de valeur + pourvoie des emplois

A quand cette vraie reforme libérale ??
Réponse de le 02/12/2015 à 19:18 :
Je n'appelle pas ça du liberalisme.

Le liberalisme n'est pas une autre tambouille pro business ou pro travail, mais une justice naturelle. Ce que vous proposez est certes plus réaliste que le système actuel mais c'est juste un autre projet de direction de l'économie.
Réponse de le 02/12/2015 à 19:18 :
Je n'appelle pas ça du liberalisme.

Le liberalisme n'est pas une autre tambouille pro business ou pro travail, mais une justice naturelle. Ce que vous proposez est certes plus réaliste que le système actuel mais c'est juste un autre projet de direction de l'économie.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :