Remaniement : les choix très politiques d'Emmanuel Macron

Fanny Guinochet
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Reuters

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Emmanuel Macron a opté pour un remaniement très politique pour redynamiser son équipe gouvernementale. Après « 100 jours » qui n'ont pas laissé une trace indélébile, le président de la République joue la carte de la sécurité, en confirmant Elisabeth Borne à Matignon, et en faisant monter en première ligne des fidèles.
Le premier grand changement concerne Gabriel Attal qui quitte le ministère des comptes publics en pleine construction du PLF 2024 pour remplacer Pap Ndiaye au ministère de l'Education nationale. Le jeune ministre en rêvait, et son volontarisme a payé. Il faut dire que le trentenaire a mouillé la chemise dans la bataille de la réforme des retraites. Ses montées au créneau contre La France Insoumise et la Nupes lors du débat parlementaire ont fait mouche auprès du président. Gabriel Attal est un fidèle macroniste, toujours prompt à prendre des coups. Il connaît bien le ministère pour avoir été rattaché à Jean-Michel Blanquer, quand il officiait rue de Grenelle, comme secrétaire d'Etat à la jeunesse. Sa rivalité avec Bruno Le Maire pouvait aussi être contre-productive à Bercy. ... Emmanuel Macron choisit de le nommer à la place de Pap Ndiaye, un ministre de la société civile qui a eu du mal à s'imposer à l'Education.
Pour remplacer Gabriel Attal, le chef de l'Etat a choisi Thomas Cazenave au budget. Le président le connaît bien : inspecteur des finances, il était directeur adjoint de cabinet d'Emmanuel Macron quand ce dernier était à Bercy. Ensuite, Thomas Cazenave est passé par la présidence de la République comme secrétaire général adjoint de l'Elysée. Député de Gironde, il était membre de la commission des Finances, ce qui sera un précieux atout pour mener les débats autour du prochain projet de loi de Finances, à l'automne. Thomas Cazenave est aussi un bon connaisseur de Pôle emploi, où il a œuvré quelques années. Utile alors que la loi France Travail (même si ce n'est pas lui qui la portera en première ligne), sera présentée au Parlement à l'automne.
Fanny Guinochet