La pandémie et la dégradation du marché du travail depuis le mois de mars dernier ont considérablement assombri les perspectives pour un grand nombre de bénéficiaires du RSA. "La crise sanitaire conduirait à ce que le nombre d’allocataires augmente d’environ 40.000 foyers au second trimestre 2020", selon la CAF.La pandémie fait des ravages sur les populations les plus fragiles. Selon la dernière note de la caisse d'allocations familiale (CAF) passée en dehors des radars, le nombre d'allocataires du revenu de solidarité active est estimé à 1,99 million à la fin du mois de juin dernier contre 1,87 million un an plus tôt, soit environ 120.000 bénéficiaires en plus (+ 6,2%).
Pour la période suivante, les statisticiens ont rendu publiques des données provisoires qui montrent un impact majeur de la crise sur le nombre d'allocataires. En août et septembre dernier, l'écart par rapport à une situation normale est d'environ + 8,5%.
"Les revenus les plus faibles ont été dévastés par la crise. Près de 50% des adultes dont les revenus sont les plus faibles ont du mal à payer leurs factures et 30% d'entre eux sont obligés d'aller à la banque alimentaire. Pour l'instant, les pouvoirs publics n'ont pas réussi à vraiment soutenir ces catégories",a alerté la cheffe économiste de l'OCDE, Laurence Boone, lors d'un point presse ce mardi 1er décembre sur les perspectives macroéconomiques.
S'il est encore difficile à ce stade de mesurer l'impact de la pandémie sur la pauvreté, l'allongement des files d'attente pour la distribution des repas et les cris d'alarme des associations en charge de la solidarité sont les premiers signes d'une paupérisation d'une partie de la population. Beaucoup de travailleurs, qui occupaient des postes saisonniers, des contrats à durée déterminée (CDD), des indépendants, des chômeurs en fin de droits pourraient avoir recours à ce type de ressources. "Les chiffres de l'augmentation du RSA sont très inquiétants pour les mois de septembre et octobre. Un nombre important de personnes ne sortent plus du chômage à cause de la récession. Avant, beaucoup de personnes sortaient du chômage et trouvaient un emploi", expliquait récemment le cabinet du ministre de la Santé Olivier Véran lors d'une réunion avec des journalistes.
+ 40.000 familles bénéficiaires au second trimestre sur fond de crise
La mise sous cloche de l'économie au printemps a mis un coup d'arrêt aux opportunités d'emplois pour de nombreux actifs. Des pans entiers de l'économie tricolore ont été contraints de fermer pendant huit semaines, plongeant des millions de travailleurs dans un épais brouillard. Interrogé il y a quelques jours par La Tribune, le directeur général adjoint de Pôle emploi, Michaël Ohier, expliquait que le nombre d'offres avait considérablement chuté lors de cette période troublée. Résultat, cette absence de perspectives sur le marché du travail a limité les possibilités de sorties des allocataires du RSA.