Comment l'inflation recompose le caddie alimentaire des Français
Paul Marion
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L'inflation atteint 5,8% en France sur un an d'après les chiffres de l'INSEE de mai.
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L'inflation atteint 5,8% en France sur un an d'après les chiffres de l'INSEE de mai.
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De l'explosion du e-commerce en période de confinement à la fermeture des rayons jugés « non-essentiels », les habitudes de consommation des Français n'ont cessé de se redessiner depuis deux ans. L'inflation, qui tutoie désormais les 6% sur un an, les contraint désormais à « faire plus attention » à leurs achats. Si la consommation générale de biens recule de manière continue depuis novembre (-3,9% depuis novembre), la baisse des achats alimentaires ralentit tout autant (-4% depuis novembre).
Deuxième poste de dépenses des ménages juste après le logement, le panier de courses alimentaires s'allège à mesure que de la facture énergétique s'alourdit. En toute logique, l'heure est aux économies.
Certains produits tout comme les produits à la coupe et les fruits et légumes se voient sacrifiés. « Des produits perçus comme un petit plaisir en temps normal », note Rodolphe Bonnasse, spécialiste de la grande distribution. Autre victime des arbitrages des clients, le bio qui « patine et régresse en magasin car les clients redécouvrent son prix », selon Michel-Edouard Leclerc. Une tendance de fond (-3,1 % de ventes en valeur en 2021), amplifiée par l'inflation.
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En rayon, les Français délaissent les gammes de produits considérés comme superflues et se recentrent sur les premiers prix et très souvent « le basico-basique, les marques distributeurs, 10 à 20% moins chères que les autres marques », d'après Rodolphe Bonnasse. Autre comportement récurrent que note l'expert dans ce climat anxiogène de crise permanente, « les achats de réassurance », à savoir la ruée sur les biens de première nécessité comme l'huile, les pâtes ou le papier toilette par crainte de pénurie. Dans ses rayons, Michel-Edouard Leclerc observe que « l'achat précipité de ces produits crée des ruptures, mais pas de pénurie. Les fournisseurs disposent encore de stock ».
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