Cédric Audenis a été conseiller économique au cabinet du Premier ministre Manuel Valls entre 2014 et 2017. Il a également été chef du département de la conjoncture à l'Insee.
ENTRETIEN- Le commissaire adjoint de France Stratégie Cédric Audenis dresse un premier bilan du plan de relance français plutôt positif même si de nombreuses mesures restent à évaluer dans les prochains rapports du comité d'évaluation. En matière de soutien à l'investissement industriel et à la modernisation de l'industrie, le comité n'est pas "en mesure de garantir à ce stade que les objectifs spécifiques en matière de transition écologique et de résilience soient atteints".
LA TRIBUNE- Le plan de relance a été annoncé il y a plus d'un an par le gouvernement. Quel bilan général dressez-vous de cette enveloppe de 100 milliards d'euros ?
CEDRIC AUDENIS- Le dispositif France Relance avait une double ambition. Il avait d'abord un objectif de court terme qui consistait à soutenir l'activité pour retrouver en 2022 le niveau d'avant-crise et un objectif de moyen/long terme pour préparer l'économie française aux enjeux des transitions écologique et numérique. Un an après, il apparait que les modalités de mise en œuvre ont privilégié la rapidité et les objectifs opérationnels assignés semblent atteignables. A la fin du mois d'août 2021, 47 milliards d'euros ont été engagés, si bien que le comité a considéré que l'objectif fixé par le gouvernement de 70 milliards d'euros à la fin de l'année 2021 était atteignable. Sur le plan macroéconomique, le comité a constaté que l'objectif de court terme serait atteint en avance, puisque les prévisionnistes anticipent que le niveau d'activité de 2019 serait retrouvé d'ici la fin 2021.
La taille du plan de relance en France est-elle comparable à ses principaux voisins européens ?
A part l'Italie qui se distingue avec un montant très important, on retrouve des plans de même ampleur (autour de 4% du PIB) pour la France, l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'Espagne est légèrement au-dessus avec cinq points de PIB. La France ne se distingue donc pas de ses principaux partenaires européens de ce point de vue là.
En revanche, ce qui différencie les pays européens est la proportion du plan financé par les subventions européennes. La France bénéficie de 40% de subventions européennes, un peu plus que l'Allemagne. Pour l'Espagne, cette part s'élève à 100%. Cette proportion est également très élevée en Italie.
Comment se distingue la France de ses principaux voisins ?
Les plans cochent peu ou prou les mêmes cases relatives à la rénovation thermique des bâtiments, aux mobilités vertes, à l'innovation et au pouvoir d'achat mais avec des pondérations différentes. La France se caractérise par une baisse structurelle de la fiscalité sur la production alors que les autres pays ont utilisé des baisses d'impôt temporaires. La France se distingue également (avec l'Allemagne) par une vitesse de décaissement plus rapide. La France se caractérise enfin par un poids plus important des mesures d'offre dans son plan de relance.
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