A l'Opep+ comme à Washington les barils de pétrole se politisent
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Le président Joe Biden a annoncé que les Etats-Unis allaient puiser 1 million de barils par jour (mbj) dans leurs réserves stratégiques de pétrole durant six mois si besoin. Une opération inédite depuis la mise en place de ces réserves. L'effort est colossal puisqu'il représente 11,5% de la consommation quotidienne des Etats-Unis.
Sur les marchés pétroliers, les cours du brut étaient en baisse après l'annonce, celui du baril de Brent, à Londres, reculait de 5 % pour évoluer autour de 107,8 dollars, tandis que celui du baril de WTI, référence américaine, lui aussi baissait de 4% pour revenir aux alentours de 103 dollars, largement en dessous du pic de quelque 130 dollars atteint après l'invasion de l'Ukraine.
La décision de la Maison-Blanche devrait être suivie par d'autres pays, une réunion de l'Agence internationale de l'énergie, chargée de conseiller les pays de l'OCDE en matière de politique énergétique, ayant prévu une réunion ce vendredi. Elle pourrait notamment s'occuper de la coordination des actions.
Le choix de Joe Biden vise à réduire la hausse de l'énergie, qui alimente fortement une inflation qui a encore progressé pour atteindre en mars 6,4% sur un an (+0,6% sur un mois) selon l'indice PCE, que la Fed préfère au classique CPI comme référence. Le président américain escompte ainsi freiner les prix de l'essence.
En novembre, les Etats-Unis avaient déjà puisé 50 millions de barils. Le 1er mars, les pays de l'OCDE avaient mis 60 millions de barils (30 millions pour les seuls Etats-Unis) sur le marché mais sans grand succès. Ce jour-là, les cours avaient flambé de 7% en raison des sanctions imposées à la Russie, l'un des plus importants exportateurs mondiaux de pétrole.
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Pour le président américain, la décision est aussi politique. Les élections de mi-mandat, qui se tiendront le 8 novembre prochain, s'annoncent difficiles pour les démocrates qui risquent de perdre des sièges au Congrès, rendant plus difficile l'acceptation des projets de Joe Biden. Aux Etats-Unis, le prix de l'essence est un bon indicateur de l'état de l'opinion publique qui juge la capacité du gouvernement à limiter la hausse des prix, en particulier du carburant. Ce mécontentement se reflète dans les sondages qui enregistrent une baisse de la cote de popularité de Joe Biden ces derniers mois.