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ÉconomieFrance

Université d'été du Medef : la gauche tente de se faire entendre

Constant Méheut, à Jouy-en-Josas

Publié le 31 août 2016 à 15:12 - Mis à jour le 31 août 2016 à 15:45

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A moins d'un an de la présidentielle la gauche gouvernementale fait pâle figure aux Universités d'été du Medef. Alors que les quatre principaux candidats à la primaire de la droite et du centre (Fillon, Le Maire, Sarkozy et Juppé) y sont accueillis en guest stars, une poignée à peine de ministres et de députés de gauche s'est présentée sur le campus de HEC pour défendre, souvent maladroitement, le bilan du gouvernement.

Les personnalités de gauche sont une espèce rare cette année aux Universités d'été du Medef. On croirait presque qu'elles se cachent, comme si elles n'étaient pas à leur place. Et lorsqu'elles osent monter à la tribune ce ne sont pas les flash des photographes qui se tournent vers elles mais plus souvent les huées de l'assemblée. Pas facile, il faut le dire, pour les ministres et députés de gauche de venir défendre le bilan de François Hollande à moins d'un an de la présidentielle. Les chefs d'entreprises apparaissent tous désabusés par la politique et le désamour avec la gauche semble définitivement consommé.

Clap de fin pour la lune de miel entre la gauche et les patrons

Tout avait pourtant si bien commencé. En août 2012, trois mois après la victoire de François Hollande à l'élection présidentielle, le premier ministre fraîchement élu Jean-Marc Ayrault amenait avec lui sur le campus de HEC à Jouy-en-Josas le rouge de la victoire. Pas moins de dix membres de son gouvernement étaient ainsi intervenus "dans un esprit d'ouverture et de confiance". Si 2013 était ensuite marqué par les mouvements des pigeons et l'exaspération des chefs d'entreprises devant la politique "idéologique" de François Hollande, cela n'avait pas empêché Pierre Moscovici, ministre de l'économie, de se présenter comme le "ministre des entreprises". Enfin comment ne pas se souvenir de cette déclaration d'amour de Manuel Valls devant le Medef en 2014 ? "Moi j'aime l'entreprise", avait lancé le premier ministre, qui pouvait se targuer de la mise en place du pacte de responsabilité, un véritable cadeau de 41 milliards d'euros aux entreprises françaises.

Mais dès 2015 la lune de miel prend fin. Le Medef ne supporte plus ce qu'il qualifie de "demi-mesures" et vilipende des réformes qui ne "sont pas menées jusqu'au bout" voire qui s'habillent de règles absurdes et contre-productives, "motivées par des raisons idéologiques" et non par un principe d'efficacité selon Pierre Vauterin, président de Triumph Controls France. Pas un hasard si l'invité politique principal en 2015 était Emmanuel Macron, symbole de cette gauche tiraillée entre les "réformateurs" et les "frondeurs". L'ex-ministre de l'économie avait alors durement critiqué les 35 heures, mesure phare de la gauche au pouvoir.

En cette année 2016 les représentants de la gauche gouvernementale se comptent sur les doigts d'une main. Olivier Faure, député socialiste, et Jean-Marie Le Guen, secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement, ont essayé, sous les sifflets parfois, de défendre le bilan gouvernemental lors des plénières politiques. Thierry Mandon, secrétaire d'Etat chargé de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, a choisi de participer à une conférence sur l'innovation avec peu de public, tandis qu'Axelle Lemaire, secrétaire d'Etat chargée du Numérique, n'est elle finalement pas venue comme cela était prévu. Un mouvement qui se cache ou se débat maladroitement, voilà l'image qu'avait la gauche lors de ces universités d'été du Medef.

Des tentatives maladroites de défendre le bilan du gouvernement

C'est Olivier Faure qui s'est jeté le premier dans l'arène. Succédant à François Fillon à la tribune il a tenté de défendre le bilan du gouvernement en insistant sur la politique économique favorable aux entreprises mais aussi sur la dynamique de progrès social impulsée. Hué lorsqu'il s'est dit fier des actions menées lors de ce quinquennat, il était le symbole d'une gauche quasi ostracisée sur le campus du Medef. Jean-Marie Le Guen, lui, s'est attaché à présenter le visage d'une gauche plus en phase avec les valeurs de l'entreprise.

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"Je suis ici en tant que contributeur de la gauche réformiste", a tenu à rappeler dès le début le proche de François Hollande.

A la remarque de Sophie de Menton, présidente d'Ethic, qui lui affirmait qu'il y a "un certain mépris de la réalité du terrain que nous [les chefs d'entreprises] nous ne comprenons pas", le secrétaire d'Etat a plaidé la pédagogie constructive du changement. Rappelant les efforts du gouvernement envers les entreprises il a néanmoins tenu à marquer sa différence avec les candidats de droite. Il s'est dit fier que la gauche soit la seule à réformer le contrat social tout en gardant le souci du capital humain, en préservant les services minimums (hôpitaux et éducation notamment) quand la droite n'hésite pas à les fragiliser. Une charge ses opposants politiques qui était toute préparée.

Mettre en garde contre une droite démagogue

Car c'était bien là l'objectif de ces interventions. Au delà de faire acte de présence, les représentants de la gauche ont tenu à souligner l'aspect démagogique des propositions des candidats de droite. Olivier Faure a critiqué une droite qui promet tout sans se soucier de la mise en oeuvre. Jean-Marie Le Guen apparaissait lui remonté contre ce qui semble être une concession de tous les candidats des Républicains aux revendications du Medef. pas de "Je ne ferai promesses, ni la politique de la table rase", a affirmé le secrétaire d'Etat pour marquer sa différence avec les interventions des candidats à la primaire de la droite et du centre.

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C'est donc une gauche gouvernementale bien affaiblie qui s'est présentée à l'université d'été du Medef. En revanche les chefs d'entreprises n'ont pas fermé la porte à une autre gauche, ou plutôt à un autre courant politique. Un courant de gauche qui ose casser les codes idéologiques, celui de Gérard Collomb, maire de Lyon, qui est venu débattre cet après-midi mais surtout d'Emmanuel Macron qui vient de démissionner du gouvernement. L'ex-ministre de l'économie était grandement attendu sur le campus du Medef dimanche. Suite à sa démission, il a décidé d'annuler sa venue. Interrogé sur son absence Gerard Collomb s'est dit "certain qu'il viendra à la rencontre des entreprises bientôt". Ce n'est donc que partie remise...

Constant Méheut, à Jouy-en-Josas

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