Primaire de gauche : les candidats haussent le ton

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(Crédits : Reuters)
Lors du deuxième débat en vue de la primaire de gauche, les candidats n'ont pas hésité à s'affronter

Après un premier débat plutôt mou, le 12 novembre,  les sept candidats à la primaire initiée par le PS ont haussé le ton, attaquant particulièrement Manuel Valls, notamment sur le sujet de l'accueil des réfugiés.

Jeudi 12 novembre,  lors d'un débat plutôt mou, les candidats avaient soigneusement évité tout confrontation. Ce dimanche, à une semaine du premier tour de la primaire, les postulants, incités par les présentateurs à en découdre, n'ont pas hésité à s'opposer. Vincent Peillon a ainsi dit son "désaccord profond" avec Manuel Valls sur une question "qui a marqué ce quinquennat", celle de l'accueil des réfugiés.

"Les Français plus généreux que leurs dirigeants"

"J'ai le sentiment que les Français étaient plus généreux que leurs dirigeants", a-t-il déclaré en évoquant les "5.000" réfugiés accueillis par la France, loin des "30.000" promis. Quelques instants plus tôt, Benoît Hamon avait ouvert le feu en disant "à Manuel Valls que c'est l'honneur de la France que de faire vivre ses valeurs, de les faire vivre notamment à l'égard des migrants et des réfugiés". "L'accueil illimité ça n'est pas possible", a rétorqué M. Valls, en défense de son action. "Ce que j'ai dit (à Munich en février 2016), non seulement je l'assume mais je pense que la France a eu raison de mener cette politique, l'histoire nous a donné raison".

Peillon monte au créneau

Autre sujet sur lequel Manuel Valls a été la cible des critiques de ses concurrents, celle de la pratique du pouvoir.  Vincent Peillon n'a pas hésité, une fois de plus, à monter au créneau.

"Un président de gauche c'est d'abord un président qui va pouvoir rassembler la gauche et d'abord ses propres amis" a-t-il déclaré. Entre ceux qui ont théorisé deux gauches irréconciliables et ceux qui ont cassé des portes et brisé des fenêtres en étant restés plus longtemps que moi au gouvernement, il va falloir rassembler", a-t-il lancé, attaquant à la fois l'ancien Premier ministre et les frondeurs Arnaud Montebourg et Benoît Hamon.

 Arnaud Montebourg récuse ce qualificatif de frondeur, car "il y a une légitimité démocratique à discuter les choix". Sans nommer Manuel Valls, l'ancien ministre de l'Economie a critiqué "ces dernières années" un pouvoir "trop faible avec les puissants et parfois trop dur avec les faibles".

 Manuel Valls seul contre tous à propos du cannabis

Manuel Valls s'est trouvé bien seul par son opposition à la dépénalisation du cannabis, se distinguant de ses rivaux qui défendent un grand débat national comme Vincent Peillon ou une légalisation comme Benoît Hamon.

"Il faut des interdits dans une société, il faut des règles", a fait valoir Manuel Valls. "Nous connaissons l'effet du cannabis sur les plus jeunes, dès le collège. Si vous légalisez le cannabis, vous aurez un cannabis plus dur, coupé autrement, qui alimentera d'autres trafics, et donc de toute façon les trafics vont continuer, ce sera encore plus difficile en matière de santé publique", a-t-il poursuivi.

"Quand on veut gouverner, quand on veut présider un pays, il faut aussi s'adresser à son pays, à ses  compatriotes, à sa jeunesse en disant: il y a des interdits et donc je ne suis pas d'accord, ni avec la légalisation, ni avec la dépénalisation", a dit Manuel Valls.

Montebourg pour une conférence, Hamon veut légaliser

Arnaud Montebourg est lui aussi contre l'idée de dépénaliser. "J'ai quelques réticences au regard des exigences de santé publique, regardez les milliards qu'on engloutit pour convaincre les gens de cesser de fumer ou de se livrer à l'addiction de l'alcool", a-t-il fait valoir. "Si à chaque fois que les pouvoirs publics sont submergés, il faut autoriser, jusqu'où irons nous?", a-t-il dit. Jugeant "inutile que l'élection présidentielle se déroule autour d'un sujet d'une telle nature", il a toutefois proposé une "conférence de consensus".

Pour défendre la légalisation, Benoît Hamon a fait valoir que "la prohibition n'a(vait) jamais été aussi inefficace", proposant de consacrer "535 millions d'euros à la lutte contre les addictions plutôt qu'à la prohibition".

"Si je suis élu président de la République, j'ouvrirai sérieusement ce débat qui mérite une grande conférence nationale", a pour sa part dit M. Peillon.

Rompant avec des propositions souvent proches de celle de M. Valls, la candidate PRG Sylvia Pinel a aussi défendu la dépénalisation, qui permettrait de "redéployer les forces de l'ordre sur d'autres missions" notamment les autres trafics de stupéfiants ou "la lutte contre le terrorisme".

Jean-Luc Bennahmias est lui favorable à une "légalisation contrôlée" tandis que François de Rugy propose d'"expérimenter une légalisation de l'usage et de la commercialisation".

AFP

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Commentaires
a écrit le 17/01/2017 à 1:04 :
Et le thon, c'est bon, disent les petits poissons :-)
a écrit le 16/01/2017 à 22:08 :
petite gauche mesquine sans imagination, sans pouvoir d'adaptation... sans cerveau ? A part augmenter les prélèvements plutôt que d'avoir le courage de tout remettre à plat, comme par exemple taxer l'EBE des entreprises plutôt que les bénéfices... UK peut toujours devenir un paradis fiscal, elle ira se brosser avec cette réforme ! Mais que diable maitrise-t-elle cette gauche, à part l'augmentation des prélèvements ?
a écrit le 16/01/2017 à 14:35 :
au fait a propos de democratie ou en est l'enquete sur le compte de laurent fabius et sa famille a la banque pictet de geneve
le parquet a l"epoque avait abandonne les poursuites renvoyant la balle au procureur financier belle maniere d'enterrer l'affaire
parlez donc de ca au primaire
a écrit le 16/01/2017 à 14:13 :
La majorité au parlement est constituée de fonctionnaires donc vous avez des lois de fonctionnaires qui ne connaissent que les réglementations et les taxes pour le secteur privé qui n'a aucune audience dans ce pays
Réponse de le 16/01/2017 à 14:38 :
Oui la France s'est "fonctionnarisé" suite au traumatisme de la seconde guerre mondiale et a sans doute trop misé sur l'administration.
Ce n'est pas un hasard mais une conséquence ancienne.
a écrit le 16/01/2017 à 11:29 :
Notre pays est endetté, rigide, peu créateur d'emplois, et in fine sa gestion finit par nous appauvrir collectivement. Et on a 7 candidats de seconde zone qui théorisent sur la dépénalisation du cannabis. On va finir par regretter Hollande...
a écrit le 16/01/2017 à 10:17 :
Les candidats haussent le ton. Et dans leur programme, chacun comprendra à demi mot que ce sera ensuite les impôts qu'ils vont hausser. N'ayant en tête qu'une chose, promettre, distribuer et pour cela, une seule et unique solution prendre dans la poche des uns pour mettre dans la poche des autres. Sinon, sur le fond hormis le racler, il n'y a pas de ligne directrice réellement claire et efficace pour redresser la France. Sauf la gestion de la dérive actuelle, le laxisme devant les problèmes, la poussière mise sous le tapis et un flou magistral généralisé.
a écrit le 16/01/2017 à 9:24 :
parfait
qu'ils continuent comme ca
leur allie du FN est aux portes du pouvoir, on espere qu'il saura se montrer genereux par retour avec ceux qui l'auront assis dans le siege
a écrit le 16/01/2017 à 8:57 :
"Il faut des interdits dans une société, il faut des règles"

Ha parce qu'il trouve qu'il y en a pas assez ? 11000 lois et 130000 décrets ne lui suffisent pas !?

Nous crevons de trop de lois qui ne font que donner une pseudo légitimité aux politiciens pourtant incompétents et corrompus.

Un politicien vraiment compétent, qui se préoccupe réellement de l'intérêt de ses concitoyens mettra la déflation législative dans son programme, bizarrement aucun ne l'a encore fait.
a écrit le 16/01/2017 à 8:29 :
Ces gens sont des opportunistes. Pas d'idees novatrices, evitent les questions qui fachent, n'evoquent que des generalites, rien de concret.
Leurs programmes, quel programme ?, Rien le neant. La gamelle, alors la, oui.
Je plains les francais d'avoir a voter pour cette mediocrite.
a écrit le 16/01/2017 à 8:11 :
"Les Français plus généreux que leurs dirigeants"

La bonne blague, nous n'avons pas le choix!
a écrit le 16/01/2017 à 7:18 :
Je crois que le fossé est définitivement creusé. Je ne me reconnais plus dans les valeurs de cette gauche... Ils sont définitivement hors sol...

Je déplore l'absence de débat sur le travail et l'éco. Mais il en vaut peut-être mieux ainsi étant donné que les recommandation de l'Europe seront leurs programme...
a écrit le 15/01/2017 à 22:27 :
Débat bien creux avec des généralités de comptoir
Aucune vrai idée jamais de chiffre
Le pire a été peillon qui reste dans ces grandes théories
Réponse de le 16/01/2017 à 9:29 :
sans doute que la gauche avait besoin d'un candidat philosophe pour justifier l'accueil de toute la misère du monde !
Réponse de le 16/01/2017 à 10:52 :
@ppdesabuse

"pour justifier l'accueil de toute la misère du monde ! "

C'est vrai que cela ne vaut pas le million de la droite allemande et sans philosophe en plus.

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