Les soldes d'été démarrent mal à cause de l'inflation, déplorent les commerçants

Les ventes en magasins des onze premiers jours de soldes été 2022 ont chuté de 19% par rapport à 2019, selon l'Alliance du commerce et Retail Int. Ce recul est de 28% pour la fréquentation. Si les Français dépensent moins, c'est à cause de l'inflation qui plombe leur pouvoir d'achat les contraignant à privilégier certains postes de dépenses comme l'alimentaire.
Les soldes d'été ont démarré le 22 juin et durent jusqu'au 2 juillet.
Les soldes d'été ont démarré le 22 juin et durent jusqu'au 2 juillet. (Crédits : BENOIT TESSIER)

C'est l'une des conséquences de l'inflation qui grève le pouvoir d'achat des ménages. Pour ces derniers, le budget réservé à l'habillement est bien souvent réduit. C'est le constat que dresse la fédération professionnelle Alliance du commerce alors que les soldes d'été 2022 ont commencé il y a presque deux semaines. Elle déplore des ventes en baisse et un « très mauvais démarrage » de cette période de promotions qui dure jusqu'au 2 juillet.

Au regard des chiffres des ventes en magasins des onze premiers jours de soldes 2019, dernier exercice non perturbé par l'épidémie de Covid-19, ceux de 2022 accusent une baisse de 19%. Le trafic en magasin a, lui, chuté de 28%, selon le panel réalisé auprès d'une quarantaine d'enseignes représentatives du marché de l'habillement par l'Alliance du commerce et Retail Int.

Une inflation qui bat des records

Une chute de la fréquentation qui s'explique « par le retour des préoccupations des ménages liées à l'inflation et par les arbitrages défavorables des consommateurs vis-à-vis du secteur de l'habillement à la veille des vacances estivales ». Le textile et l'habillement, la chaussure, les jouet-culture-cadeaux ou la beauté-santé sont les catégories les plus pénalisées en période de forte inflation. A contrario, l'alimentaire spécialisé et l'équipement de maison font en revanche mieux qu'avant Covid-19 sur la période janvier-mai 2022, selon cette fédération. La hausse des prix ne cesse de battre des records depuis plusieurs mois, accentuée depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine le 24 février dernier. Elle atteignait 5,8% sur un an en juin contre 5,2% le mois précédent, selon l'Insee.

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Plus largement, sur le premier semestre de 2022, les enseignes du panel « enregistrent une chute de leur activité cumulée en magasin à périmètre constant et sur Internet de 5% par rapport à 2019 ». Le textile homme et enfant a « principalement tiré le marché de l'habillement », contrairement au textile femme et à la chaussure. La semaine précédente, la fédération du commerce spécialisé Procos avait également noté une activité commerciale en recul sur le premier semestre par rapport à l'avant Covid-19, de l'ordre de -7% en magasins. En comptant les ventes web des enseignes du panel de Procos, cette variation reste négative, à -5,4%.

Des ventes en ligne en hausse mais qui ne compensent pas

Un constat que partage l'Alliance du commerce : les ventes en ligne, bien qu'en forte progression depuis 2019 - +68% par rapport à la même période - ne compensent pas la baisse en magasins. Elles sont, d'ailleurs, moins élevées qu'en 2021 (-27%) lors de la période de fermeture des commerces.

A l'échelle européenne, la vente en ligne a, elle aussi, atteint des sommets l'année passée. Le chiffre d'affaires a ainsi connu une hausse de 13% pour atteindre 718 milliards d'euros, selon le bilan des deux organisations, réalisé avec le centre d'analyse de marché de l'Université des sciences appliquées d'Amsterdam. C'est plus qu'en 2020, année pourtant marquée par une série de confinement un peu partout en Europe caractérisés par une fermeture des commerces. La hausse des ventes de biens en ligne n'était alors que de 10% atteignant 633 milliards d'euros.

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Commentaires 2
à écrit le 06/07/2022 à 10:43
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L'inflation a bon dos. Mais, n'est ce pas aussi un changement de société, ou la sur consommation n'est plus la norme. Doit-on avoir 50 t-shirt ou polos dans sa garde-robe ? Doit-on renouveler celle-ci tous les semestres à minima ? Il faudrait ...

à écrit le 05/07/2022 à 19:04
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Eh oui, le retour de bâton du "quoi qu'il en coûte", ou plutôt du "faire monter la bourse pour que nos amis vendent, puis faire régler la facture aux consommateurs via l'inflation".

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