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Primaire de gauche: les candidats haussent le ton

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Publié le 15 janvier 2017 à 20:28 - Mis à jour le 16 janvier 2017 à 03:17

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Lors du deuxième débat en vue de la primaire de gauche, les candidats n'ont pas hésité à s'affronter

Après un premier débat plutôt mou, le 12 novembre,  les sept candidats à la primaire initiée par le PS ont haussé le ton, attaquant particulièrement Manuel Valls, notamment sur le sujet de l'accueil des réfugiés.

Jeudi 12 novembre,  lors d'un débat plutôt mou, les candidats avaient soigneusement évité tout confrontation. Ce dimanche, à une semaine du premier tour de la primaire, les postulants, incités par les présentateurs à en découdre, n'ont pas hésité à s'opposer. Vincent Peillon a ainsi dit son "désaccord profond" avec Manuel Valls sur une question "qui a marqué ce quinquennat", celle de l'accueil des réfugiés.

"Les Français plus généreux que leurs dirigeants"

"J'ai le sentiment que les Français étaient plus généreux que leurs dirigeants", a-t-il déclaré en évoquant les "5.000" réfugiés accueillis par la France, loin des "30.000" promis. Quelques instants plus tôt, Benoît Hamon avait ouvert le feu en disant "à Manuel Valls que c'est l'honneur de la France que de faire vivre ses valeurs, de les faire vivre notamment à l'égard des migrants et des réfugiés". "L'accueil illimité ça n'est pas possible", a rétorqué M. Valls, en défense de son action. "Ce que j'ai dit (à Munich en février 2016), non seulement je l'assume mais je pense que la France a eu raison de mener cette politique, l'histoire nous a donné raison".

Peillon monte au créneau

Autre sujet sur lequel Manuel Valls a été la cible des critiques de ses concurrents, celle de la pratique du pouvoir.  Vincent Peillon n'a pas hésité, une fois de plus, à monter au créneau.

"Un président de gauche c'est d'abord un président qui va pouvoir rassembler la gauche et d'abord ses propres amis" a-t-il déclaré. Entre ceux qui ont théorisé deux gauches irréconciliables et ceux qui ont cassé des portes et brisé des fenêtres en étant restés plus longtemps que moi au gouvernement, il va falloir rassembler", a-t-il lancé, attaquant à la fois l'ancien Premier ministre et les frondeurs Arnaud Montebourg et Benoît Hamon.

Arnaud Montebourg récuse ce qualificatif de frondeur, car "il y a une légitimité démocratique à discuter les choix". Sans nommer Manuel Valls, l'ancien ministre de l'Economie a critiqué "ces dernières années" un pouvoir "trop faible avec les puissants et parfois trop dur avec les faibles".

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Manuel Valls seul contre tous à propos du cannabis

Manuel Valls s'est trouvé bien seul par son opposition à la dépénalisation du cannabis, se distinguant de ses rivaux qui défendent un grand débat national comme Vincent Peillon ou une légalisation comme Benoît Hamon.

"Il faut des interdits dans une société, il faut des règles", a fait valoir Manuel Valls. "Nous connaissons l'effet du cannabis sur les plus jeunes, dès le collège. Si vous légalisez le cannabis, vous aurez un cannabis plus dur, coupé autrement, qui alimentera d'autres trafics, et donc de toute façon les trafics vont continuer, ce sera encore plus difficile en matière de santé publique", a-t-il poursuivi.

"Quand on veut gouverner, quand on veut présider un pays, il faut aussi s'adresser à son pays, à ses  compatriotes, à sa jeunesse en disant: il y a des interdits et donc je ne suis pas d'accord, ni avec la légalisation, ni avec la dépénalisation", a dit Manuel Valls.

Montebourg pour une conférence, Hamon veut légaliser

Arnaud Montebourg est lui aussi contre l'idée de dépénaliser. "J'ai quelques réticences au regard des exigences de santé publique, regardez les milliards qu'on engloutit pour convaincre les gens de cesser de fumer ou de se livrer à l'addiction de l'alcool", a-t-il fait valoir. "Si à chaque fois que les pouvoirs publics sont submergés, il faut autoriser, jusqu'où irons nous?", a-t-il dit. Jugeant "inutile que l'élection présidentielle se déroule autour d'un sujet d'une telle nature", il a toutefois proposé une "conférence de consensus".

Pour défendre la légalisation, Benoît Hamon a fait valoir que "la prohibition n'a(vait) jamais été aussi inefficace", proposant de consacrer "535 millions d'euros à la lutte contre les addictions plutôt qu'à la prohibition".

"Si je suis élu président de la République, j'ouvrirai sérieusement ce débat qui mérite une grande conférence nationale", a pour sa part dit M. Peillon.

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Rompant avec des propositions souvent proches de celle de M. Valls, la candidate PRG Sylvia Pinel a aussi défendu la dépénalisation, qui permettrait de "redéployer les forces de l'ordre sur d'autres missions" notamment les autres trafics de stupéfiants ou "la lutte contre le terrorisme".

Jean-Luc Bennahmias est lui favorable à une "légalisation contrôlée" tandis que François de Rugy propose d'"expérimenter une légalisation de l'usage et de la commercialisation".

AFP

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