Obamacare : des républicains torpillent le projet d'abrogation de Trump

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Adopté en 2010 sous l'administration de Obama, l'Affordable Care Act, a permis à plusieurs millions d'Américains d'avoir accès à une couverture médicale. Avec l'élection de Trump, plusieurs dizaines de rassemblements ont été organisées par les démocrates pour défendre l'Obamacare.
Adopté en 2010 sous l'administration de Obama, l'Affordable Care Act, a permis à plusieurs millions d'Américains d'avoir accès à une couverture médicale. Avec l'élection de Trump, plusieurs dizaines de rassemblements ont été organisées par les démocrates pour défendre l'Obamacare. (Crédits : Reuters/ Yuri Gripas)
Au total, quatre des 52 sénateurs républicains se sont opposés à la volonté de Donald Trump de réformer l'actuel système de santé américain, réforme qui priverait 51 millions d'Américains de couverture santé d'ici à 2026. Cette fronde républicaine enterre une possible mise en oeuvre du "Trumpcare" puisqu'au minimum, 50 voix sont requises.

Nouvel échec pour la réforme de santé aux Etats-Unis ! Alors que Donald Trump appelait, coûte que coûte, à une abrogation immédiate de l'Obamacare, le parti républicain était, lui, en pleine débâcle lundi soir, au Congrès américain.

Au total, la réforme du projet de loi santé a comptabilisé quatre désaveux : deux nouveaux sénateurs républicains ont en effet annoncé, via leur comptes Twitter, ne pas être en mesure de soutenir le projet dans sa forme actuelle. Ceci enterre ainsi la possibilité de son adoption au Sénat puisqu'au moins 50 voix sont nécessaires.

"Malheureusement, il est désormais apparent que les efforts pour abroger et remplacer l'échec de l'Obamacare ne seront pas couronnés de succès", a déclaré dans un communiqué le chef de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell.

Le projet de loi fustigé par les républicains

L'abrogation de la réforme de l'assurance santé, mesure mise en place par Barack Obama et connue sous le nom "d'Obamacare", était l'une des promesses phares de Donald Trump. Le président américain souhaiterait en effet la remplacer par un système moins onéreux.

Alors que deux nouveaux sénateurs, Mike Lee et Jerry Moran, ont rejoint le duo Rand Paul et Susan Collins des premiers opposants républicains à la réforme du projet de santé, d'autres parlementaires se sont entretenus lundi avec le chef d'Etat, à la Maison-Blanche.

Donald Trump n'a pas tardé à réagir sur Twitter et a exhorté les républicains à abroger, dès à présent l'Obamacare de manière à forcer les républicains à participer à l'élaboration d'un nouveau système d'assurance santé.

("Les républicains devraient juste ABROGER l'échec Obamacare maintenant et travailler à un nouveau plan santé en repartant de zéro. Les Dems nous rejoindront!")

Quant à Jerry Moran, sénateur républicain frondeur, il fustigeait sur Twitter les discussions "à huis clos" ayant abouti au projet de réforme de la loi, déclarant :

"Nous ne devrions pas donner notre aval à une mauvaise mesure."

La fronde pourrait encore s'étendre si l'on en juge par les propos du "leader" de la minorité démocrate au Sénat, Charles Schumer, qui jugeait que ce second échec du texte, révisé après un premier revers, constituait "la preuve que le fond de ce projet de loi était irréaliste".

La stratégie des républicains encore indéterminée

"L'inaction n'est pas une option", a annoncé la Maison-Blanche dans un communiqué, assurant la poursuite du travail du Congrès sur la réforme de la santé, en vue de produire un projet de loi à soumettre au président.

Le sénateur républicain John McCain, ancien adversaire de Barack Obama pour la présidentielle de 2008, a appelé, pour sa part au dialogue. Dans un communiqué, il explique :

"Le Congrès doit revenir à l'ordre, organiser des auditions, recevoir des participations des membres des deux partis" et adopter un projet de loi qui "fournira enfin aux Américains un accès à un système de santé abordable et de qualité."

On ignore pour le moment quelle stratégie privilégieront les républicains, qui entendaient statuer sur le dossier santé avant la pause parlementaire du mois d'août, pour pouvoir se consacrer ensuite à la réforme fiscale.

Pour rappel, l'Affordable Care Act a été adopté en 2010 sous l'administration de Obama. Sa réforme, selon un rapport publié en mai par le bureau du budget du Congrès (CBO) priverait de couverture maladie 14 millions de personnes supplémentaires dès 2018, explique Le Monde, qui précise qu'avec le maintien de l'actuel "Obamacare", 23 millions d'Américains serait sans couverture santé, mais qu'ils seraient 51 millions dans ce cas en 2026 si Trump arrivait à ses fins.

(avec agences)

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