Le ministère du Travail a annoncé ce vendredi qu'une soixantaine de départements ont pris des dérogations pour renforcer l'ouverture des commerces le dimanche, avec l'espoir de booster le chiffre d'affaires des commerces frappée par la crise sanitaire. Mais l'efficacité économique de l'activité dominicale reste difficilement évaluable.La relance passera-t-elle par l'accélération du travail dominical ? C'est en tout cas l'un des leviers que veulent actionner plusieurs acteurs économiques, comme le Conseil du commerce de France, afin de combler les pertes de chiffre d'affaires causées par le confinement. Mais les résultats de ces mesures restent à ce jour incertains.
Selon des chiffres du ministère du Travail, communiqué ce vendredi sur LCI par sa ministre Élisabeth Borne, une soixantaine de départements ont pris des dérogations pour permettre l'ouverture des commerces le dimanche. "Des arrêtés ont été pris pour des dérogations exceptionnelles au repos le dimanche dans une soixantaine de départements", a-t-elle précisé, comme "Paris, la Côte-d'Or ou l'Isère." La concertation, lancée début mai, s'était étendue à 76 départements.
"Un contre-choc d'activité" pour doper la consommation
Conformément à la loi Macron de 2015, qui accentuait le travail du dimanche dans certaines zones denses et pour le commerce de détail, un éventuel accord se discute dans les territoires entre les différents partenaires sociaux, sous l'égide de la préfecture qui donne l'autorisation ou non. Certains départements se sont refusés à le faire, "par exemple, le Tarn", a précisé Élisabeth Borne.
L'ouverture le dimanche permettrait aux commerçants d'écouler leurs stocks accumulés depuis plusieurs mois. Et, dans un contexte de jauge d'accueil réduite, d'étaler les visites potentielles des clients sur davantage de jour. Plusieurs observateurs estiment également que l'ouverture du dimanche, après un confinement, peut "produire un contre-choc d'activité", soutient notamment l'Observatoire du travail le dimanche et ainsi doper la consommation :
"C'est une nécessité, d'autant plus que les commerçants subissent de plein fouet la concurrence du e-commerce, accélérée dans la période de confinement. Une concurrence qui fait planer le risque d'une désaffection des consommateurs pour le commerce physique."