Neuf aéroports dans la seule région Occitanie pour un trafic trop faible. C'est cette situation que la Chambre régionale des comptes (CRC) a interrogé dans le cadre d'une enquête nationale sur le maillage aéroportuaire en France, et qu'elle vient de rendre publique. L'enquête en Occitanie, qui s'intéresse aux exercices de 2017 à 2021 (2019 en réalité car 2020 et 2021 ne sont pas significatives en raison de la crise sanitaire), porte sur les sept aéroports régionaux dits « intermédiaires », excluant les deux aéroports « d'intérêt national » de Toulouse et Montpellier, qui enregistrent respectivement 10 et 2 millions de passagers par an (soit 71,5% et 14,4% du trafic régional).
Les 14% restant sont développés par les sept autres aéroports, dont la CRC relève le caractère « import » (accueillir des passagers étrangers, provenant généralement d'Europe du nord) : avant la crise sanitaire, les plateformes aéroportuaires de Carcassonne, Tarbes et Perpignan connaissaient un trafic d'environ 400.000 passagers par an, Nîmes et Béziers de moins de 250.000, Rodez et Castres de moins de 100.000. Valérie Renet, la présidente de la Chambre régionale des comptes (CRC) d'Occitanie, rappelant que « tous les aéroports de taille intermédiaire, ayant un trafic inférieur à 700.000 passagers par an, peuvent être fragiles »...
«Cette enquête intervient maintenant parce que la crise sanitaire a pointé les fragilités du transport aérien, parce que les préoccupations environnementales sont aujourd'hui davantage mises en avant, parce que nous avons voulu examiner la qualité de la dépense publique mais aussi parce qu'on arrivera, en 2027, à la fin de l'échéance donnée par la commission européenne, qui régit le transport aérien et la concurrence entre les aéroports au niveau européen, pour dire si les aides publiques aux financements des plateformes aéroportuaires sont régulières ou si elles sont considérées comme des aides d'Etat faussant la concurrence,explique la magistrate. Par principe, la commission européenne estime que les aéroports doivent s'équilibrer sans subventions publiques, mais nous sommes dans la période transitoire durant laquelle elles sont encore autorisées. »