Référendum en Nouvelle-Calédonie : le "non" à l'indépendance l'emporte largement

Avec 96,49%, le non à l'indépendance l'emporte de manière écrasante dimanche lors du troisième référendum d'autodétermination en Nouvelle-Calédonie, marqué par une abstention record après l'appel des indépendantistes à bouder le scrutin.

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Les indépendantistes avaient annoncé qu'ils ne se rendraient pas aux urnes, invoquant l'impossibilité d'organiser une campagne équitable alors que l'archipel est touché depuis septembre par l'épidémie de Covid et que la population kanak est plongée dans le deuil. Ils ont d'ores et déjà fait savoir qu'ils ne reconnaîtraient pas le résultat du scrutin et qu'ils le contesteraient devant les instances internationales.
Les indépendantistes avaient annoncé qu'ils ne se rendraient pas aux urnes, invoquant l'impossibilité d'organiser "une campagne équitable" alors que l'archipel est touché depuis septembre par l'épidémie de Covid et que la population kanak est plongée dans le deuil. Ils ont d'ores et déjà fait savoir qu'ils ne reconnaîtraient pas le résultat du scrutin et qu'ils le contesteraient devant les instances internationales. (Crédits : Reuters)

Article mis à jour à 14h15

Le camp du non à l'indépendance a remporté une victoire écrasante dimanche lors du référendum d'autodétermination en Nouvelle-Calédonie avec 96,49% des voix, contre seulement 3,51% pour les partisans du oui, selon les résultats définitifs communiqués par le Haut-Commissariat.

Les indépendantistes ayant décidé ne pas se rendre aux urnes, le taux de participation s'est effondré à 43,90%. Les loyalistes, qui craignaient une démobilisation de leurs partisans, faute d'enjeux, ont réussi à réunir 75.762 voix, contre 81.501 voix lors du référendum de 2020.

 Ayant pris connaissance des résultats, Emmanuel Macron a déclaré dimanche que la Nouvelle-Calédonie resterait française à l'issue d'un troisième référendum d'autodétermination, où le "non" à l'indépendance l'a largement remporté mais avec une abstention élevée, et qu'une période de transition allait s'ouvrir pour définir un nouveau statut pour ce territoire du Pacifique.

"Profondément divisés"

"Je prends donc acte solennellement du résultat de ces trois scrutins, qui confirment la volonté exprimée par la majorité des Calédoniens de rester dans la république et dans la nation françaises", a dit le chef de l'Etat dans une allocution télévisée, tout en reconnaissant que les habitants de Nouvelle-Calédonie restaient "profondément divisés" sur la question de l'indépendance

Les indépendantistes avaient annoncé qu'ils ne se rendraient pas aux urnes, invoquant l'impossibilité d'organiser "une campagne équitable" alors que l'archipel est touché depuis septembre par l'épidémie de Covid et que la population kanak est plongée dans le deuil.

Le mot d'ordre de non-participation du FLNKS et de tous les nationalistes semble avoir été suivi à la lettre. La participation à 17h00 s'établissait à 41,60%, en chute libre par rapport aux précédents référendums. Dans ce contexte, la victoire des loyalistes était attendue et tous les états-majors sont déjà en train de réfléchir à leurs propositions pour la suite.

En juin à Paris, les acteurs calédoniens avaient décidé avec l'Etat qu'après le 12 décembre s'ouvrirait "une période de stabilité et de convergence" avant un "référendum de projet" d'ici juin 2023, qui, en cas de oui dimanche, porterait sur la constitution d'un nouvel Etat et, en cas de non, sur un nouveau statut dans la République.

Le dialogue ne sera cependant pas si facile. Le FLNKS et les nationalistes ont déjà prévenu jeudi qu'ils récusaient toute rencontre avec le ministre des Outre-mer Sébastien Lecornu, arrivé vendredi à Nouméa, avant l'élection présidentielle française en avril 2022.

"Une partie des formations politiques indépendantistes ne souhaite pas négocier avant la présidentielle: nous en prenons acte. L'Etat n'entend pas non plus confondre vitesse et précipitation dans cette phase importante. La déclaration de Paris du 1er juin dernier venant sécuriser la fin de l'accord de Nouméa permet d'envisager cette période de transition jusqu'en juin 2023", a-t-on indiqué dans l'entourage du ministre.

Quel que soit le résultat du référendum, "le jour d'après, il y aura une vie ensemble" avec la France, notamment "compte tenu de la réalité géopolitique de la région", avait assuré jeudi le président Emmanuel Macron.

Un territoire non-autonome à décoloniser, selon l'ONU

Les indépendantistes  ont d'ores et déjà fait savoir qu'ils ne reconnaîtraient pas le résultat du scrutin et qu'ils le contesteraient devant les instances internationales. La Nouvelle-Calédonie est inscrite depuis 1986 sur la liste des territoires non-autonomes à décoloniser de l'ONU, qui a d'ailleurs dépêché des experts pour veiller à la bonne tenue du scrutin.

Ce référendum s'inscrit dans un processus de décolonisation entamé en 1988 après plusieurs années de violences entre les Kanak, peuple premier, et les Caldoches, d'origine européenne. Ces affrontements avaient culminé avec la prise d'otages et l'assaut de la grotte d'Ouvéa en mai 1988 (25 morts).

(avec l'AFP)

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Commentaires 18
à écrit le 14/12/2021 à 9:04
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Tu m'étonnes ! Avec les tombereaux d'argent public que l'on y déverse, évidemment qu'ils veulent profiter de la manne.

à écrit le 14/12/2021 à 8:58
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Nous devons y établir une vraie base navale et aérienne pour affirmer notre présence.

à écrit le 13/12/2021 à 16:40
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C'est triste la dependance... quelle fin de vie !

à écrit le 13/12/2021 à 10:27
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Les Kanaks pouvaient voter, ils se sont abstenus sans motifs particuliers. ils vont rester français et feraient mieux de négocier avec les autorités pour une Nouvelle -Calédonie dynamique et prospère. La France a été exemplaire, 3 referendums, aucune...

à écrit le 13/12/2021 à 10:17
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Les indépendantismes refuse le résultat, c'était l'intérêt du boycott non justifié. Cette manipulation pré-électorale est de plus en plus fréquente, comme en Cote d'Ivoire. Qui peut croire que les indépendantistes auraient boycotté un scrutin qu'il...

le 13/12/2021 à 13:54
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Un parti qui boycotterait un scrutin qui lui semblerait acquis, non mais sérieusement? La couleuvre est vraiment trop grosse

à écrit le 13/12/2021 à 8:27
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Voilà un référendum qui ne réglera rien du tout sinon se relancer dans des discussions en vue d'organiser... un référendum de plus. Notons l'exhaustivité des communiqués préalables présentant la liste de ce qu'allaient perdre les partisans du oui en...

à écrit le 13/12/2021 à 1:09
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Ceux qui étaient pour on décidé de ne pas voter en utilisant un subterfuge, l'épidémie de covid afin de brouiller le résultat, mais ne pas oublier qu'il y a eu déjà 2 référendum. A bientôt pour le prochain qui sera peut-être favorable pour le passag...

à écrit le 12/12/2021 à 19:40
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Par contre l'ONU décide de la politique extérieure de la France ? C'est quoi ce monde ?

à écrit le 12/12/2021 à 15:40
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Les absents ont toujours tort...

le 12/12/2021 à 15:51
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je demande citoyen francais de redander un deuxieme vote pour valide le non de 2005 au accord de mastrich puisque certain on le droit de s'exprimer en trois fois les francais ont de devoir de s'exprimer a nouveau idem pour la presidentiel ou il...

à écrit le 12/12/2021 à 14:07
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bravo ...

à écrit le 12/12/2021 à 13:47
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Le choix du maintien de leur niveau de vie grâce aux financements de la métropole . Attention a la Chine qui rode

à écrit le 12/12/2021 à 12:47
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Comme de toute façon les indépendantistes ne voudront pas reconnaitre le résultat... on repart pour 20 ans ! Seul avantage: on arrêtera les tripatouillages du corps électoral...

à écrit le 12/12/2021 à 12:43
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Je suis heureux car c'est une ile a visité elle est vraiment Française, je n'en ai jamais douté. Les influence politiques de certains pays on fait du mal au peuple kanaque.Elle fait parti de notre histoire ; des pays réprésentés à l'Onu tentent enc...

à écrit le 12/12/2021 à 11:13
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Tant mieux, maintenant il nous faudrait un président qui ne croyait pas que la Guyane était une île. Une bonne grosse interrogation de culture générale de tout nos candidats et de géographie française ne serait pas du luxe.

à écrit le 12/12/2021 à 11:05
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La nouvelle calédonie doit rester française et la France présente en Indopacifique; C'est un attrait pour la CHine en conflit avec l'Australie par voie cybernetique. Oui la France a un rôle très important à jouer en Nouvelle Calédonie et pour les res...

le 12/12/2021 à 11:48
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La voie cybernétique c'est quoi s'truc ?

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