Obamacare : le Sénat américain enterre toute abrogation

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Le Sénat américain a rejeté vendredi le texte prévoyant une abrogation partielle de la loi sur l'assurance-maladie dite Obamacare.
Le Sénat américain a rejeté vendredi le texte prévoyant une abrogation partielle de la loi sur l'assurance-maladie dite "Obamacare". (Crédits : AARON P. BERNSTEIN)
Au grand dam de Donald Trump, la loi sur l'assurance-maladie ne subira pas d'abrogation partielle, c'est ce qu'a décidé le Sénat américain, ce vendredi matin. Cette semaine, les sénateurs s'étaient pourtant exprimés en faveur de la réouverture du débat sur la réforme.

Nouvel épisode dans la série "abrogation de l'Obamacare". Le Sénat américain a rejeté vendredi le texte prévoyant une abrogation partielle de la loi sur l'assurance-maladie dite "Obamacare", ce qui pourrait mettre fin aux efforts déployés depuis sept ans par le Parti républicain pour supprimer cette réforme emblématique de la présidence de Barack Obama.

Trois sénateurs républicains - John McCain, Susan Collins et Lisa Murkowski - ont joint leurs voix à ceux des démocrates pour voter vers 1h30 du matin contre ce texte. Il a ainsi été rejeté par 51 voix contre 49.

Ce projet était censé ouvrir la voie à des négociations entre le Sénat et la Chambre des représentants, qui a voté son propre texte d'abrogation en mai dernier.

"C'est à l'évidence une déception", a commenté le chef de la majorité républicaine à la chambre haute, Mitch McConnell. "Le peuple américain regrettera que nous n'ayons pas trouvé un meilleur moyen d'avancer."

Donald Trump, dans la tourmente

Le document de huit pages constituait un compromis que réclament les conservateurs mais auquel s'opposait l'aile modérée du Parti républicain. Les sénateurs avaient déjà rejeté cette semaine, par 57 voix contre 43, une abrogation pure et simple sans remplacement de la loi existante.

Dans la foulée, le Sénat avait toutefois voté, à une voix près, en faveur de la réouverture d'un débat sur la réforme de la loi santé.

> Lire aussi : Obamacare: des républicains torpillent le projet d'abrogation de Trump

La suppression de l'Affordable Care Act, qualifié de "cauchemar" par le président américain, était l'une des principales promesses de campagne de Donald Trump. Six mois après son investiture, le chef de la Maison-Blanche ne peut pour le moment s'enorgueillir d'aucun succès législatif de taille. Cependant, s'il a fustigé l'inaction des parlementaires, Donald Trump n'a proposé de lui-même aucun projet de remplacement.

En réaction à la décision du Sénat, le Président a demandé vendredi, via Twitter, aux responsables des parlementaires républicains de "laisser l'Obamacare imploser":

 "Trois républicains et 48 démocrates laissent tomber les Américains. Comme je le dis depuis le début, laissez l'Obamacare imploser et négociez après."

15 millions d'Américains pourraient être privés d'assurance-santé

Le texte débattu jeudi soir prévoyait de lever rétroactivement les pénalités imposées aux Américains n'ayant pas souscrit de couverture médicale, abolissant de facto l'obligation contenue dans l'Affordable Care Act.

Il levait pour une durée de huit ans les amendes sur certains employeurs ne fournissant pas d'assurance-santé à leurs employés et prévoyait d'abolir une taxe sur la vente de matériel médical jusqu'en 2020.

Le Congressional Budget Office (CBO), institution fédérale non partisane, a estimé jeudi soir que si cette abrogation réduite était adoptée, elle priverait 15 millions d'Américains d'assurance-santé d'ici 2018, par rapport au scénario d'un maintien de la loi actuelle.

(avec agences)

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Commentaires
a écrit le 28/07/2017 à 11:05 :
Les Républicains en auraient-ils "marre" de Trump? Cela semble ne faire aucun doute devant cette défaite et si on ajoute (contre son avis) les nouvelles sanctions contre la Russie.
Trump va être de plus en plus isolé, jusqu'à ce qu'il soit "coincé" et poussé à la démission avant même l'ouverture d'une procédure d'empeachment. Bye bye Trump.
Réponse de le 28/07/2017 à 13:58 :
Puissiez-vous avoir raison. Ce president n'a pas l'etoffe d'un dirigeant pour un tel pays. Mais l'imaginer pousse a demissionner, je reste dubitatif.
Grosse erreur de casting pour la democratie americaine.

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