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ÉconomieInternational

Abrogation de l'Obamacare : Trump miné par sa majorité

Photo de Grégoire Normand

Grégoire Normand

Publié le 26 septembre 2017 à 13:08 - Mis à jour le 26 septembre 2017 à 14:42

Le Quotidien Numérique

13 juin 2026

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Donald Trump ne dispose plus de la majorité suffisante au Sénat pour faire passer son emblématique réforme visant à abroger l'Obamacare. Promulgué en 2010, ce texte, qui a permis à 21 millions d'Américains supplémentaires de bénéficier d'une assurance santé, est jugé trop coûteux et interventionniste par de nombreux républicains.

La Maison Blanche multiplie les revers. Après une vague d'oppositions exprimées par plusieurs gouverneurs américains la semaine dernière dans les couloirs de l'Organisation des nations-unies, les sénateurs républicains sont de plus en plus nombreux à désapprouver la politique du chef d'Etat. Après Rand Paul et John McCain, c'est la modérée Susan Collins qui a annoncé lundi son désaccord dans un communiqué publié sur Twitter. "Cette proposition de loi aurait un impact négatif très important sur le nombre de personnes couvertes par une assurance."

Une majorité relative au Sénat

L'opposition des républicains au Sénat affaiblit les ambitions politiques de Donald Trump. Les conservateurs y disposent d'une courte majorité de 52 sièges contre 48 aux démocrates et les élus sont confrontés à la date butoir du 30 septembre pour faire adopter le texte à la majorité simple. Passé ce délai, il faut une majorité de 60 voix, ce qui rendrait l'adoption du texte en cet état quasiment impossible.

En juillet dernier, une version précédente de la réforme républicaine avait échoué à une voix près provoquant la colère de Donald Trump, qui en avait fait une promesse majeure de son programme. "C'est désolant", s'est lamenté le chef d'Etat américain sur une radio locale d'Alabama. "On m'avait promis que j'aurais une loi à promulguer sur mon bureau dès le premier jour. "Dans son intervention rapportée par l'AFP, il a particulièrement visé le sénateur républicain John McCain.

"McCain a donné une vraie gifle au parti républicain [...] Sans John McCain, nous aurions déjà notre réforme santé."

John McCain dans les couloirs du capitole à Washington. Crédits : Aaron Bernstein/Reuters.

Vendredi dernier, le sénateur de l'Arizona John McCain a annoncé qu'il s'opposait au démantèlement du dispositif de santé. Ancien candidat à l'élection présidentielle et vétéran de la guerre du Vietnam, celui-ci a reproché aux élus de son camp de vouloir se précipiter à tout prix pour abroger le dispositif voté en 2010.

Des pressions exercées

La sénatrice Susan Collins affirme avoir subi d'intenses pressions de la part des républicains et du chef d'Etat. "Le président m'a appelée aujourd'hui, le vice-président (Mike Pence) m'a appelée dans le Maine au cours du week-end, (le ministre de la Santé Tom) Price m'a appelée, cela irait probablement plus vite si je disais qui ne m'a pas appelée", a-t-elle déclaré.

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Pour se justifier, l'élue a dénoncé les coupes importantes prévues par le projet républicain dans le financement de Medicaid, un programme d'accès aux soins destiné aux Américains les plus pauvres et aux enfants handicapés.

"Prendre un programme qui est en vigueur depuis plus de 50 ans et effectuer de tels changements fondamentaux et structurels (...) et le faire sans organiser de consultations approfondies pour évaluer l'impact sur nos concitoyens les plus vulnérables, c'était inacceptable", a-t-elle dit.

Des manifestations organisées

Les conséquences d'une telle abrogation inquiète de nombreux élus américains. D'après une étude alarmante publiée par le Bureau du budget du congrès (CBO), des millions de citoyens perdraient toute couverture pour les soins les plus coûteux si le texte républicain était adopté. Le projet permettrait d'économiser 1.000 milliards de dollars de dépenses fédérales consacrées à Medicaid sur la période 2017-2026 en raison principalement de la réduction du financement fédéral selon le CBO. Selon l'AFP, environ 10% des 273 millions d'Américains de moins de 65 ans vivent actuellement sans couverture maladie, un point bas historique, alors que cette proportion était de 18% en 2010, l'année de l'adoption d'Obamacare.

> Lire aussi : 22 millions d'assurés en moins si l'Obamacare est abrogée

Le plan républicain consistait à transférer aux Etats une partie du budget fédéral de la santé, tout en réduisant les crédits et en autorisant les autorités locales à déréglementer le marché privé des assurances santé, quitte à supprimer des garde-fous imposés par Obamacare pour garantir un niveau de remboursement ou la couverture de certains soins essentiels.

Par ailleurs, la résistance s'organise contre la réforme tant défendue par Donald Trump. Une coalition de médecins, d'associations de malades, de compagnies d'assurance et d'élus démocrates s'est mobilisée contre le plan. Lundi, une audition parlementaire a été perturbée par plusieurs manifestants en fauteuils roulants, qui ont dû être expulsés par les forces de police rapporte l'AFP. "Tuez la réforme, pas nous!", ont-ils scandé, créant un vacarme dans les couloirs d'une annexe du Capitole. Avec la défection de ces trois sénateurs, la liste des échecs politiques pour le milliardaire américain ne cesse de s'allonger.

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> Lire aussi : Décret migratoire : Trump se prend encore un revers

Grégoire Normand

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