Le chef de l'Etat a prévu de commencer les négociations sur la réforme des retraites au lendemain de l'élection présidentielle s'il remporte le scrutin et souhaite présenter un texte au parlement avant la fin de l'été.Le président-candidat Emmanuel Macron a déroulé son programme de réformes économiques et sociales pour les cinq prochaines années devant un parterre de plus de 300 journalistes jeudi en fin de journée à Aubervilliers. Après cinq années de mandat percutées par de multiples crises ("gilets jaunes", pandémie, guerre en Ukraine), le chef de l'Etat sortant a mis la protection, la souveraineté et "la confiance dans le progrès" en avant dans son propos liminaire.
Entre les baisses d'impôts, la retraite, la réforme du RSA et le plein emploi, Emmanuel Macron chantre en 2017 du "en même temps" a été accusé par la candidate Valérie Pécresse de "piller les idées de la droite". Il a répondu qu'il s'en "fichait royalement, totalement, présidentiellement. Ce qui compte, c'est ce qui fonctionne pour le pays, ce qui est juste, ce qui le rend plus fort, ce qui permet aux Françaises et aux Français de vivre mieux".
Une baisse de 15 milliards d'euros d'impôt sur les entreprises et les ménages
Le président, qui a officiellement déclaré sa candidature le 4 mars dernier dans une lettre aux Français, a annoncé 15 milliards d'euros de baisses d'impôts réparties équitablement entre les ménages et les entreprises. S'agissant des entreprises, la principale baisse concerne la CVAE (la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises) pour 7,5 milliards d'euros. Cette diminution réclamée par une partie du patronat s'inscrit dans la continuité de la baisse des impôts de production décidée en 2020 (10 milliards d'euros par an) et de celle de l'impôt sur les sociétés durant tout le quinquennat dont le taux est passé de 33% à 25%.
Avec cette annonce, le candidat Macron poursuit la politique de l'offre à l'oeuvre depuis 2012, avec des gestes en faveur des entreprises (CICE, pacte de responsabilité, transformation du CICE en baisse pérenne de cotisation, ISF). Du côté des ménages, cette baisse devrait passer par la suppression contestée de la redevance TV (138 euros), des diminutions de prélèvements sur le travail. Il a également annoncé un relèvement de l'abattement sur les droits de succession passant de 100.000 euros à 150.000 euros pour les droits en ligne directe (enfants).