Rester humaine, le grand défi de la médecine du futur

Denis Lafay
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Service de soins palliatifs de l’hôpital privé du Grand Narbonne à Montredondes-Corbières, dans l’Aude.
latribune.fr

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Service de soins palliatifs de l’hôpital privé du Grand Narbonne à Montredondes-Corbières, dans l’Aude.
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Par où commencer ? La santé est au carrefour de tant de transformations qu'on peine à en faire la liste. Découvertes et innovations spectaculaires, technologies révolutionnaires (IA en tête), production et partage inédits de datas... Mais aussi propagation de pathologies (obésité, diabète, maladie d'Alzheimer, cancers, fléau des opiacés), effets déflagrateurs des bouleversements climatiques, environnementaux et urbanistiques - l'OMS chiffre à 250 000 le nombre d'habitants promis à en mourir chaque année dans le monde d'ici la décade 2030 -, conséquences sanitaires des flux migratoires, vieillissement de la population, chroni-cité des maladies, antibiorésistance...
Sans oublier la crise du financement public et de l'organisation des soins, l'érosion des vocations, l'inflation des coûts de nouvelles thérapies qui questionne l'égalité d'accès, le rôle des mutuelles, la paupérisation de certaines spécialités (comme la santé psychique), la multiplication des interrogations éthiques...
Ajoutons à ce cocktail les effets d'une pandémie aussi imprévisible et dévastatrice que celle du Covid-19 : effets contrastés - drames humains, économiques, sociaux mais prouesses scientifiques - qui ajoutent encore au désordre, sonnant le tocsin de la souveraineté sanitaire et de la relocalisation industrielle.
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Dans ce contexte, notre système de soins reste globalement performant - en témoigne l'espérance de vie post Covid-19 en retrait de 3 mois contre 10 en Angleterre ou 30 aux États-Unis. Mais il reste victime de poisons « bien français ». Le numerus clausus, instauré en 1971, a gravement entravé le développement des promotions de médecins et explique, en partie, la crise de soins actuelle, aussi bien « en ville » que dans les zones extra-urbaines. Sa levée en 2019 ne laisse entrevoir d'améliorations qu'à partir de 2030.
La technocratie malmène l'organisation politique et administrative, et hypothèque le démembrement des chapelles et des fonctionnements claniques.
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