Plaintes contre Veolia pour corruption et abus de biens sociaux

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Deux plaintes sont déposées devant le tribunal de grande instance de Nanterre.
Deux plaintes sont déposées devant le tribunal de grande instance de Nanterre. (Crédits : Reuters)
Deux plaintes visant les dirigeants de Veolia ont été déposées lundi après les enquêtes menées par Médiapart qui avait dénoncé des conflits d'intérêt au sein de la multinationale française.

Les affaires judiciaires de Veolia n'en finissent pas. Les révélations de Mediapart en novembre dernier sur les affaires de corruption et d'abus de biens sociaux ont en effet donné lieu à deux plaintes visant les dirigeants du groupe français. Le syndicat FO Veolia Ile-de-France, l'association Anticor et la fondation Frances libertés sont ainsi à l'origine de ces actions en justice qui ont été intentées, selon l'eurodéputée et avocate Eva Joly.

Philippe Malterre, le directeur général adjoint de la filiale Veolia Eau France et Jean-Philippe Franchi, contrôleur de gestion, sont accusés de conflits d'intérêts. Les deux hauts cadres de la branche Eau du groupe étaient devenus actionnaires de la société luxembourgeoise Olky Payment Service Provider en 2015, qui avait signé l'année précédente un contrat de plusieurs millions d'euros avec Veolia pour la gestion d'une partie de sa facturation.

De son côté, la multinationale a saisi la justice et déposé plainte contre X début décembre devant le parquet national financier. Sa porte-parole avance ainsi des faits susceptibles de "corruption active et passive de personnes n'exerçant pas une fonction publique",.

Des sanctions immédiates

Pour Mediapart, "Deux des plus hauts responsables de l'activité de la branche Eau travaillaient ainsi surtout à leur enrichissement, en utilisant les moyens financiers, les clients et la réputation du groupe pour leur seul profit personnel."  Ceux-ci étaient devenus actionnaires d'une société luxembourgeoise dont la revente de la société aurait pu potentiellement rapporter plus de 200 millions d'euros.

"Le conflit d'intérêts est avéré, certes, mais à ce jour, nous n'avons pas décelé de préjudice financier" expliquait un proche du groupe au lendemain de la saisie de la justice début décembre par Veolia.  Les contrats passés avec la PME concernée n'auraient pas été surfacturés, d'après les premiers indices de l'audit interne mené par groupe. Les deux dirigeants "ont fait l'objet d'une mise à pied à titre conservatoire, puis d'une convocation à entretien préalable de licenciement" expliquait alors le PDG Antoine Frérot dans sa lettre aux salariés.

Un acte immoral selon les requérants

Pour le syndicat de l'ancienne compagnie générale des eaux, il s'agit avant tout de "défendre les intérêts des salariés". Des révélations qui font tâche alors que le groupe a supprimé plusieurs milliers d'emplois dans l'activité Eau au cours des quatre dernières années, et lancé un programme d'économies de plus de 600 millions d'euros.

"Ce dossier dit beaucoup sur l'usage des paradis fiscaux (...) sur une culture de l'impunité et de la corruption", a souligné le vice-président d'Anticor, Eric Alt.

L'association qui désire rétablir l'éthique en politique a ainsi déclaré que cette société luxembourgeoise devait "permettre à d'autres dirigeants de Veolia de tirer de cette opération un profit personnel considérable", en faisant également référence au directeur général Alain Franchi, responsable du choix du prestataire dont son frère était devenu actionnaire. Son contrat n'ayant pas été renouvelé, il sera remplacé par l'actuel directeur des activités en Italie, Frédéric Van Heems.

L'association Frances liberté a, quant à elle, dénoncé une "combine susceptible d'avoir un impact sur le prix de l'eau, dans le villes qui ont délégué ce service (...) et qui révèle la facilité de la dissimulation d'enjeux financiers majeurs par le biais des paradis fiscaux."

 (Avec AFP)

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