La facturation électronique, généralisée dès le 1er septembre, promet de réduire les retards de paiement. Mais la transition risque d'aggraver la situation à court terme, fragilisant les trésoreries des TPE/PME déjà sous pression.Sur fond de remontée des retards de paiement, la généralisation de la facturation électronique apparaît comme un levier ambivalent pour les entreprises : à moyen terme, la réforme va rendre les délais plus prévisibles, mais potentiellement à court terme, les trésoreries les plus fragiles devraient se trouver fragilisées.
À partir du 1er septembre 2026, en effet, toutes les entreprises assujetties à la TVA devront pouvoir recevoir des factures électroniques, tandis que les grandes entreprises et ETI devront également les émettre, les PME et TPE étant tenues de suivre au 1er septembre 2027. Or, cet été 2026, moins d’une entreprise sur cinq a choisi une plateforme, alors même que les retards moyens de paiement ont déjà remonté de 10 jours en 2019 vers 13‑14 jours, chaque jour de retard représentant environ un milliard d’euros de trésorerie en plus pour les grands comptes et en moins pour les TPE/PME. C’est dans ce contexte que la réforme risque d’accentuer temporairement les délais de paiement sur 2026‑2027, avant de produire des effets plus vertueux.
À moyen terme, la facture électronique peut réduire les retards de paiement
La facturation électronique repose sur des factures structurées (format XML), horodatées et transitant par des plateformes agréées, ce qui permet un suivi centralisé des flux. Cette standardisation doit réduire les retards « techniques » liés à des factures incomplètes, mal adressées ou difficiles à retrouver, en facilitant les rapprochements comptables et les contrôles internes. L’administration fiscale anticipe également une meilleure détection des schémas frauduleux et des anomalies, ce qui va de pair avec une visibilité accrue sur les flux de factures et de paiements, condition pour des délais plus prévisibles. À moyen terme, l’automatisation et la traçabilité offrent donc un potentiel réel pour diminuer les retards de paiement subis par les fournisseurs.