Accord de Paris : l'Europe échoue à convaincre la Chine de faire un pied de nez à Donald Trump

Florence Autret

Florence Autret
Quel beau symbole eût été une déclaration EU-Chine rappelant leur engagement pour la protection du climat, quelques heures à peine après que le président américain eut dénoncé la participation de son pays à l'accord de Paris ! C'est raté. La Chine a refusé de se prêter au jeu. Vendredi, après plus de cinq heures de réunion, au lieu des deux prévues, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, le président du Conseil Donald Tusk et le premier ministre chinois Li se sont certes prêtés à une conférence de presse commune. Mais de déclaration commune, nenni.
En cause : les différends commerciaux qui continuent de dominer les relations entre les deux puissances économiques. La partie chinoise a en effet cherché à faire inscrire dans le communiqué final la reconnaissance de son statut d'économie de marché que les Européens ont refusé jusqu'à présent de lui accorder.
Le protocole attaché au traité d'adhésion de la Chine à l'Organisation mondiale du Commerce prévoyait en effet qu'à la fin de l'année dernière la Chine, sous réserve qu'elle remplisse certains critères, se voie accorder le statut d'économie de marché. Un changement qui rendrait plus difficile d'infliger des droits anti-dumping. Divisés sur le degré d'ouverture qu'il convient de laisser aux produits chinois, les Européens se contentent pour l'instant de temporiser. Pour pallier le flou juridique actuel, la Commission européenne a lancé une réforme générale de la méthodologie de calcul des droits antidumping de façon à pouvoir les relever significativement, indépendamment du statut de l'exportateur. Elle est en cours d'examen au Parlement européen et par les ministres des Vingt-Huit.
Bruxelles déplore également le manque de réciprocité dans l'accès au marché chinois. « Nous voudrions voir nos entreprises moins restreintes dans leurs activités en Chine », a dit Jean-Claude Juncker. Un sujet qui est au centre de l'accord d'investissement sino-européen en négociation depuis 2014.
S'il n'y a pas eu de « grand bond en avant » dans les relations UE-Chine, ce sommet n'en marque pas moins une étape, ne serait-ce qu'en raison de la relative publicité assurée aux discussions. Outre les négociations commerciales, Bruxelles et Pékin vont engager un « dialogue » sur les aides d'Etat, à l'image de celui existant depuis vingt ans avec les Etats-Unis, a annoncé la commissaire Margrethe Vestager après la signature d'un « Memorandum of Understanding » avec son homologue. La Chine vient en effet de se doter d'une nouvelle législation de contrôle de la concurrence, la « Fair Competition Review », qu'elle aimerait voir considérer comme la preuve et le socle de sa transformation en économie de marché, à l'instar de ce que ce type de législation a représenté pour les grandes économies occidentales.
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Donald Tusk a estimé quant à lui qu'il venait d'assister « au sommet UE-Chine le plus prometteur de notre histoire ». « Le résultat le plus important de cette rencontre est que nous devons trouver ce que nous avons en commun », au lieu de nous focaliser sur ce qui nous divise, a-t-il ajouté.
Florence Autret
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