À l'Opep+, il y a consensus pour réduire les stocks de pétrole (dit Ryad)

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Certains ministres de l'Energie des membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et leurs partenaires se sont réunis le week-end dernier à Djeddah, en Arabie saoudite, pour discuter de leur accord de limitation de la production.
Certains ministres de l'Energie des membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et leurs partenaires se sont réunis le week-end dernier à Djeddah, en Arabie saoudite, pour discuter de leur accord de limitation de la production. (Crédits : Reuters)
Les cours du pétrole ont bondi ce lundi 20 mai en raison des tensions au Moyen-Orient et de l'engagement réitéré de l'Arabie saoudite envers une réduction des stocks mondiaux de pétrole.

Un consensus existe à l'Opep et chez ses producteurs alliés pour réduire "tranquillement" les stocks de pétrole, a déclaré le ministre saoudien de l'Energie Khalid al-Falih, tout en assurant que son pays resterait attentif aux besoins d'un marché selon lui toujours fragile. Une reconduction au deuxième semestre 2019 des limitations de production décidées par l'alliance dite Opep+ a été la principale option discutée lors d'une réunion de suivi dimanche, à Djeddah, mais les "choses peuvent changer d'ici juin", a-t-il indiqué lors d'une conférence de presse dans la soirée.

« Pour le deuxième semestre, notre préférence est de maintenir une gestion de la production permettant la poursuite de la baisse graduelle des stocks, une baisse tranquille mais certaine pour revenir vers des niveaux normaux », a-t-il dit.

La perspective d'une prolongation de l'accord d'encadrement de l'offre fait grimper les cours du brut de plus de 1% ce lundi, avec le Brent de mer du Nord à plus de 73 dollars.

L'Opep prendra une décision officielle fin juin

L'Opep, la Russie et d'autres producteurs se sont entendus pour réduire leur production cumulée de 1,2 million de barils par jour depuis le 1er janvier et pour une durée de six mois. L'accord, destiné à empêcher un gonflement des stocks mondiaux et à soutenir les cours du brut, a contribué à une hausse de 30% des prix cette année.

Le ministre russe de l'Energie, Alexandre Novak, a précisé pour sa part que le comité de suivi de l'accord avait aussi évoqué la possibilité d'un assouplissement des baisses de production et que l'état de l'offre sur le marché serait plus aisé à analyser dans un mois, quand l'Opep+ aura à prendre une décision sur la reconduction ou non de l'accord.

Selon deux sources, l'Arabie saoudite et la Russie envisagent deux scénarios pour la réunion de juin, qui vont tous les deux dans le sens d'une augmentation de la production au deuxième semestre. L'un des scénarios vise à supprimer les baisses de production au-delà des limites convenues, ce qui reviendrait à augmenter l'offre de l'Opep+ d'environ 800.000 barils par jour, et l'autre consiste à ramener à 900.000 bpj la baisse globale de production, au lieu de 1,2 million de bpj actuellement.

Riyad et Abou Dhabi assurent qu'il faut rester prudent

Khalid al-Falih a assuré à la presse que le marché était "très fragile" avec à la fois des perturbations de l'offre et une hausse des stocks, mais il a ajouté qu'une situation "plus confortable" prévaudrait dans les prochaines semaines. La sur-conformité à l'accord de certains pays de l'Opep+ n'est pas durable et "pourra être inversée en juin", a-t-il dit.

Si la réunion ministérielle de juin décide de prolonger les baisses de production, l'Arabie saoudite s'y conformera, a-t-il ajouté, en précisant que le royaume prévoyait une production de l'ordre de 9,7 millions de barils en mai et juin.

« Il est critique de ne pas prendre de décisions précipitées, compte tenu de données (...) complexes et de l'évolution de la situation », a-t-il dit, faisant allusion aux perspectives économiques assombries par la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine. « Mais je veux vous assurer que notre groupe a toujours fait ce qu'il fallait dans l'intérêt à la fois des consommateurs et des producteurs. Cela restera le cas », a souligné le ministre saoudien.

La production de pétrole bat des records aux États-Unis

Les stocks américains de pétrole brut ont atteint la semaine dernière leur plus haut niveau depuis septembre 2017, selon l'agence d'information du département de l'Energie (EIA). Alors que le Brent se traite à plus de 70 dollars, les Etats-Unis, dont Ryad est un proche allié, pressent l'Opep d'augmenter sa production afin de faire baisser les cours.

La baisse de l'offre de l'Opep a été accentuée ces derniers mois par la chute des exportations du Venezuela et de l'Iran, sous l'effet de sanctions américaines.

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a écrit le 20/05/2019 à 23:59 :
Pour rappel, l'Humanité ne produit pas de pétrole, elle l'extrait du sol de notre planète. Le pétrole met plus de 20 millions d'années à se former. Donc en effet, plus on en extrait et on en utilise, plus les stocks diminuent ... Bientôt, en exclusivité dans La Tribune : l'eau mouille.
a écrit le 20/05/2019 à 21:46 :
Diminuer la production = augmenter les prix = engranger un maximum de pétrodollars avant que les ressources ne s’épuisent.
a écrit le 20/05/2019 à 12:37 :
Nous sommes la civilisation "Pétrole" et son absence sera catastrophique si on ne l'organise pas. En l'espèce, j'ai l'impression que c'est uniquement l'affaire des banquiers d'affaires et des marchés alors qu'il s'agit de notre civilisation, de nos habitudes les plus quotidiennes. Tout est pétrole, les transports, le chauffage, le plastoc et autre pesticides, il serait temps si nous voulons faire l'Europe que nous nous intéressions à cette question, un beau sujet pour une belle politique, plutôt une révolution..
a écrit le 20/05/2019 à 11:23 :
"La production de pétrole bat des records aux Etats-Unis"

Ils sont gagnants à tous les coups les américains, en tant que premier producteur mondial, si les cours baissent ils peuvent vendre en masse et faire baisser le prix de l'énergie pour leurs citoyens et s'ils montent ils engrangent de juteux profits.

Le problème majeur étant surtout ces monarchies du golf qui ont gagné des fortunes là dessus sans jamais chercher à renouveler leur économie et qui sont désormais totalement liés au cours du brut.

Et notre union européenne totalement incapable d'anticiper ce phénomène, encore moins de pouvoir y jouer un rôle quelconque, car bien trop faible, et de chercher des alternatives crédibles car totalement parasitée par son conservatisme financier.
Réponse de le 20/05/2019 à 17:10 :
Très limité comme dab !
Par exemple vous oubliez que les plus puissants majors du pétrole sont américains, et que les Etats-Unis pèsent aussi lourd dans l'industrie parapétrolière. Lors de la dernière crise pétrolière, les entreprises américaines, majors et parapétrolières ont licencié des dizaines de milliers de salariés. Pour se faire réélire, Trump n'a pas intérêt a ce que ça grogne au moment du passage à la pompe. Et l'armée américaine consomme énormément de carburant qui impacte plus ou moins le budget. Il n'y a pas que les monarchies du golfe qui sont accros aux hydrocarbures. D'autres peuvent aussi peuvent être déstabilisées s'ils ne le sont pas déjà (dont des alliés américains) : Nigéria, Russie, Brésil, Canada, Algérie, Angola, Malaisie, Norvège, Australie, Kazakhstan, Turkménistan, Azerbaïdjan, etc. On oublie le Venezuela.
Ce n'est donc pas si simple !
Réponse de le 21/05/2019 à 8:32 :
Exact... Les États Unis à la baguette comme toujours, gagnant à tous les coups et imposant leur volonté..
On les aime ou pas mais il faut avouer qu'ils sont vraiment les plus forts..et le prouvent a chaque enjeu économique....
Réponse de le 21/05/2019 à 10:02 :
@ Skett:

Oui ils sont très fort mais la nullité de notre oligarchie y est pour beaucoup aussi, si nous avions des dirigeants économiques et politiques éclairés nous pourrions largement rivaliser.

Nos riches sont hélàs bien trop avides, bien trop compromis et bien trop nuls pour cela..

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