La multiplication des crises ces dernières années exacerbe les tensions entre les entreprises. Entre l'explosion des cas de Covid, la fermeture de pans entiers de l'économie, la flambée des prix de l'énergie, les difficultés d'approvisionnement, certaines entreprises se retrouvent au bord du gouffre. Le rapport de force entre les grands groupes et les petites sociétés peut rapidement dégénérer. Régulièrement, le médiateur des entreprises a tiré la sonnette d'alarme ces dernières années afin de mettre la pression aux donneurs d'ordres.
Pour tenter de mettre fin à certaines dérives, les enquêteurs de la Direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des fraudes (DGCCRF) ont infligé 29,7 millions d'euros d'amende en 2021 pour des manquements en matière de délais de paiement. À titre de comparaison, pour ce même motif, les services de Bercy avaient infligé 9,4 millions d'euro d'amende en 2020, l'année de la pandémie. Certes, il y a deux ans, l'administration avait largement assoupli ses contrôles dans le contexte des confinements. Le montant de 2021 reste tout de même bien supérieur à ceux des années 2019 (22,4 millions d'euros), 2018 (17,2 millions d'euros) ou 2017 (14,7 millions d'euro).
Avec le prolongement de la guerre en Ukraine, les délais de paiement pourraient encore s'allonger, mettant en péril un grand nombre de PME et TPE. Interrogée par La Tribune à propos des conséquences du conflit en Ukraine sur les délais de paiement, la haute-fonctionnaire a signalé « qu'il était encore trop tôt pour répondre. Nous n'avons pas encore assez de recul. Les contrôles des délais de paiement se font sur la comptabilité passée. Nous n'avons pas encore retrouvé la moyenne des délais de paiement de 2019. »