Week-ends confinés : les onze autres territoires sur la sellette après Nice et Dunkerque

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(Crédits : Sarah Meyssonnier)
Le Premier ministre Jean Castex et le ministre de la Santé doivent prendre la parole ce jeudi pour tracer les lignes de ce qui se dessine comme étant la nouvelle stratégie du gouvernement : des confinements territorialisés et contenus, pour l'instant, sur les fins de semaine. Mais avant d'éventuelles nouvelles restrictions, ce sont d'abord des consultations avec les élus qui doivent être annoncées par Matignon.

Après Nice et Dunkerque, reconfinés le week-end pour contrer la flambée de Covid-19, le gouvernement doit se pencher sur une dizaine de départements qu'il juge "préoccupants", dans une crise sans fin où la vaccination semble le seul espoir.

Le Premier ministre Jean Castex et celui de la Santé Olivier Véran sont attendus jeudi à 18h pour annoncer de nouvelles concertations avec les élus pour ces départements où la situation "est très préoccupante" selon les mots du porte-parole du gouvernement Gabriel Attal. Selon Matignon, ils devraient aussi aborder la question des traitements, alors que le gouvernement a déjà évoqué la piste des anticorps monoclonaux, censés épauler le système immunitaire pour neutraliser le coronavirus.

Outre les Alpes-Maritimes et le Nord, onze départements métropolitains connaissent un taux d'incidence supérieur à 250 cas pour 100.000 habitants sur les sept derniers jours, au-dessus du seuil d'alerte maximale défini par le gouvernement, dans les Hauts-de-France, l'Ile-de-France et le Grand Est, des régions confrontées à des proportions plus importantes de variants britannique, sud-africain ou brésilien du virus.

Dans le détail, l'évolution des taux d'incidence du virus dans ces onze départements est visible sur la carte de Santé Publique France. Avec les Alpes-Maritimes, on y trouve ainsi, à date, les départements métropolitains suivants : Nord, Pas-de-Calais, Somme, Oise, Seine-et-Marne, Essonne, Val-de-Marne, Paris, Moselle, Var, Bouches-du-Rhône. En outre mer, les iles de Saint-Barthélémy et Mayotte sont soumises à la même augmentation des taux.

La carte des taux d'incidence du virus Covid-19


Parmi ces départements figure la Moselle, où le gouvernement a annoncé que des tests PCR négatifs de moins de 72 heures seraient exigés à compter de lundi matin pour les frontaliers qui reviennent d'Allemagne sans motif professionnel. Pour les non-frontaliers, ce test est déjà réclamé pour toute entrée en France en provenance d'un pays de l'UE.

« La situation se dégrade »

"Je ne demande pas de reconfiner la Moselle", où la question s'était déjà posée il y a deux semaines face à une hausse du variant sud-africain, a néanmoins déclaré sur France Inter le président de la région Grand Est, Jean Rottner, jugeant la situation "relativement stable". Mais "ce qui est inquiétant à l'échelle du Grand Est, c'est que la baisse de la circulation virale s'est arrêtée, donc je pense que dans deux à trois semaines, les questions se poseront de manière différente", a-t-il ajouté.

Au niveau national, Santé publique France a annoncé mercredi avoir enregistré plus de 31.519 cas positifs en 24 heures, un chiffre à prendre avec précaution car il peut comprendre des rattrapages de cas détectés les jours précédents, mais au plus haut depuis mi-novembre. Selon des données plus consolidées, il y a eu 138.771 personnes testées positives la semaine dernière, contre 128.662 la précédente.

"La situation épidémique se dégrade dans notre pays", a déploré mercredi Olivier Véran à Dunkerque, soulignant que "le nombre de diagnostics augmente désormais jour après jour".

Si les contaminations repartent à la hausse, ce sera dans un contexte où la charge hospitalière est déjà élevée, avec toujours plus de 25.000 patients hospitalisés (contre plus de 33.000 et 32.000 aux pics des deuxième et première vague), dont plus de 3.400 dans des services de réanimation, où sont soignés les malades les plus gravement atteints.

Baisse des morts en Ehpad

Le nombre de malades en réanimation reste loin des records de l'automne (4.900) et du printemps (7.000), mais la progression de la vaccination en France ne sera pas suffisante pour éviter un bond des hospitalisations à un niveau supérieur au pic de la première vague, sans restrictions supplémentaires, préviennent les modélisateurs de l'Institut Pasteur dans une étude publiée mercredi. Ce rebond serait lié notamment à la progression du variant d'origine britannique du coronavirus, estimé 50% plus contagieux que la souche historique.

Jeudi, la campagne vaccinale a entamé une nouvelle étape avec la possibilité pour les médecins de ville d'injecter l'un des trois antidotes autorisés en France, celui d'AstraZeneca, pour les 50-64 ans atteints de comorbidités, soit 2 millions de personnes.

Dans les Ehpad, cible prioritaire de la campagne, le taux de couverture vaccinale avec deux doses atteint désormais 50% (80% pour la première dose) et le nombre de décès, enregistré deux fois par semaine, connaît une baisse sensible, avec 121 morts mardi (contre 235 une semaine plus tôt), mais les autorités sanitaires restent prudentes et n'établissent pas encore de lien certain avec la protection due au vaccin.

Au total, 2,6 millions de personnes ont reçu au moins une dose, dont 1,3 million de personnes ont été vaccinées avec les deux doses.

Lire aussi : Dunkerque, Nice... pour Rémi Salomon (AP-HP), confiner le week-end est insuffisant

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Commentaires
a écrit le 26/02/2021 à 12:17 :
Les assistés peuvent vaquer librement en semaine pendant que les travailleurs bossent et après 18h et le WE tout le monde est puni.
On confine ou pas, mais tout le monde doit en subir les conséquences
Surtout que si le virus diffuse c'est pas uniquement en entreprise, suivez mon regard.....
Réponse de le 17/03/2021 à 20:57 :
Vous avez raison, mais il y a beaucoup de monde qui habitent en ville et sont en bord de seine le wk..parfois sans masque..pourquoi les habitants des campagnes qui sont beaucoup plus respectueux seraient confinés pour tenir compagnie à ceux qui se moquent du virus.?????
a écrit le 26/02/2021 à 9:59 :
"Dans les Ehpad,le nombre de décès, enregistré deux fois par semaine, connaît une baisse sensible, avec 121 morts mardi (contre 235 une semaine plus tôt), mais les autorités sanitaires restent prudentes et n'établissent pas encore de lien certain avec la protection due au vaccin".

Absurde, puisque l'OMS a fortement de conseillé au médecin de pratiquer une autopsie depuis mars 2020 pour vérifier de quoi est mort exactement le résident.Dès le décès, le corps est mis nu dans une housse sans possibilité à la famille de vérifier un minimum qui est dans cette housse et enterré ensuite à la va-vite.Il est donc facile de baptiser mort du covid sans savoir réellement la cause.Pour rappel, 120.000 personnes décèdent chaque année en Ehpad hors covid soit un sur sept .
a écrit le 26/02/2021 à 3:40 :
En aucun cas une strategie de ce pseudo gouvernement est envisagee, parlons plutot d'un tragedie.
a écrit le 25/02/2021 à 21:10 :
J'en viens presque à espérer un 3eme confinement. Pour faire baisser les contaminations ? Non, pour que ça bouge un peu dans la rue, histoire de remettre les pendules à l'heure.
a écrit le 25/02/2021 à 17:33 :
Une colle : en France comme en RU il y a 20 % de la population qui a plus de 65 ans et ces personnes représentent 90 % des décès liés au covid. Donc avant tout autres ils doivent être vaccinés en premier OK ?
Or en France on commence à vacciner dans les entreprises alors que même pas 3 millions de français ont été vaccinés. Si je sais encore compter il reste au moins 10 millions de français de plus de 65 ans à vacciner avant !
Et au RU ils ont vacciné plus de 15 millions de personnes donc logiquement tous les vieux. Il devrait donc y avoir 90 % de morts en moins ?
a écrit le 25/02/2021 à 17:01 :
Le but est simple nous fragiliser un peu plus par un confinement ce qui multipliera les "cas" puis les hospitalisations dans des hôpitaux publiques saturés faute de lits et de personnel pour enfin nous imposer un vaccin et un passeport vaccinal qui ne sera plus une option dans un avenir proche et qui devra être renouveler chaque année.Quand aux Ehpad la mortalité continue de plus belle ,malgré la vaccination .Il y a trop d'argent en jeu entre les labos et le gouvernement dans cette histoire pour qu'ils reviennent en arrière.En plus ,on peut maintenir une population dans la peur par l’intermédiaire de médias qui martèlent le covid du soir au matin, jour après jour et ce minimum jusqu’à la présidentielle .Comme dit le titre de Libé: Un joug sans fin
a écrit le 25/02/2021 à 16:26 :
Oui , nous y sommes , après avoir fait semblant de différer un 3 ème confinement sec qui suscitait trop d'oppositions, on va nous l'imposer progressivement comme à l'automne: d'abord les Alpes maritimes et le Nord, puis l'Ile de France et le Grand Est ..
Mais à trop jouer avec le feu nos apprentis sorciers vont'ils enfin se brûler ....
a écrit le 25/02/2021 à 15:14 :
Et pendant ce temps d'après un article de la tribune la suede qui n'a pas de plus mauvais résultats que la france met un couvre feu (entendez fermeture des restau et bars) a 20h30. Inutile voire contre productif acharnement coercitif
a écrit le 25/02/2021 à 14:29 :
Attention à ne pas agir comme dans une célèbre publicité pour une compagnie d'assurance qui se termine par "...envoyez la pub...". La propagande et l'information sont deux choses différentes et devraient le rester : là on nous travaille trop le moral...
a écrit le 25/02/2021 à 14:09 :
Du coup on a comme ça tous les vieux qui s'entassent en même temps que les actifs la semaine entre 8h et 18h créant des bouchons partout entre 17h et 18h.

Mais où vont donc t'ils chercher tout ça ? N'importe quelle classe de primaire ferait mieux.

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