ENTRETIEN. Relance, accompagnement des entreprises en sortie de crise, rééchelonnement des cotisations sociales, fraudes...après avoir traversé 16 mois troublés par la crise sanitaire, le directeur général de l'Urssaf, Yann-Gaël Amghar, est optimiste sur la capacité de rebond de l'économie française.LA TRIBUNE. Quel est le rôle de l'Urssaf depuis le début de la crise ?
YANN-GAEL AMGHAR. Depuis le début de la crise, l'Urssaf a joué un rôle d'amortisseur économique et social. En mars 2020, les employeurs ont pu sans aucune formalité et aucun contrôle a priori reporter leurs échéances de cotisations. Pour les travailleurs indépendants, nous avons suspendu tous les prélèvements entre mars et août 2020. Nous avons repris entre septembre et octobre et avons de nouveau suspendu ces prélèvements en novembre et décembre.
Depuis janvier dernier, nous avons repris les prélèvements sauf pour les secteurs les plus en difficulté. Le réseau a été capable d'ajuster et de faire dans la dentelle en fonction des restrictions sanitaires, sectorielles et géographiques. Ces mesures ont apporté un soutien massif aux trésoreries. 800.000 employeurs ont bénéficié des mesures de report et la quasi-totalité des travailleurs indépendants. L'Urssaf a été aussi un amortisseur social car elle a, malgré la crise, continué à financer les systèmes de santé et de prestations sociales. Plus d'un milliard d'euros d'aides ont été versées à 1,2 million de travailleurs indépendants lors du premier confinement.
Quelle est la place de l'Urssaf dans le plan de relance ?
L'Urssaf joue un rôle de moteur dans la relance avec les exonérations de cotisations sociales et des aides aux employeurs comme aux travailleurs indépendants. L'Urssaf accompagne les entreprises dans la sortie de crise avec la mise en place d'un échelonnement des échéances sociales.
Avec la sortie de crise, les entreprises sont-elles en mesure d'assurer leurs échéances actuellement ?
Nous avons plutôt des signes encourageants. Au moment du premier confinement, près de la moitié des employeurs avait reporté leurs échéances de cotisations. En avril 2020, 36% des cotisations ont été reportées, par près de 50% des entreprises. En avril et mai 2021, entre 12% et 15% des employeurs ont reporté leurs échéances. Cela représente 4% des cotisations chaque mois. Ce qui signifie que la très grande majorité des employeurs arrive à faire face à leurs échéances. Il existe certes des difficultés concentrées sur une minorité d'entreprises dans les secteurs les plus touchés, plutôt de petites entreprises. Globalement, ce sont des signaux positifs sur la capacité de résilience et de rebond de l'économie française.